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contagionne son entourage; l"invasion est lente, se manifestant pendant un mois ou deux par quelques cas dans le voisinage; puis, brusquement une véritable épidémie se déclare. Après 2 ou 3 mois, la disparition est assez brusque. La figure 158 montre
la marche de l'épidémie lyonnaise de 1900.
5'^ Gravité. — La gravité de la variole dépend de la malignité possible de la maladie (variole hémorragique notamment, surtout chez les alcooliques) et des complications par infections secondaires^ dues aux pijogènes (phlegmons, fonte purulente des yeux, donnant une énorme proportion d'aveugles) ou par infections pulmonaires.
La variole est très grave pour la femme enceinte (avortement et mort rapide).
Autre fois, \3l mortalité était de 70 p. 100 environ, sans parler de guéris mutilés (phlegmons, cécité).
Actuellement, grâce à la vaccination, grâce au traitement prophylactique des suppurations (grands bains de sublimé, pulvérisations sur la face, bleu de méthylène dans les yeux : J. Gourmont) la mortalité n'est plus que de 20 p. 100 environ et les mutilations, la cécité sont rares. Il faut lutter contre les pyogènes de la peau qui transforment le pus variolique aseptique (J. Gourmont et Montagard) en pus à streptocoques, contre les infections pulmonaires.
Autrefois, à Londres par exemple, au xvm^ siècle, on comptait chaque année environ 20 000 morts par variole, soit 1/10 de la mortalité générale. Actuellement, TAllemagne entière n'a que 4 ou 5 morts par an pour 60 000 000 d'habitants.
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Fig. 158. — Épidémie lyonnaise de 1900.
FIEVRES EKUPTIVES
La mortalité varie suivant les formes ; nulle pour la varioloïde, de 50 p. 100, pour les formes conlliienles, elle atteint i)res(|ue 100 p. 100 pour les formes hémorragiques primitives. Elle varie suivant les âges, elle est maxima chez les jeunes (non vaccinés) et chez les vieillards (vaccinés depuis très longtemps et aux organes déjà usés). La gravité est plus grande chez la femme (état puerpéral, vaccination moins fréquente à 21 ans).
Toute tare, ValcoolUme (formes hémorragiques primitives) augmente la gravité du pronostic.
La broncho-pneumonie, les infections pulmonaires sont assez fréquentes en hiver.
Exemple : U épidémie de Lyon de 1900{ùp;.i^'d), 912 cas avec 167 morts (18 p. 100). La proportion des hommes, qui était autrefois supérieure à celle des femmes, est moindre : 449 femmes contre 343 hommes.
Celte proportion supérieure des femmes est surtout accusée (fig. 159) de 20 à 40 ans (vaccination oblig-atoire de l'homme au régiment). La mortalité est plus considérable chez la femme (18 p. 100) de 20 à 50 ans, au lieu de (14 p. 100) chez l'homme (pucrpéralité, non vaccination). On compte 44 formes hémorragiques primitives avec un^ seule guérison. Les 40 formes hémorragiques secondaires donnèrent 27 guérisons.
Voici les causes de morts des 142 cas observés après le 1" janvier 1900 (fig. 159) :
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Oàl là 10 II àZO 21 à 30 31 a 50 50
3/1 ans ans ans ans et au dessus
Fig. 159. — Epidémie lyonnaise de 1900. Proportion des hommes et des femmes, suivant l'àgc.
Hémorragiques primitives 43
— secondaires 13
Broncho-pneumonie. 37
Congestion pulmonaire 17
Pneumonie franche 6
A reporter 116
Report 116
Tuberculose avancée 5
Péricardite aiguë 3
Myocardite aiguë 2
Néphrite aiguë 2
Avortements (mères) 4
Morts-nés 3
Divers • . 7
Total 142
Il n'y eut que 110 cas de phlegmons périphériques (13,8 p. 100) dont 15 très prolongés. Il n'y eut que 4 fontes oculaires.
Sur 21 femmes enceintes : 5 guérisons sans avortement, 16 avortements ou accouchements avancés (8 guéries, 8 mortes dont 4 avaient des formes bénignes).
On nota 3 récidives de variole chez des personnes en outre vaccinées.
On a dit que la variole prédisposait à la tuberculose ; nous ne le croyons pas.
6° Prophylaxie. — La prophylaxie de la variole est une des plus belles conquêtes de Thygiène.
Les nations qui pratiquent sévèrement la vaccination n'ont plus de variole (p. 587). La figure 160 montre la situation de la France.
a) Déclaration et désinfection . — Elles sont obligatoires^ par la loi de 1902 (p. 37). Déclaration aussi hâtive que possible . Surveillance très sévère et désinfection en cours de maladie (p. 524). Désinfection très complète du convalescent, après la fin des croûtes, de la literie, de Tappartement. Brûler livres et cahiers, etc. En somme : la surveillance et la désinfection^ a\i maximum.
b) A l'École. — Ne pas licencier, sauf pour désinfecter. Revacciner.
c) A l'Hôpital. — Isolement très complet, individuel, ce qui entraîne rabaissement de la mortalité par diminution des complications cutanées et pulmonaires. Antisepsie : bains journaliers au sublimé, pulvérisation sur la face en préservant les yeux, collyre au bleu de méthylène dans les yeux. Interdiction des visites. — Surveillance du personnel, pour qu'il ne transporte pas la variole dans le quartier. — Interdiction aux varioleux d'écrire des lettres.
d) Varolisations. — C'est Vinoculation cutanée de la variole pour donner une variole qui entraînera l'immunité. Pratiquée depuis long-
FIEVRES ERUPTIVES 579
temps en Perse et en Cliine, apportée en Europe, en 1721, par Lady Montagne, elle se répand rapidement, malgré les dangers, tellement la variole était redoutée.
On prenait du pus sur des pustules de sujets peu atteints et on inoculait par piqûre ou scarification. Tache rouge le 3* jour, papule le 4% vésicule le 5*, pustule le 7 ou 8''; phénomènes généraux le 9"; éruption généralisée le 12°. Les morts étaient assez fréquentes.
La variolisation a disparu, depuis la vaccination, sauf aux colonies : L'Académie de médecine demande qu'on l'interdise.
e) Vaccina lion. — Voir ci-dessous.