‹ Précis d'hygiène (volume 2)Chapitre 20 sur 267 · CANTAL LOIRE · texte numérisé non relu

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Fig. 4. — Mouvements de la population en 1905. — Les départements ombrés (44) se dépeuplent. Les départements clairs (37) sont stationnaires. L^es départements soulignés (5) ont une surpopulation déplus de 3 000.

réellement dépeujdés, et 4 départements seulement (ceux soulignés) ont eu un excédent dépassant 3 000 (fig. 5).

4'' Dépopulation des campagnes. — Lamentable surtout est la situation des campagnes. L'exode de la population vers les grandes villes est un fait général pour toutes les nations. C'est ainsi que Ténorme augmentation de population de TAllemagne n'a pas peuplé les campagnes ; tout a passé en développement des villes. Cet exode se remarque aussi en France.

DEMOGRAPHIE

On conçoit, dès lors, la situation d'un pays qui est stationnaire et dont les grandes villes augmentent; c'est le dépeuplement des campagnes.

En 1906, la France avait une seule ville de plus de 1 million d'habitants (Paris, 2 722 731 habitants), 14 villes de 100 à 518 000 habitants (2 707 225 habitants), 57 villes de 30 à 100 000 habitants (2 839 087 habitants), 153 villes de 10 à

Fig. 5. — Mouvements de la population en 1911. — Mêmes indications que figure 4. — 64 départements de dépeuplement.

20 000 habitants (2 126 798 habitants), et 361 de 5 à 10 000 habitants (2468883 habitants). Gela fait un total de 14 277 759 habitants, (chiffre à retenir, car c'est sur lui que porteront presque toutes les statistiques de mortalité).

Or, en 1896, cette population des villes de plus de 5000 habitants n'était que de 12 848 235 habitants. En 10 ans, les villes ont donc gagné 1429524 habitants, alors que la population de la France entière n'a gagné que 564 648 habitants; c'est une perte de 864 876' habitants pour les campagnes.

CouRMONT. — Précis d'Hygiène. 2

18 GENERALITES

Même remarque au recensement de 1911. Les petites villes elles-mêmes perdent. En effet, de 1906 à 1911, les villes de 30 000 habitants et au-dessus ont gagné 475 442 habitants, alors que la France entière n'a gagné que 225 982 habitants; les campagnes ou petites villes (de moins de 30000 habitants) ont donc perdu 250 000 habitants.

J'ai calculé que, de 1901 à 1911, les campagnes des 4 départements qui environnent Lyon ont perdu 100000 bras.

5" Nombre d'habitants au kilomètre carré. — La France aurait-elle une population stationnaire parce que son sol est suffisamment peuplé? Voici des chiffres (1910-1911) :

Par kilomètre carré.

Belgique 252 habitants

Angleterre et Galles 239 —

Italie 121 —

Allemagne 120 —

Autriche-Hongrie 76 —

France 74 —

Notre sol, plus riche que ceux de beaucoup de pays, pourrait donc nourrir au moins deux fois plus d'habitants.

6° Conséquences de la dépopulation. — En somme, la France a une population stationnaire, avec tendance à la diminution. Les conséquences de cette situation sont redoutables.

Au point de vue inilitaire^ nous nous affaiblissons chaque année en regard de nos voisins. Le contingent disponible va continuer à baisser comme le font les naissances (voir plus loin); dans quelques années, notre armée sera encore moins nombreuse qu'actuellement; elle ne pourra rester stationnaire, que grâce à de nouvelles lois (loi de 3 ans).

Au point de vue industriel et commercial, la dépopulation a des conséquences au moins aussi funestes; les prochaines batailles, et les plus meurtrières, se joueront peut-être sur ce terrain.

Au point de vue agricole, la France, qui puise une grande partie de sa force économique dans son agriculture, voit chaque année ses campagnes moins peuplées. « La terre manque de bras », est une phrase trop réelle. Le machinisme pourra-t-il longtemps suppléer à cette diminuation de. la main-d'œuvre. La campagne n'est-elle pas aussi la pépinière des hommes forts, courageux,

DEMOGRAPHIE 19

volontaires? Les races s'affaiblissent quand elles ne se retrempent pas dans la vie des champs.

Enfin, 7ie faut-il pas craindre que Tenvie vienne un jour à des voisins plus prolifiques, moins bien dotés par la nature, de s'annexer encore quelques provinces? Rien ne les presse d'ailleurs. Ils gagnent une bataille chaque année.

Considérons les cartes des figures 4 et 5. Supposons que nous soyions privés de nos deux départements du Nord (Nord et Pas-de-Calais). La France ne serait plus qu'une nation se dépeuplant chaque année, se suicidant, mourant lentement, mais sûrement. Le mal est-il assez effrayant?

Cherchons des remèdes. Pour cela, étudions d'abord les causes.

Deux facteurs sont en présence: natalité et mortalité. Tel pays peut se peupler rapidement, malgré une mortalité assez élevée, si sa natalité est, elle-même, très haute. Tel autre peut se peupler, avec une natahté moyenne, mais une mortahté basse. 11 faul examiner séparément ces deux faces du ])roblème.

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