‹ Précis d'hygiène (volume 2)Chapitre 229 sur 267 · PYRÉNÉES · texte numérisé non relu

PYRÉNÉES

-• ■...J>""ÉE5i;.:' *"''"; ^

e 5 •— — • ■■—... .W-ii'ùs ■^ G N e

^ aofife*"k//^ f/t

Fig. 2:24. — Carte indiquant la consommation de l'alcool distillé dans les différents départements.

de Calvados; ce sont des pays de bouilleurs. En Normandie, on met de Talcool jusque dans les biberons des nourrissons et dans les paniers à provision des écoliers.

Le Nord et l'Ouest (15 millions d'habitants, 39 p. 100 de la population de la France) absorbent 68 p. 180 (900 000 hl.) de Talcool taxé et les deux tiers de la production des bouilleurs.

3° Consommation de l'alcool suivant les villes. — Voici quelques chiffres :

Plus de 12 litres.

Rouen.

Le Havre.

Boulogne-sur-Mer.

Caen.

Plus de 7 litres

Plus de 5 litres

Cherbourg.

Calais.

Amiens.

Dunkerque.

St-Quentin.

Rennes.

Lorient.

Le Mans.

Brest.

Douai.

On voit que ce ne sont pas les grandes villes qui boivent le plus. Paris, Lyon, Marseille boivent moins que les campagnes de la Normandie et de la Bretagne.

4° Consommation des apéritifs. — L'apérilif, et surlout Tabsinthe, constituent une boisson, hélas, presque exclusivement

fcu

lu 29 décembre

30 Janvier 1307 ^^;

Fig. 225. — Consommation des absinthes et similaires en France.

française. La France boit plus crabsinthe que le reste du monde. Voici des chiffres (en alcool à 100°) :

Amers.

42 000 hl.

Absinthe.

1898 219 232 hl.

L'absinthe, titrant environ 70°, c'est, en 1910, M30 000 hl. environ, sans compter la fraude (fig. 225). C'est à peu près un litre par tête et par an. La figure 226 indique la consommation

Fig. •2'26. — Consommation des apéritifs en France.

par départements; on remarquera la situation des départements vinicoles du Midi.

Le revenu pour TÉtat est de plus de 40 millions de francs; les fabricants ou commerçants font plus de 100 millions de bénéfices.

5° Consommation de Talcool dans les principaux États. — La courbe montre que nous sommes, en 1910, à la tête des nations alcooliques et que la consommation de Talcool baisse partout. Voici à peu près les chiffres actuels, qui devraient être augmentés, chez nous, d'un litre environ, pour représenter la consommation de l'alcool des bouilleurs.

France 3', 59 par tète et par an i.

Allemagne 2,80 — —

Belgique 2 ,75 — —

Suisse 1 ,86 — —

Angleterre 1 ,78 — —

Norvège 1 ,45 —

Italie 1 ,00 — —

Si nous totalisions l'alcool de toutes les boissons (distillées et fermentées) nous arriverions à des chiffres encore plus tristes, mais ceux-ci sont peu intéressants, au point de vue hygiénique, Talcool du vin, de la bière ou du cidre ne constituant pas, à beaucoup près, un péril aussi considérable que Talcool distillé. Le chiffre de Falcool totalisé serait, pour la France, de 15 l. d'alcool à 100° par tête et par an environ, soit environ 100 1. pour les adultes qui boivent.

G'' Ce que coûte l'alcoolisme en France. — On peut compter que la dépense de chaque Français, du fait de Falcool distillé (alcool des bouilleurs non compris), est de 36 f . par an en moyenne (un milliard 400 millions). Les débits, vendant les quatre cinquièmes de Talcool à la classe ouvrière, c'est 1 100 millions qui sont ainsi prélevés sur les salaires. Si on compte 9 millions de travailleurs, de quinze à soixante ans, on voit que chacun dépense en moyenne 125 f., par an, au cabaret. Si on ajoute les journées perdues par les maladies alcooliques, on peut doubler la somme. Quelle puissance aurait le prolétariat, s'il versait ces sommes dans des caisses de secours !

Page 1