‹ Précis d'hygiène (volume 2)Chapitre 24 sur 267 · os · texte numérisé non relu

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d'enfants supprimerait presque cette cause de mortalité. Nous avons encore de la variole qui a presque disparu de TAllemagne et des pays Scandinaves. Notre mortalité militaire est plus forte qu'en Allemagne, car nous incorporons trop de conscrits mahngres. L'alcoolisme, qui ne figure pas sur les tables de mortalité, est

34 GENERALITES

un de nos grands fléaux : cause de morts, cause de maladies chroniques, causes de déchéance de la race. Nous sommes le peuple le plus alcoolisé du monde. Cette intoxication est évitahle (chap. LX, p. 766). D'autres peuples Pont efficacement combattue.

La syphilis est également Forigine d'une foule de maladies chroniques; elle grève lourdement nos tables de mortaUté (maladies nerveuses, anévrysmes, néphrites, mortahté infantile, etc., etc.). On peut la diminuer.

Pour le cancer (qui augmente), nous ne savons rien, ni au point de vue étiologique ni au point de vue prophylactique.

En résumé : le plus grand nombre des maladies est évitable. Beaucoup de ces maladies sont plus fréquentes en France que dans les pays voisins. On se rend compte, par les chiffres précédents, comment on pourrait^a^ner chaque année 273 000 existences (p. 22). Ce chiffre qui paraissait exagéré, se défend bien quand on entre dans les détails. La maladie évitable : voilà Tépitaphe de rhygiène. — N'oublions pas que la diminution des décès n'est qu'une conséquence de la diminution des maladies, que, par conséquent, éviter un décès, c'est éviter 10, 20 malades, c'est éviter des affections chroniques ultérieures, c'est fortifier la race, c'est diminuer le paupérisme et ses conséquences.

c) Répartition des décès par groupes d'âges. Nous reproduisons (fig. 8) un graphique intéressant publié par le Ministère de l'Intérieur. Ce sont les décès (156 651), de 1910, dans les villes de plus de 30 000 habitants (8 269 043 habitants), répartis par causes et par groupes d'âge.

d) Diminution des ynaladies évilables en France. — Le graphique représenté fig. 9, montre la diminution progressive de trois maladies évilables en France, depuis qu'on s'occupe un peu d'hygiène et qu'on possède des moyens scientifiques de lutte.

3° Moyens de diminuer la mortalité française. — Ces moyens sont multiples. C'est toute r Hygiène. C'est l'ensemble des chapitres qui vont suivre. En se reportant à chacun d'eux, on trouvera les remèdes à la trop grande mortalité suivant les causes. Et, comme tout se lient en hygiène, bien souvent les mesures, prises dans un but déterminé, étendront leur effet bienfaisant sur un ensemble de maladies.

a) Pour diminuer la mortalité, il faut des mesures d'hygiène générale : propreté, vie au grand air, espaces libres dans les villes, logements hygiéniques, alimentation rationnelle, eaux potables

irréprochables, éloignement et destruction des matières usées, écoles hygiéniques, industries surveillées, lutte contre Talcoolisme. Un peuple, dont les habitudes générales sont très hygiéniques, sera vigoureux, et échappera, par cela même, à bien des maladies. La tuberculose, pour ne parler que d'elle, aura peu de prises sur lui. b) Mais, en présence des maladies existantes, il faut aussi des mesures spéciales : déclaration des maladies, désinfection, isolement, hôpitaux de contagieux, sanatoriums, législation interna-

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Fig. 9 — Courbe des décès par variole, tièvre typhoïde et diphtérie en France.

tionale, vaccinations, injections préventives, etc., etc. On cherche à circonscrire le mal. En fait, ces mesures spéciales sont toujours inférieures, comme efficacité, aux- mesures d'ordre général. Bien plus, elles seraient inefficaces si le pays n'était pas préparé à la défense par une hygiène générale bien comprise. Exemple : comment arrêter une épidémie de choléra, même de fièvre typhoïde, avec des mesures spéciales, dans un département dont les eaux potables sont mal protégées, les eaux usées déversées au hasard, les maisons insalubres?

c) Nous étudierons tout cela. On peut déjà formuler quelques principes :

1° La plupart des maladies sont évitables-, — 2° Les maladies évitables sont précisément celles qui, non seulement causent plus

de décès, mais ont le plus d'influence sur la santé ultérieure (maladies chroniques) et sur la vitalité d'un peuple; — 3° Nous connaissons les causes de la plupart de ces maladies évitables; comme conséquence, nous connaissons les moyens de les combattre ; — 4° Dans cette lutte, Thygiène générale donne un meilleur rendement que rhygiène spéciale à chaque maladie; — 5° Toutes ces mesures, d'ordre général ou spécial, ont besoin, pour être efficaces, de la collaboration du législateur, des fonctionnaires chargés de rhygiène, des médecins, et surtout du public dont l'éducation est à faire. En hygiène, il faut savoir et vouloir,

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