‹ Précis d'hygiène (volume 2)Chapitre 42 sur 267 · MORTALITÉ INFANTILE · texte numérisé non relu

MORTALITÉ INFANTILE

Il ne s'agit que des nourrissons (0 à 1 an).

1° Mortalité infantile générale en France. — En moyenne, nous perdons, chaque année, 120000 nourrissons; c'est à peu près la mortalité par tuberculose.

Cette mortalité est en décroissance.

1861-1865 mortalité moyenne 17,9 p. 100 des naissances.

2" Mortalité infantile chez diverses nations. — Notre situation est moyenne, mais très inférieure à celle de certaines nations. Les peuples à natalité très élevée (Autriche-Hongrie, Russie) ont, en général, une mortalité considérable.

MortaHté infantile en 1909.

Norvège 6,7 p.

Suède 7,7

Suisse 10,8

Grande-Bretagne 12,1

France 14,3

Italie 15,6

Allemagne 17,8

Hongrie 19,9

Autriche 20,2

Russie 27,2

La moyenne européenne est de 18 p. 100 environ.

Si notre mortahté infantile était au taux de la Norvège, nous gagnerions plus de 60 000 enfants par an.

3 ' Mortalité infantile suivant les départements. — Elle varie beaucoup : élevée dans les départements à industrie nourricière très développée (Ardèche, Cantal, Eure-et-Loir, etc.) ou dans ceux où les femmes travaillent à Tusme (Seine-Inférieure, Vosges), basse dans ceux qui n'ont ni usines, ni industrie nourricière (Landes, Creuse, etc.). D'où les règles de la prophylaxie.

Voici une moyenne annuelle portant sur cinq ans (1894-98). •

Mortalité au-4essous de la moyenne.

Landes 9,1

Indre 10,3

Creuse 10,8

Vienne 11,3

Deux-Sèvres 11.9

Allier 12,4

Gers 12,4

Mortalité au-dessus de la moyenne.

Vosges 21,7

Eure-et-Loir 21.7

Somme 21.8

Seine-Inférieure . . . 24,4

Ardèche 25.0

Cantal 27,6

4° Mortalité infantile comparée à la mortalité totale. — Balestre et Giletta de Saint-Joseph ont fait ce travail portant sur les villes de plus de 30 000 habitants pour une période de six années (1892-97). La mortalité infantile moyeime a été de 16.7 p. 100, soit un sixième de la mortalité totale.

Départements au-dessous de la moyenne.

Gers 8,0 p. 100

Ain 9,1 —

Départements au-dessus de la moyenne.

Vosges

Aube

Marne

Pas-de-Calais .

Seine-liiférieure Nord

Villes au-dessous de la moyenne.

Lyon 12,0 p. 100

Paris 14.0 —

I Villes au-dessus

de la moyenne.

Rouen 25,1

Lille 29,4

Dunkerque ..... 34,2 Marcq-en-Barœul. . . 41,4

Halluin ,o0,7

Saint-Pol-sur-Mer . . 50,9

Il y a donc des villes où la mortalité infantile ne constitue que un huitième de la mortalité totale, et d'autres où la proportion s'élève à un demi. On voit ce qu'on peut gagner.

5° Mortalité infantile comparée à celle des autres âges.

Par 1 000 individus

de chaque groupe d'âge,

combien de décès?

202 de 0 à 1

Sur 1 000 décès de tout âge,

combien de décès

par groupe d'âge?

(année 1901),

an 150,2

Un enfant qui vient de naître a moins de chances de vivre une semaine qu'un vieillard de quatre-vingt-dix ans, et moins de chances de vivre une année qu'un octogénaire. C'est anormal.

6° Mortalité infantile aux différentes périodes de la première année : d'après la statistique de Budin (1895).

lit HYGIÈNE GENERALE

Décès.

Enfants de 0 à 4 jours 4 341

— 2 mois 638

— 4 à 6 mois 311

— 0 mois à 1 an 188

Donc, 6 décès sur 10 se produisent dans les 10 premiers jours. 7° Illégitimité comme facteur de la mortalité infantile.

Enfants Enfants

légitimes. illégitimes.

Saxe 28,3 38.9

Prusse 20,8 33.7

Bavière 27,9 35,3

Wurtemberg 26,1 32,0

Autriche 24.9 30,3

France 16,7 28,8

Hollande 17,5 26.6

Italie 19,0 26,0

Belgique 16,3 24,6

Suisse 16,4 24,0

Finlande 14.9 19,2

Norvège 9,5 15,3

La différence est surtout marquée pour la France (situation de la fille-mère, pas de recherche de la paternité avant 1912). 8° Mortalité infantile, mode et conditions d'élevage.

„/..'/' ^ maternel .... 13 p. 100 de décès.

Enfants élevés au sein ; . „„ ^

•' ( en nourrice. . . oO —

r^ r. , ., , j -, i par la mère. . . 32 —

Enfants élevés au biberon -, „^

'' ( en nourrice. . . 63 —

Un enfant, séparé de sa mère et allaité artificiellement, a donc cinq fois plus de chances de mourir qu'un autre, nourri au sein et élevé par elle, et deux fois plus qu'un autre qui prend le biberon dans sa famille. V allaitement artificiel avec la mère apparaît plus favorable que le sein d'une nourrice au loin. « La sollicitude maternelle ne se supplée pas. )>(J.-J. Rousseau.)

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