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II. — LES MALADIES SCOLAIRES

1" Maladies non contagieuses dues à un vice d'organisation. ~ Elles sont nombreuses et évitables.

a) Scoliose. — C'est la déviation de la colonne vertébrale (surtout dorsale à convexité droite, fig. 28 et 29), plus fréquente chez les filles. Les causes prédisposantes sont nombreuses : rachitisme, anémie, etc. Les causes déterminantes sont les attitudes vicieuses que prennent souvent les enfants, surtout dans la position

Fig. 29. — Scoliose à convexité droite. Fig. :;0. — Scoliose à convexité gauche.

(D'après Redard.)

assise, pendant l'écriture (attitude hanchée, unifessière, épaule saillante). Les bancs mal proportionnés (trop bas), le mauvais (''clairage. les méthodes d'écriture, le manque de surveillance sont à examiner.

La scoliose produit finalement la rotation vertébrale: elle diminue la capacité thoracique, trouble la circulation générale et prédispose à la tuberculose.

Le dépistage doit être fait par Tinstituteur (attitude pendant récriture). Le médecin examinera le torse nu, les deux jambes également tendues, le tronc fléchi horizontalement en avant.

Gomme j^'^'ophylaxie : mobilier scolaire proportionné à la taille (p. 154), gymnastique rationnelle, bonne nutrition, surveillance, établissement du carnet sanitaire scolaire (p. 183).

b) Myopie. — Elle est due à une longueur exagérée de Taxe antéro-postérieur de Tœil, et se traduit par la nécessité de regarder de très près. Les causes sont : l'éclairage défectueux, le

mobilier disproportionné, le travail excessif dans de mauvaises conditions (efforts continuels d'accommodation).

Les conséquences, outre le trouble de la vue, sont les attitudes vicieuses. Certaines professions seront fermées aux myopes.

La myopie est surtout fréquente chez les garçons; elle n'est pas héréditaire ; certaines causes prédisposent. Elle augmente avec la durée du séjour à Técole (internat).

Voici quelques proportions d'élèves myopes :

A Paris :

20,7 p. 100 dans une école primaire de garçons (Ghevallereau); 10 à 72 p. 100 (suivant les classes) au collège Rollin (Despagnet);

A Lyon (Dor) :

33 p. 100 parmi les internes du lycée; 18 p. 100 — externes —

A Monipcllier (Truc et Chavernac) :

7,9 p. 100 dans une école primaire de garçons, 6,8 — — — filles,

11,1 — — supérieure de garçons,

9,5 — — — filles;

En Suisse :

2 fois plus chez les écoliers de race germanique que chez les écoliers de race latine;

En Allemagne :

5,2 p. 100 dans les écoles rurales et 59 p. 100 dans l'Université (Cohn); 20 p. 100 dans les écoles primaires et 47 p. 100 dans les gymnases (Hoffmann).

L'instituteur doit signaler les enfants qui regardent de trop près. Le médecin devrait avoir le temps et les instruments (échelle optométrique de Monoyer, etc.) pour examiner les yeux de tous les enfants, et noter leur vue sur le carnet sanitaire scolaire.

Prophylaxie : éclairage et mobilier hygiéniques, surveillance. L'enfant myope sera placé près du tableau, à une place bien éclairée; il portera des lunettes. Voir p. 158 la question de récriture.

c) Troubles nerveux et généraux. — Surtout dans les internats, particulièrement aux périodes de travail intensif (examens, concours). Le plus souvent, ils seront évités par l'observation des conditions d'hygiène de Técole, et la réglementation du travail scolaire. Elles céderont souvent aussi à la suspension du travail.

Ce sont les céphalées, avec épistaxis, la chloro-anémie (jeunes filles à la puberté), les troubles digestifs (mastication incomplète), la méningite

CouRMONT. — Précis d'Hygiène. tO

tuberculeuse (surmenage cérébral chez les enfants scrofuleux), Vinconiinence d'urine (très jeunes enfants, classes trop longues), la prédisposition aux maladies infectieuses créée par le surmenage, la névropathie hystérique (jeunes filles pubères), la neurasthénie (lycées), la chorée, les tics, Vépilepsie, etc. Certaines de ces affections (épilepsie, chorée, etc.) peuvent être le point de départ de nouveaux cas par imitation chez les élèves qui assistent aux crises : aussi les épileptiques, les choréiques, les enfants prenant des crises convulsives, doivent-ils être évincés.

Tous ces cas, d'ailleurs, doivent être signalés par les maîtres aux parents et aux médecins.

d) Troubles de Voiiie. Végétations adénoïdes. — Le médecin scolaire devrait examiner régulièrement Touïe et Farrière-cavité des fosses nasales, les amygdales et le pharynx. Les végétations adénoïdes surtout, si préjudiciables à l'ouïe et au développement intellectuel, doivent être signalées pour ablation.

e) Dentition. — Une bonne dentition est indispensable (mastication). Dans beaucoup de pays (notatnment les Scandinaves), Técole possède un cabinet complètement aménagé de dentiste; un dentiste vient régulièrement examiner et soigner les dents des enfants. Exemple à suivre.

f) Urines. — Bien souvent une albuminurie légère serait dépistée par Fexamen systématique des urines, un traitement hâtif éviterait des maladies ultérieures.

2° Maladies contagieuses. — Tout concourt à faire de l'école mal surveillée un foyer de maladies contagieuses et épidétniques : aggloméi^ation d'enfants avec contacts incessants, âge de la croissance avec faible résistance, absence d'immunité par maladies antérieures {rougeole., scarlaliue), défaut de surveillance dans les familles, fréquence des porteurs sains de germes [diphtérie notamment), fréquence des formes frustes des maladies de l'enfance (scarlatine, dipthérie, etc.), insuffisance de l'inspection médicale, etc.

Le nombre de ces maladies diminue pendant les vacances scolaires.

La prophijlaxie consiste dans l'hygiène générale et aussi dans certaines mesures spéciales (p. 172).

m. — LE BATIMENT SCOLAIRE

1/éi-ole a une architecture spéciale.

1" Emplacement. — Centrai et d'accès facile. Eviter le voisinage

des rues étroites, des quartiers trop populeux ou trop bruyants, et surtout celui des établissements insalubres, incommodes ou dangereux (éloignement minimum de 100 m. des abattoirs, dépotoirs, cimetières), ainsi que des hôpitaux, casernes, prisons, gares, cabarets, etc.

Le règlement français exige que l'école soit éloignée au moins de 8 m. des maisons voisines (22 m. seraient préférables, en raison de la hauteur possible des maisons). Un bâtiment scolaire idéal devrait être isolé des quatre côtés, proche de terrains de jeux et de gymnastique (règlement de Fribourg), abrité des vents du nord, suffisamment éloigné des causes d'humidité (bas-fonds, mares) ou d'obscurité (arbres trop toullus, etc.;.

2° Terrain. — Le règlement français exige 8 m^ de superficie par enfant pour une école maternelle avec un minimum de 400 m^, et 10 m- pour une école primaire avec minimum de 500 m^. En Angleterre, la superficie minima est de 1000 m^; il faudrait au moins 12 m^ par enfant (dont 3 m^ pour les jeux).

Le terrain de choix sera sablonneux ou calcaire, sec, un peu élevé, en pente douce; la nappe d'eau souterraine devrait être au moins à 1 m. du sol. Si le terrain n'est pas naturellement sec (argile), il faut Vassainir en le drainant. L'école doit être bàlie sur caves ou sous-sols largement aérés : sinon, le sol sera surélevé.

C)° Exposition. — L'orientation du bâtiment doit laisser entrer dans les classes le plus de lumière possible, de préférence en l'absence des élèves; elle peut donc varier suivant les climats, la direction habituelle des vents et des pluies. L'exposition nord est trop froide. Préférer l'orientation à l'est ou au nord-est en cas d'éclairage unilatéral, l'orientation du nord-est au sud-ouest en cas d'éclairage bilatéral.

4° Construction générale. — Les matériaux seront de premier choix, aussi peu poreux (jue possible : pierre meulière, brique, moellon, ciment armé, fer, bois bien sec ignifuge et hydrofuge. Les fondations surtout seront soigneusement préservées de l'humidité, goudronnées, bitumées ou silicatées. Les murs en briques doivent avoir 35 cm. d'épaisseur; ceux en meulières 45 cm.: ils seront cimentés, revêtus de ciment à leur partie inférieure, le plâtre étant réservé pour les parties hautes, et de préférence peints à l'huile ou au ripolin. La toiture sera à double plan incliné, en tuiles ou en ardoises, munie de gouttières et de chéneaux. Les étages (il vaudrait mieux qu'il n'y en eût qu'un) permettront de disposer les services communs et les petites classes au rez-de-chaussée ou à l'étage le plus bas.

5° Eau de boisson. — Elle sera de qualité parfaite, bien protégée, bien surveillée (analyses), largement distribuée. L'eau de lavage (lavabos, piscines, bains-douches, bains) sera abondante.

6° Évacuation des matières usées. — Elle doit être rapide,

complète, hygiénique.

7° La classe. — La classe, où renfant des écoles primaires passe six heures chaque jour, mérite des soins spéciaux.

a) Dimensions, forme, nombre d'élèves. — Notre règlement fixe à cinquante le nombre maximum d'élèves dans une classe (trente seraient largement suffisants), avec 5 m^ d'air par élève pour

une haïUeiir minima de A m., soit 1 m. 25 de superficie (4 m. 50 de hauteur et 1 m. 50 de surface en Belgique).

La forme généralement adoptée est rectangulaire (9 à 10 m. sur 6 m. 50), la largeur ne dépassant pas le double de la hauteur, et la profondeur étant telle que la lecture soit facile dans les parties les plus éloignées, et que les élèves du fond puissent facilement Hre au tableau ; la chaire sera sur le plus petit côté, face aux tables, le tableau derrière la chaire, les bancs perpendiculaires à la plus longue paroi, sur laquelle sont les fenêtres.

b) Parois. — Le planche?' doit être exempt de fentes (poussières) et facilement lavable, sans être froid pour les pieds. Le meilleur est en bois dur (chêne), scellé sur bitume, avec joints obstrués (à la paraffine, au coaltar, à Thuile de lin. au résinate de pin, à la résiline, etc.), ou bien en xylotith, porphyrolite, en linoléum, etc. Tous les angles doivent être arrondis, les plafonds unis, sans aucune saillie, blanchis à la chaux ou mieux peints à rhuile.

Les muî's seront unis, revêtus de plâtre et de peinture claire, grise, blanc bleuté ou jaunâtre, non brillante, de préférence formant enduit siccatif laqué mat (les parties basses peuvent être imperméabilisées, en stuc, en ciment, en siccatif, etc.). Tout en donnant satisfaction à la société L'Art à V Ecole pour la décoration des murs, il ne faut pas encombrer ceux-ci de tableaux inutiles (poussières et nettoyage difficile).

D'après le règlement, les portes n'ont qu'un vantail et doivent laisser passer de front deux enfants (1 m. de large). Les fenêtres seront le plus large et le plus nombreux possible, avec très peu d'intervalle entre elles, ouvrant sur toute la hauteur; préférer la disposition unilatérale gauche à la disposition bilatérale et symétrique; souvent elles ne commencent qu'à 1 m. 30 du sol pour s'élever jusqu'au plafond; elles doivent avoir en hauteur au moins le tiers de la largeur de la classe.

8° Annexes. — a) Vestiaire. — Prescrit par le règlement, avec portemanteaux, cases, rayons, décrottoirs, etc., pour chaque enfant. Facilement lavables et désinfectables, bien aérés, propres, assez espaces pour que les vêtements ne puissent entrer en contact entre eux. Chaque place est numérotée, et réservée toujours au même enfant.

b) Lavabos. — Indispensables, ils doivent être suffisamment nombreux, avec cuvettes en grès, en fonte émaillée, en lave émaillée. etc., savon et serviettes suffisamment renouvelées (lig. 31).

c) Bai:ns-doiiches. Piscines. Bains. — L'école devrait être une école de

HYGIÈNE SCOLAIUE

nronreto Tout bàliment scolaire devrait donc ètro outillé pour le lavage du corps'oblifiatoire. A Texemple de l'étranger, quelques villes françaises (Paris Lyon) ont installé des bair.s-douches dans leurs nouveaux groupes

Fio". 31. — Lavabos scolaires (modèles Jacob, Delafon et C"

scolaires (fig 32) : les résultats ont été très encourageants. L'installation peut en être calquée sur celle des bains-douches à bon marche (p 63) avec cette différence qu'ici les douches sont données a plusieurs enfants à la fois (douze à quinze), et par conséquent commandées

Fig. 32. — Bains-douches des écoles municipales primaires lyonnaises.

par un même robinet distributeur manié par la personne préposée à ce soin, sous la surveillance du maître (ce peut être le maître lui-même). Des piscines (chaudes en hiver) existent dans toutes les écoles Scandinaves.

d) Cours de récréation. — Généralement rectang•ulaire^^, elles doivent avoir une superficie de 5 m- par élève, et de 200 m. en tout au minimum, être bien aérées, bien ensoleillées, mais abritées de la trop grande chaleur, avec possibilité de se mettre à l'ombre (quelques arbres), sur un sol bien sec (donc légèrement incliné) et toujours très propre, avec quelques bancs fixes, et une fontaine à eau potable: le sol peut être recouvert de gravier, ou mieux de sable, de bitume, de pavés de bois.

e) Préau couvert. — Obligatoire pour toute école, servant aux récréations en cas de mauvais temps, et parfois utilisé comme réfectoire pour les cantines scolaires : il doit avoir une surface égale à celle de toutes les classes réunies, une hauteur de 4 m., être largement aéré et éclairé, muni de vastes portes donnant généralement sur la cour; le sol en est planchéié ou bitumé. Parfois il sert de salle de gymnastique : une salle de gymnastique spéciale est préférable, avec terrain de jeux.

f) Salle de dessin. — Elle est obligatoire dans les écoles de plus de (juatre classes, avec 1 m. 50 par place.

g) Internats. — Dans les internats, cinq parties supplémentaires sont à prévoir : salles de bains (bains de pied, baignoires), infirmerie (isolée, avec un lit par trente-cinq élèves, et deux lits d'isolement), cuisine et réfectoire (très propres, avec tables faciles à laver, surface 1 m. à 1 m. 50 par élève), dortoir. Pour ce dernier, où l'enfant passe huit à neuf heures consécutives, il faut uncube d'air de 40 m., et une ventilation permanente (une fenêtre entre 9eux iîts, ouverte toute la journée, mais fermée une heure avant l'arrivée des élèves en liiver), les élèves n'étant pas plus de trente par salle, les lits et tables de nuit (métalliques) suffisamment écartés, le plancher en chêne imperméable, les murs peints à l'huile et souvent nettoyés, les water-closets à proximité.

h) Porte. Escaliers. Corridors. — Qu'il s'agisse d'internats ou d'externats, la porte d'entrée doit être à deux battants, facilement ouverte, ne donnant pas directement sur la classe, proche de la loge du concierge. L'escalier, qui doit donner directement sur le vestibule, peut être de pierre ou de bois dur. Les marches auront au moins 1 m. 50 de long et 30 cm. de large, et au maximum 16 cm. de haut. Dans les écoles maternelles, un palier de repos doit être établi à moitié de l'étage. Les barreaux de la rampe seront écartés de 12 cm. La main courante présentera de place on place des boutons d'arrêt, pour empêcher les enfants de se laisser glisser. Les corridors doivent être bien éclairés (directement sur rue ou sur cour) et suffisamment larges (le règlement exige au moins 2 m.) pour permettre la sortie rapide (incendie). Ils seront droits, sans recoin, le sol en carreaux ou en bois dur.

i) Water-closets. — Les water-closets sont installés soit en dehors du bâtiment prini:ipal, dans un coin de la cour (France, Belgique), soit dans l'intérieur du bâtiment (Allemagne; sous-sols, Angleterre), ce qui présente des avantages par les temps froids ou humides.

Les cabinets d'aisances doivent être faciles à surveiller, la porte faite de façon que le maître puisse voir la tète et les pieds de l'enfant. Le règlement français exige un espace de 10 à 15 cm. entre la porte et le sol, et la partie supérieure vide ou à claire-voie (le plus souvent, cette porte ne peut être fermée); leur orientation sera telle que les vents ne puissent apporter de mauvaises odeurs vers les classes, et que la lumière y pénètre largement. Il doit exister un cabinet pour 15 enfants dans les écoles maternelles, deux par classe dans les écoles primaires

HYGIKNE SCOLAIRE

Fig. 33.

Siège avec dossier pour école maternelle (modèle Mouren, Paris).

de garçons, trois par classe dans les écoles primaires de filles. Chacun doit mesurer 70 à 80 cm. de largeur sur 1"'30 de longueur. Les parois seront facilement lavables (ciment, stuc, carreau.x vernissés); le sol dallé ou cimenté, avec pente favorisant l'écoulement des liquides; deux ouvertures opposées assurent l'aération.

Le siège à la turque est encore très employé dans les écoles primaires françaises. 11 ne nous paraît devoir être toléré que si la propreté peut en être assurée facilement : chasses d'eaux abondantes, fréquentes, automatiques. Un siège bas, sur lequel l'enfant ne puisse monter, est préférable, à la condition d'être muni d'un abattant en bois dur ciré ou verni, facilement lavable et désinfectable (sulfate de fer, lait de chaux), en forme de fer à cheval à échancrure antérieure (vulvite), et se relevant automatiquement. Dans les écoles maternelles, le siège possède un dossier (fig. 33).

Des urinoirs verticaux seront au nombre de un pour quinze enfants dans les écoles de garçons, en ardoise ou en lave, avec écoulement permanent d'eau ou avec badigeonnâmes fréquents d'huile de naphte.

On trouvera ailleurs tous détails utiles sur les questions connexes : siphons, fosses, tuyaux d'évent, tout à l'égoùt, vidanges, etc.

9" Ventilation. — Pendant les classes, l'air confiné se vicie rapidement (impropre à la respiration dès qu'il contient 1 p. 1 000 de G0-). Or, dans une classe où le cubage est de Sm^ par élève, la proportion de G02 est environ de 32 p. 10 000 au bout d'une heure (Scharling), au lieu de 4 p. 10 000, chiffre normal. Un enfant, enfermé dans une pièce close de Sm^, élève en un quart d'heure la quantité de GO^ à l p. 1 000 (Axel Key). Si on laissait la classe close et sans ventilation, il faudrait à l'enfant un cube d'air de près de I3m3. Il faut assurer le renouvellement de l'air dans une proportion de une et demie à trois fois le cube d'air par heure. (Pour le dosage de GO- et GO, voir p. 261.) Aussi le règlement français a-t-il prescrit (]ue les fenêtres doivent rester grandes ouvertes pendant le quart d'heure de récréation qui coupe les classes. L'air de la classe devrait être renouvelé au moins deux ou trois fois, et même cinq fois par heure. En été, on peut souvent se contenter de la ventilation naturelle (pratiquée en ouvrant largement les fenêtres et porte); car, l'hiver, ce mode de renouvellement de l'air ne peut parfois être pratiqué pendant plus de quelques minutes sans nuire au chauffage. Les cheminées aident aussi à la ventilation.

Parmi les procédés de ventilation artificielle (p. 251), les plus simples seuls sont ici applicables : les fenêtres à panneaux mobiles ou a bascule, les vitres mobiles, les vasistas à soufflet, les ventilateurs tournants à

ailettes placés dans une vitre élevée ou au haut de la gaine de cheminée (à la condition qu'ils ne fassent pas de bruit), les vitres perforées à petite ouverture extérieure, placées on haut des fenêtres aux deux côtés de la salle, les carreaux en loile à voiles, etc. La ventilation, pendant les •classes, devrait être continue, mais ne produire ni courants d'air désagréables ou nuisibles, ni déplacement de poussières, et ne pas nuire au chauffage.

10° Chauffage. — II faut assurer, dans les classes où les élèves travaillent immobiles pendant plusieurs heures, une température égale et modérée, qu'un therinomètre doit permettre de vérifier (15 à 18°).

Pour les groupes scolaires importants, le chauffage central peut être préféré avec cette réserve qu'il existera en outre, dans chaque classe, une cheminée permettant de suppléer à l'insuffisance de ce mode de chauffage, ou à un arrêt. Le chauffage à vapeur à basse pression ou à eau chaude est le meilleur système.

Plus simplement, on peut se contenter des poêles en faïence, en terre, en céramique, ou à double enveloppe métallique, surmonté d'un vase plein d'eau, et placé au milieu de la classe, à 1 m. 25 des élèves les moins éloignés. L'air vicié devra être évacué par une gaine de ventilation. Dans les écoles maternelles surtout, une grille empêchera les enfants de s'en approcher trop près. Le tirage en sera soigneusement surveillé, le tuyau de fumée apparent étant établi dans une gaine de ventilation sans traverser la classe. Des modèles spéciaux de poêles scolaires ont été construits par Geneste et Herscher, Pommier et Delaporte, etc. Les poêles en fonte et les poêles mobiles doivent être absolument exclus des classes, à cause des dangers d'intoxication. Le combustible employé pourra être le bois, le coke ou le charbon.

11° Eclairage. — Une classe ne reçoit jamais trop de lumière, mais celle-ci doit être répartie luii formé ment; elle ne doit être ni trop crue ni trop riche en rayons -rélléchis, sinon, elle est pénible à Toeil; un mauvais éclairage cause la myopie (la lumière venant du nord serait })réféi^able). Son intensité peut être mesurée scientifiquement (photomètre de Truc, etc.).

V éclairage unilatéral gauche est le meilleur (Trélat; Allemagne). Gariel, Javal, Truc préconisent V éclairage bilatéral^ qu'on pourrait adopter en cas de nécessité ; encore celui-ci, pour éviter le faux jour, doit-il être « différentiel », avec intensité plus grande de la lumière reçue de gauche. L'éclairage venant uniquement de droite, portant sur le papier Tombre gênante de la main qui écrit, doit être condamné.

a) Eclairage naturel . — a II doit être tel qu'un enfant à vue normale, occiqjantla place la moins favorisée, puisse lire à dislance normale et sans efforts des caractères ordinaires, et cette condition sera remplie si chaque pupitre reçoit suffisamment la lumière directe du ciel. » « L'éclairage doit être égal dans toute les parties

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(le la classe, et Tenfant situé à la place la })lus (Uoignée de la fenêtre doit pouvoir apercevoir le ciel dans une étendue verticale de 30 cm., comptés à partir du bord supérieur de la fenêtre. » (Javal).

Il est bon d'arrêter les rayons directs trop vifs par des stores mobiles, gris ou verts, non rayés, se déroulant de préférence de bas en haut : la lumière la plus favorable est celle qui vient d'un point intermédiaire entre le zénith et 1" horizon sous un angle de 3o à 40^. Pour qu'une classe soit suffisamment éclairée, la surface du vitrage en verre clair, non dépoU, doit égaler le quart ou le tiers (Truc) du plancher. Le linteau des fenêtres (p. 249) doit être au ras du plafond, et les trumeaux séparant les fenêtres, aussi réduits que possible, constitués de préférence par de simples piliers. L'appui de la fenêtre sera à une hauteur telle que les rayons lumineux plongeant à 45° en frisent l'arête inférieure, de façon à atteindre l'extrémité voisine des tables et à n'en laisser aucune dans l'ombre.

b) Eclairage artificiel. — Il est surtout employé, dans les internats, les enfants des écoles primaires quittant la classe le plus souvent à quatre heures. La lumière artificielle doit être « suffisamment intense, pauvre en rayons faux, fixe, égale, diffuse, ne pas produire d'ombre portée, ne pas causer d'éblouissement, ne pas trop échaufler l'air ambiant ni le vicier par des produits de combustion abondants » (Courtois et Dinet).

^'éclairage électrique, avec lampes renversées à fil incandescent (verres légèrement teintés), est le meilleur. Uéclairage au gaz est bon, à certaines conditions : hauteur de la flamme maintenue constante, becs circulaires avec verre immobilisant la flamme, manchons à incandescence becs genre Auer ou autres), jamais de becs papillons dont la flamme vacille, abat-jour restreints renvoyant la lumière sur l'élève et évitant la production d'ombre portée (on construit aussi dans ce but des becs renversés): etc. Faute de mieux (campaanel, les lampes à pétrole peuvent être utilisées, à la condition d'être suffisamment puissantes et munies d'abat-jour réflecteurs. On fabrique aussi des becs incandescents à essence, à alcool, à liisol, benzol, etc.. doués d'un pouvoir éclairant considérable, mais d'entretien un peu plus compliqué.

Chaque place doit recevoir une lumière suffisante (lo bougies au moins), sans production d'ombres gênantes daris la position de travail. L'idéal serait le foyer individuel avec abat-jour. Par économie, on emploie surtout des foyers collectifs. Quelques-uns ont préconisé l'emploi de la « lumière diffuse » (Boubnotî), éclairage indirect par des sources lumineuses voisines du plafond très blanc, sur lequel un abatjour opa(jue renvoie d'abord la lumière (l'>ismann). Plus souvent, on dispose par un système de suspension un bec (de gaz) pour six élèves au minimum, chariue foyer se trouvant à 1 m. environ au-dessus de

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la tète des élèves. Jamais ceux-ci ne doivent être incommodés par la chaleur, et toujours le dégagement de l'air vicié doit être assuré.

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