V.— MOBILIER ET MATÉRIEL SCOLAIRES. ÉCRITURE
On tonnait son importance au point de vue du développement de l'enfant (scoliose, p. 144; myopie, p. 144).
1" Tables-bancs. — Le décret du Tô octobre 1894 tend à faire disparaître les anciens bancs à six ou huit places, trop éloignés de la table et ne tenant aucun compte de la taille du sujet.
La table-banc rationnelle « sera assez haute pour que l'enfant assis n'ait point à se pencher pour y lire; elle n'aura point de tiroir qui gêne la position des genoux; le siège, placé au-dessus du plancher de toute la longueur des jambes de l'enfant, sera aussi large que les cuisses sont longues; il sera assez élevé pour que Fenfant écrivant puisse appuyer commodément ses avant-bras sur la table, sans pencher la tête ou le corps. Un dossier court (légèrement incliné en arrière) sera disposé de manière à soutenir le corps pendant la lecture. Enfin une barre d'appui placée sur la table à hauteur convenable permettra aux jambes de se reposer, allongées et non repliées sous le banc. Le pupitre sera incliné de manière à éviter à la tête et au tronc de se courber dans la lecture... » Toute table -banc qui ne permet pas à Fenfant de travailler commodément dans les trois positions (position de travail, position assise de repos, position debout) doit être rejetée.
L'idéal est la table à une place (qui évite le mieux la contagion et le tassement), mobile pour le nettoyage (systèmes André, Rettig, Mauchain, etc.); les règlements permettent les tables à deux places fixes, pour que les enfants ne puissent les déplacer.
Le banc et la table doivent être fixés Vun à Vautre (lig. 34), afin que la « dislance » soit toujours la même (les chaises sont ^généralement rejetées). On appelle distance la position du siège par rapport au pupitre supposé sur un même plan horizontal. Elle est dite positive lorsque le siège est éloigné de Tarête du pupitre (ce qui forçait l'élève à se courber) ; nulle, lorsque pupitre et banc sont sur un même plan vertical; négative, lorsque le siège entre un peu (2 à 4 cm.) sous le pupitre, ce qui force à rester assis droit. La dis-
Fig. 34. — Table-banc Falcot (Lyon).
Fig. 35. — Tal)le-banc Chrétien (Lyon).
taiice négative est donc préférable, mais la distance nulle est souvent adoptée, facilitant l'entrée dans le banc.
Pour que Télève puisse se tenir debout sans sortir de la tablebanc malgré la distance négative, il est bon que le siège soit à relèvement automatique (banc à bascule ou Pendelsitz des Allemands) :
rélève, en se levant.
frappe de ses mollets le siège qui se relevé ( sans bruit) en pivotant autour d'un axe horizontal (fig. 35); ce système est préférable aux sièges dont la barre antérieure articulée se relève autour d'une charnière, et peut pincer les doigts.
La hauteur de la table-banc doit être appropriée à La taille de récolicr. L'idéal serait la table-banc avec siège et pupitre mobiles, adaptable à toutes les tailles, comme le « Simplex » de Schenk (Berne), ou les modèles Brudenne dont la table est assez élevée pour que Tinstituteur lui-même n'ait pas à se baisser sur le pupitre de l'élève, ou celui de Féret (mais dans ce dernier le banc, ou la chaise, est séparé de la table). La plupart de ces tables-bancs universelles sont de mécanisme comphqué et de prix élevé.
Pour donner à un enfant une table et un siège convenables, il faudrait mesurer, deux fois par an (et surtout à la puberté) : 1" la hauteur du sol au creux épigastrique (Cardot) qui, donne la hauteur de l'arête postérieure (Fahrner prend la longueur (Mitre le siège et la pointe de l'olécràne, et l'appelle la différence, ({u'on augmenterait de plusieurs centimètres); 2" la hauteur de la jambe prise sous les genoux, la cuisse et la jambe formant un angle droit, qui donne la hauteur du bassin: 3° la longueur du fémur, dont les deux tiers forment la profondeur du siège; 4° le diamètre antéro-postérieur du corps au niveau du sternum, qui, augmenté de 5 cm., donne la distance du pupitre au dossier. En pratique, on se contente généralement d'une mesure, celle de la taille.
La circulaire ministérielle (18 janvier 1887) établit cinq types de table (à Vienne sept numéros sont gradués de 8 en 8 cm.) :
/ant
. de 1'" à t"
,10 (écoles maternelles)
— plus de 1
Type n° i pour enfants ayant
Dans les écoles primaires, on n'emploie ({ue les types 2, 3 et 4. Les dimensions de la table sont lixres par les instructions ministérielles; elles varient, pour les trois types principaux, entre :
49 et 62''"' pour la hauteur au-dessus du sol.
37 et 42 — largeur d'avant en arrière.
55 et 60 — longueur, table à 1 place {insuffisant).
1'" il 1"',10 — — — 2 places.
Le pupitre doit i)résenter une profondeur de 40 à 50 cm., et être incliné de 15 à 18°; son arête doit arriver au niveau de l'épigastre, ne pas présenter de rebord, elle peut être légèrement échancrée. Il se termine, en haut, par une partie plane pour l'encrier, facilement neltoyable et souvent nettoyé, les porte-plume et crayons.
Les dimensions du banc sont fixées entre :
30 et 39^"" pour la hauteur du banc,
23 et 27 — largeur d'avant en arrière,
50 et 55 — — d'une place (insuffisant),
90 et 1'" — — de deux places. «
Le dossier consiste en une traverse de 10 cm. de large, droite avec arêtes abattues, la hauteur de l'arête supérieure au-dessus du siège variant de 21 à 26 pour les types 2, 3 et 4.
Le casier à livres, sous la tablette du pupitre, doit être ouvert à l'avant et à l'arrière (pour le nettoyage) et ne gêner en rien les cuisses.
U appui-pieds ou podium doit être formé d'une large planche (ou de traverses écartées de l cm.) horizontale ou légèrement inclinée. Le siège doit être commode (bascule), assez large sans exagération; la hauteur, calculée de Tappui-pieds; le dossier, légèrement incliné en arrière et remontant aux omoplates sans mouler le dos : il ne doit pas faire partie d'une autre table.
Les matériaux doivent être lavables etdésinfectables (bois, fonte et fer).
Voici quelques modèles :
1° Modèles avec table et siège fixes : Modèles Delagrave (table-banc des écoles de la Ville de Paris), table-banc normale L. Nisius (Delagrave), à sièges isolés, à deux places; etc., bancs Rettig (Muller,Gharlottenbourg), tables-bancs Frébel, Falcot et Chrétien (Lyon) (fig. 34 et 35).
2° Modèles avec siège fixe et pupitre mobile : « Le Paragon », modèle américain de Kennen d'Amsterdam; modèles analogues de Hachette, Falcot, etc. ; tables des écoles de Finlande, modèle Gardot (pupitre s'adaptant à volonté à la position assise ou debout); etc.
3° Modèles avec pupitre fixe et siège mobile : Table-banc Delagrave à sièges articulés (écoles de la Ville de Paris); banc à bascule ou Pendelsitz des Allemands (modèle Muller de Charlottenbourg, par ex.).
d58 HYGIÈNE GÉNÉRALE
banc Fischel (Nioures, lîohème), adopté dans les écoles de Berndorf.
4° Modèles avec siège et pupitre mobiles : modèles Simplex de Schenk (de Berne), Mauchain (de Genève), modèles Brudenne (table élevée).
5° Modèles avec cJiaises : table Féret, optostat intégral du D"^ Boland (de Toulouse), ce dernier compliqué et à indications plus spéciales (prophylaxie de la myopie par le moyen d'une barre métallique transversale arrêtant le Iront et empêchant Tenfant de se pencher).
Dans les écoles maternelles^ il faut de petites tables-bancs à plateau horizontal, à dossier muni de bras; on y a préconisé aussi des sortes de lits de camp pour la sieste. Dans les écoles maternelles de campagne, le règlement prescrit encore une estrade de dix rangs de gradins au maximum ; les tables-bancs sont bien préférables. %
Il conviendrait aussi d'installer des bancs-stalles avec dossiers dans les amphithéâtres.
2" Autres meubles. — La chaire da maître est une table ou un bureau élevé sur une estrade de deux marches (30 à 32 cm.), permettant une surveillance facile. Le tableau noir doit être placé en face des élèves : l'instruction ministérielle prescrit qu'il doit être ardoisé, c'est-à-dire revêtu d'une substance noire lui donnant l'aspect d'une ardoise et évitant les reflets gênants pour la vue.
3° Matériel scolaire, écriture. — La myopie (p. 144) peut être, en partie, produite par la fatigue que causent à la vue des livres mal imprimés (Gohn-Javal), une altitude incorrecte pour écrire, etc. On a créé, en 1882, une commission d'hygiène de la vue. Voici quelques-unes de ses conclusions :
a) Les livres scolaires. — Ils doivent être imprimés en caractères bien marqués {gras), d'une certaine grandeur, les lettres étant séparées par un intervalle égal à celui qui sépare les deux jambages de Tn, et Tinterligne étant de 3 mm., le nombre maximum de lettres étant de sept lettres par centimètre courant de texte et de quinze par centimètre carré. D'après Javal, la ligne ne doit pas dépasser 8 cm. 11 convient d'éliminer tout livre qui, tenu verticalement et éclairé }>ar une bougie placée à 1 mètre, ne resterait pas parfaitement lisible à 80 cm. au moins pour une bonne vue. Pour les tableaux et les cartes murales, tous les mots doivent pouvoir être lus facilement à 4 m.
Le papier doit être non glacé, blanc ou légèrement jaune, avec encre noire (Javal), être assez épais pour que Timpression sur chaque face soit bien nette.
HYGIÈNE SCOLAIRE i:')9
Pendant la lecture, que facilite Tinclinaison du pupitre, Tenfant doit tenir le buste droit.
b) Cahiers scoiaii^es et écriture. — On sait qu'on a accusé Vécriture penchée (anglaise) de favoriser la myopie, les attitudes vicieuses, etc. ; on a proposé de lui substituer Vécriture droite : « Tète droite, corps droit, écriture droite ». Depuis 1893, celleci est admise dans les examens au même titre que l'écriture penchée.
On tend de plus en plus à innocenter l'écriture penchée de tous ces méfaits. Beaucoup conseillent d'enseigner à l'enfant au début l'écriture droite, puis de le faire arriver peu à peu à l'écriture penchée, plus rapide et moins fatigante, en inclinant légèrement son papier. Il suffit en effet, pour éviter la cause de déformations ou de myopie signalée, d'observer une attitude correcte, symétrique : têt» droite, corps droit, bras au corps, même avec une écriture penchée sur cahier penché.
c) Hygiène générale. — Il doit être interdit de cracher à terre; de mouiller ses doigts dans sa bouche" pour tourner les pages des Hvres et des cahiers; d'introduire dans son oreille le bout d'un porte-plume ou d'un crayon; d'essuyer les ardoises en crachant dessus ou en y portant la langue; de tenir dans sa bouche les porte-plume, les crayons, les pièces de monnaie, etc.
Les livres et autres objets scolaires doivent être individuels, toujours propres, et au besoin désinfectés (porte-plume, crayons, ardoises); pour nettoyer les ardoises, ne permettre qu'un chiffon propre avec de l'eau propre.
Comme sac, préférer un modèle léger porté sur le dos à l'aide de bretelles.