‹ Précis d'hygiène (volume 2)Chapitre 68 sur 267 · VIII. — PROPHYLAXIE DES MALADIES CONTAGIEUSES · texte numérisé non relu

VIII. — PROPHYLAXIE DES MALADIES CONTAGIEUSES

L'enfant, par son âge, par la promiscuité avec ses camarades, est très exposé aux maladies contagieuses et épidémiques, les unes microbiennes (rougeole, scarlatine, diphtérie, oreillons, etc.), les autres parasitaires (teigne, favus, etc.).

1° Prophylaxie générale. — L'enfant, à l'école, doit avoir une table-banc individuelle^ ou du moins les tables-bancs ne devraient pas comporter plus de deux places. Les enfants doivent toujours conserver les mêmes places en classe, au réfectoire, au dortoir, au vestiaire (cases ou portemanteaux individuels numérotés). Il doit en être de même pour les livres, cahiers, ardoises, porteplume, crayons et autres objets scolaires. En évitant, autant que possible, la multiplicité des contacts directs ou indirects entre enfants, en surveillant avec soin leur propreté (mains, tête, vêtements), l'instituteur et le médecin peuvent faire déjà beaucoup pour la salubrité de leurs classes. Ces habitudes doivent être encore plus rigoureusement observées en temps d'épidémie.

Souvent aussi une épidémie pourrait être évitée ou limitée si le premier cas était diagnostiqué à temps, alors qu'il est trop tard pour agir dès que plusieurs élèves ont été contaminés par ce premier cas (rougeole). Il en résulte que la moindre manifestation (mal de gorge, rhume de cerveau) capable d'être un symptôme prémonitoire de maladie épidémifjue doit attirer l'attention de l'instituteur, qui en informera immédiatement le médecin scolaire et les parents, ceux-ci ayant aussi le plus grand intérêt à s'adresser au besoin à leur médecin traitant. Tout symptôme vraiment suspect doit faire envisager la question de Véviction (c'est-à-dire de l'éloignement des classes, du refus de l'entrée de la classe), au moins pendant la période maxima d'incubation de la maladie soupçonnée, et, en cas de maladie déclarée, pendant tout le temps de la période contagieuse. Pour faciliter ce dépistage et cet éloignement du ou des premier cas, chaque école devrait posséder, à côté d'un cabinet médical, une petite salle d'isolement, où l'enfant suspect ou malade attendrait le médecin, et (jui serait désinfectée toutes les fois qu'y aurait séjourné un contagieux.

Ce système des évictions successives, c'est-à-dire répélées au besoin chaque jour pour tous les enfants suspects ou malades, est le plus couvent employé, et généralement suffisanl. Cette mesure doit s'étendre aux frères et sceurs des élèves malades, à moins qu'ils n'habitent pas avec eux, ou qu'il s'agisse d'une affection non récidivante dont eux-mêmes ont été préalablement atteints (rougeole, coqueluche, oreillons, scarlatine, varicelle). Elle devrait s'étendre aussi parfois aux voisins immédiats.

Quant au licenciement de tous les élèves, avec fermeture de la classe ou de l'école, c'était une mesure très souvent prescrite autrefois, mais qui ne doit être ordonnée quà titre exceptionnel. En effet, le licenciement peut être souvent limité à une classe ou à certaines classes dans une école : soit que les autres classes aient été exemptes de cas déclarés ou suspects, et de contacts avec les enfants des classes contaminées (chose rare dans les écoles primaires à cause des récréations, des sorties communes, etc.), soit qu'il y ait heu de préserver plus spécialement une classe enfantine, une école maternelle, tout en gardant au groupe scolaire les élèves plus âgés et plus résistants. Le licenciement peut aussi parfois, lorsqu'il s'agit de mala<lies non récidivantes, ne pas comprendre les élèves (s'ils sont assez nombreux) ayant été déjà sûrement atteints de ces maladies (carnet de santé). Même avec ces restrictions, nous croyons que le licenciement doit être exceptionnellement prononcé. Trop souvent, les élèves ainsi licenciés, échappant à toute surveillance, vont porter les germes dans d'autres écoles, ou dans les familles; la réouverture des classes n'est pas toujours exempte de nouveaux cas.

Tliéoriquement, en ce qui concerne la rougeole, par exemple, si le premier cas était connu dès les premiers symptômes, on pourrait espérer, par un licenciement hàtif, préserver les enfants (un dixième d'une classe environ) qui auraient pu échapper à la contagion par ce premier cas; mais, en pratique, lorsque la rougeole est diagnostiquée dans une école primaire, presque tous les enfants qui peuvent la prendre sont déjà en invasion ou en incubation; d'ailleurs, si on fermait les écoles de la plupart des grandes villes chaque fois qu'un cas de rougeole y est apporté, ces écoles seraient fermées pendant la plus grande partie de l'année.

Il faut donc en général réserver les licenciements à quelques rares épidémies particulièrement massives, meurtrières ou rebelles, de diphtérie ou de scarlatine^ que la méthode des évictions suc-

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