VII. — ŒUVRES JUXTA-SCOLAIRES
Énumérons les consultations médico-pédagogiques (p. 181), les écoles et classes d'anormaux (p. 168), les caisses ou deniers des écoles^ les cantines et vestiaires scolaires, les garderies du jeudi ou de vacances, les cours post-scolaires et d'adultes, où il serait bon de compléter notamment Téducation et l'instruction en matière d'hygiène, etc.
1° Colonies scolaires. — L'envoi de certains enfants à la campagne, à la montagne ou à la mer, lorsque leur santé le demande, a donné les meilleurs résultats, depuis que le pasteur Ryon, de Zurich, a créé, en 1876, ces colonies scolaires de vacances. Son exemple, rapidement imité en Suisse, le fut aussi à Stockholm, en Allemagne (Warrentrapp), puis en France en 1881 (Lorriaux, Combes, Mme Frank Puaux, etc.), où Paris. Saint-Étienne, Lyon (1898), Nantes (1900) et beaucoup d'autres villes suivirent le mouvement. On voit les enfants grandir, prendre du poids (jusqu'à 5 et 6 kgr.), se développer en largeur thoracique, acquérir les caractères d'une santé florissante; les ganglions
diminueat ou disparaissent et les paresseux, les inattentifs, les retardataires deviennent de moins en moins nombreux.
Pour obtenir ce résultat, il faut que le choix des enfants à désigner soit confié aux médecins. Cette désignation, facilitée par la fiche de santé mise à jour avant et après les vacances, portera surtout sur les élèves dont le poids, la taille ou le périmètre thoracique seront inférieurs à la normale, sur ceux dont le dévelo})pement physique et intellectuel sera difficile ou retardé, les anémiques et lymphatiques, scrofuleux porteurs de ganglions non ouverts, etc. Les contagieux, les cardiaques (dangers de l'altitude), les anormaux psychiques, les épileptiques, etc., seront exclus ; la mer peut être dangereuse pour les tuberculeux au début, les névropathes. Les enfants non contagieux, issus de parents tuberculeux, pourront ainsi être éloignés de leur domicile contaminé, et placés dans de bonnes conditions de résistance (œuvre de Grancher). Le placement familial (Saint-Étienne; Mme Frank Puaux), individuel ou par petits groupes, chez des cultivateurs bien portants et attentifs, peut rendre de grands services aux enfants plus chétifs, incapables de prendre part à la vie })lus active (jeux, promenades, gymnastique) des colonies scolaires proprement dites.
Le séjour dans ces colonies doit être de quatre à six semaines au minimum ; la vie au grand air doit y être largement assurée.
2° Écoles et classes en plein air. — Les mêmes principes doivent dicter le choix des enfants appelés à bénéficier des classes et mieux encore des écoles en plein air. De tous les moyens diététo-hygiéniques préconisés jusqu'ici pour préserver de la tuberculose pulmonaire l'enfant chétif ou prétuberculeux de l'école urbaine, ou pour effacer en lui les premières atteintes du mal, aucun ne parait plus efficace que l'école en plein air, réalisée presque simultanément en P'rance et à l'étranger selon deux conceptions différentes.
L'école en plein air française, type Grancher, créée pour la première fois par la fondation municipale lyonnaise du Vernay (1907), est une école sanalorium-inlernat (vie au grand air, repos, suralimentation, gymnastique rationnelle, sirop antiscorbutique, etc.). La plupart des écoles étrangères sont du type allemand de Charlottenbourg ^ type externat (école en forêt).
L'école en plein air française, du type internat, un peu plus onéreuse, offre sur l'école externat, type étranger, des avantages médicaux et moraux qui doivent la faire })référer.
La multiplication des écoles et des classes en plein air s'impose à proximité de tous les grands centres urbains, où la tuberculose décime la population scolaire des quartiers pauvres et ouvriers.
L'organisation et la surveillance de ces institutions doivent être avant tout placées sous le contrôle de médecins scolaires.