CULTURE PHYSIQUE. — SPORTS
même des muscles extenseurs de la colonne vertébrale, dont la tonicité est nécessaire pour amener Tattitude normale du corps.
Les exercices sont simples et faciles ; ils n'exigent aucune force, aucune habileté particulière; ils peuvent être exécutés par tous et permettent ainsi à chaque organisme de se développer, suivant la valeur de ses propres moyens. C'est « une science raisonnée des mouvements propres à développer le système musculaire, dans un butd'hygiène, de thérapeutique, d'éducation etmême d'esthétique ».
La gymnastique suédoise, malheureusement, est d'une monotonie qui en fait un devoir plutôt qu'un jeu.
b) La gymnastique athlétique fut inaugurée en Allemagne par Jahn (1811), en France par Glias et Amoros (1815).
Elle consiste en exercices aux agrès (barres, trapèzes, anneaux etc.), qui ont, pour principale caractéristique, la violence de l'effort. Ces exercices comportent surtout des suspensions par les bras ; ils sollicitent donc l'activité musculaire des membres supérieurs, mais négligent complètement celle des membres inférieurs. Ils exigent souvent aussi des mouvements et des attitudes anormales qui provoquent un trouble profond dans l'équilibre de l'organisme et dans les fonctions d'inspiration et d'expiration.
L'abus de la gymnastique athlétique réahse le type gymnaste, décrit par Lagrange et Tissié : taille moyenne, développement exagéré des pectoraux, des deltoïdes et des faisceaux supérieurs du trapèze; léger degré de voussure de la colonne vertébrale et parfois surélévation des omoplates.
On peut, en somme, reprocher à la gymnastique athlétique de ne pas assurer un développement normal et harmonique du système musculaire, de comporter des exercices violents et difficiles, qui en font une sorte de sport réservé à quelques privilégiés. Ce n'est pas un entraînement physiologique, propre à développer les aptitudes normales de l'organisme et à corriger ses attitudes vicieuses.
3° Classement physiologique des exercices physiques. — On peut, d'après leur valeur "physiologique, classer les exercices physiques en trois catégories :
a) Les exercices de force se caractérisent par l'énergie des contractions musculaires elle grand nombre des muscles en activité; le travail musculaire produit est considérable, et les effets physiologiques atteignent leur maximum d'intensité. Ils déterminent l'essoufflement, activent la nutrition et accroissent le volume et la force des muscles.
Ce sont la lutte, la boxe ariglaise, le soulèvement de poids et de fardeaux, la gymnastique athlétique.
Les principaux dangers sont Feffort et les traumatismes. Mais, pratiqués d'une façon modérée, par des adolescents bien constitués, ils provoquent Tentraînenient, la force et la bravoure.
b) Les exercices de vitesse sont caractérisés par la fréquence des contractions musculaires; le travail musculaire est alors en rapport plutôt avec la rapidité des mouvements, Timporlance et le nombre des muscles mis en activité qu'avec le degré d'énergie musculaire développé ou le travail mécanique produit. Demandant à chaque contraction une énergie modérée, Fexercice de vitesse économise Texcitabilité musculaire, tandis que la répétition des contractions provoque au contraire une déperdition rapide d'excitation nerveuse.
Certains de ces exercices {escrime, boxe) sont fatigants pour le système nerveux, dont la tension est très grande pour combiner les coordinations voulues. Les autres {course, canotage, bicyclette) se faisant par des mouvements alternatifs, peuvent être prolongés longtemps, sans épuisement.
Les exercices de vitesse sont supérieurs aux exercices de force ; mieux qu'eux, ils produisent une suractivité respiratoire et nutritive, ils n'hypertrophient pas les muscles, mais ils favorisent mieux le jeu des jointures.
c) Dans les exercices de fond, Fintensité du travail musculaire est en rapport avec sa durée; elle est obtenue par Faccumulation de petites quantités de travail musculaire, produites par des contractions d'une énergie et d'une fréquence modérées.
L'avantage des exercices de fond est de ne jamais soumettre l'organisme à un rapide surcroit d'activité physiologique. L'oxydation est augmentée et les échanges nutritifs sont facilités.
La marche et la gymnastique suédoise sont d'excellents exercices de fond.
d) Certains sports, comme Valpinisme. sont mixtes : force, tour, adresse, courage. Ils sont excellents.
4" Facteurs individuels de Féducation physique. — L'organisme humain, présente aux diverses périodes de la vie des aptitudes différentes au travail musculaire.
a) Enfance. — Pendant l'enfance, cette aptitude est nulle. Les muscles, en voie de développement morphologique, sont susceptibles de produire des contractions rapides et très modérées, mais sont inaptes aux con-
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Iractioiis soutenues et énergi(jues. Seul, l'exercice de la marche doit être l'objet d'une éducation particulière.
b) Puberté. — Pendant cette période de la vie, qui évolue de treize à quinze ans chez la fille, de quatorze à dix-sept ans chez le gargon, l'accroissement de la taille e.st rapide et trop grand par rapport au développement du thorax. Il en résulte une insuffisance relative du cœur et du poumon qui exige dans le choix des exercices physiques une grande prudence, justifiée, d'ailleurs, par les susceptibilités morbides du tissu osseux (rachitisme tardif, ostéomyélite des adolescents). Donc, jus(iu'à dix-huit ans, jusqu'à ce que le développemeat soit complet, il faut rejeter les exercices de fond, modérer ceux de force et donner la préférence aux exercices de vitesse dont l'action est favorable au poumon.
c) Adolescence. Age adulte. — Cet âge représente la période pendant laquelle le corps humain, après avoir achevé son développement morphologique, reste stationnaire et en pleine possession de ses aptitudes physiologiques. Aux environs de vingt-cinq ans, l'homme se trouve en possession de toutes ses aptitudes fonctionnelles; cela permet la prali(iue intégrale de tous les sports, qu'il s'agisse d'exercices de force, de vitesse ou de fond. A mesure que l'individu avance en âge, il devra réduire les exercices de vitesse et de force; et pour le vieillard seuls les exercices de fond ne présentent aucun danger.
d) Sexe. — L'aptitude de la femme au travail musculaire est normalement inférieure à celle de l'homme. L'éducation physique peut atténuer dans une large mesure cette infériorité de la femme. Le but est le même que chez l'homme : développement général de l'organisme. Mais, sa culture physique a aussi quelques indications particulières : harmonie parfaite des formes, élégance des mouvements, vigueur des groupes musculaires qui sont intéressés par les phénomènes physiologiques de la grossesse et de l'accouchement. Elle doit également rechercher l'augmentation de la capacité respiratoire normale dont la moyenne n'atteint chez la femme que 2 550 cm'^ (3 660 chez l'homme).
Les exercices qui répondent le mieux à ces indications sont les jeux, la course, le saut, le tennis; on peut y joindre la danse à l'air libre.
e) Conditions individuelles diverses. — On conçoit facilement que nombre de facteurs : constitution, prédispositions morbides, professions, interviennent aussi dans le choix des exercices physiques.