‹ Précis d'hygiène (volume 2)Chapitre 80 sur 267 · II. — FORMES GÉNÉRALES DU VÊTEMENT · texte numérisé non relu

II. — FORMES GÉNÉRALES DU VÊTEMENT

1° Linge de corps. — Dans les pays chauds, la chemise de toile, de lin ou de colon est portée à même la peau; grâce à raugmentation de condiictihililé que prennent ces tissus, dès que la sudation cutanée les a pénétrés, il en résulte une évaporation qui protège la surface du corps contre l'excès de chaleur ambiante. Ce serait là un danger dans nos climats tempérés, où Tusage s'est répandu d'interposer entre la chemise et le tégument, soit un tricot de coton ou de laine, soit un gilet de flanelle.

On ne saurait trop insister sur la nécessité de prendre pour les vêlements de dessous des tissus aisément lavables, aussi perméables à l'air que possible et surtout incapables d'être trop facilement saturés d'eau.

2° Vêtements extérieurs. — Ils rempliront les conditions précédentes. Mais, de plus, Tâge, la profession, le sexe imposent quelques particularités relatives à rhabillemenl . Voir p. 89 Thabillement du nouveau-né. Pour les garçonnets et les petites filles, le maillot et la chemise de coton seront recouverts d'un tissu de laine lâche; ce sera leur tenue de jeux; au repos, ils

mettront par-dessus un vêtement de laine llottant, par exemple, une pèlerine.

L'ouvrier ne pouvant employer la toile et la laine, })orlera sur son tricot de coton (à mailles plus ou moins serrées, selon le travail et la température), une chemise de flanelle de coton, facilement lavable; et, sauf pour les travaux qui demandent un grand déploiement de force (forgerons, terrassiers) et une grande liberté dans les mouvements, il devra porter par dessus la chemise un vêlement de travail spécial (bourgeron, blouse, etc.).

3" Coiffure. — Elle a pour but de protéger le crâne contre les variations de la tempéralure extérieure, contre la chaleur excessive. Vallin a noté, une température de 42" à 46" sous un chapeau de soie noire après une heure de promenade au soleil; les coiffures doivent être perméables à l'air.

On doit porter des chapeaux dilîérents, suivant les saisons : en été, le chapeau de paille claire, à larges bords, capable de protéger la face contre les rayons solaires; dans les pays chauds, le casque léger, de couleur claire; en hiver, les chapeaux de feutre de teinte foncée; parmi eux : les plus légers, les plus aisément perméables à l'air.

4° Corset. — Le corset est considéré par les femmes, comme un vêtement, destiné à imprimer à leur taille telle ou telle forme imposée momentanément, d'une façon passagère, par la mode; son but doit être tout autre, et le corset doit se borner à contenir et à soutenir ; il doit laisser libres, en en respectant complètement les fonctions, les viscères abdominaux et thoraciques.

Tel qu'il est compris actuellement, le corset produit des déformations contraires à Testhétique, et des troubles graves de Téconomie. Etranglant la partie inférieure du thorax, la plus souple, la plus mobile, celle dont le jeu a le plus d'importance pour le fonctionnement des organes thoraciques et abdominaux, le corset a, pour action principale, d'entraver l'ampliation du poumon et secondairement le travail du cœur.

Le foie, qui se trouve saisi au point culminant de l'étranglement, s'allonge verticalement, se plisse même à sa surface et, parfois, envoie dans le flanc droit une languette qui a pu donner lieu à des erreurs d'interprétations. L'estomac est surtout intéressé et subit un allongement avec coudure à sa partie inférieure, comme il est facile de s'en rendre compte par la radioscopie; il est comme bilobé et les mouvements respiratoires font éclater un bruit de glouglou révélateur de l'état morbide; les troubles digestifs sont fréquents chez les femmes dont le corset est trop serré.

Diverses ptôses sont encore mises sur le compte du corset : mobilité du rein droit, à rabaissement duquel le foie contribue, entéroptose et abaissement de Tutérus avec ses conséquences.

Pour remédier à ces inconvénients, M""^ Gaches-Sarraute a proposé un « corset abdominal », dont le but est d'embrasser le bassin tout entier, sans le comprimer. La pression doit s'exercer, d'après cet auteur, au-dessous de tous les viscères importants qui sont ainsi soutenus et non plus comprimés et déformés, et le corset, ainsi compris, doit agir à la manière des ceintures abdominales. Une brassière retient les seins, exerçant cette action, indépendamment de la partie abdominale.

On dit que le corset sert à soutenir la colonne vertébrale, soit chez la jeune fille pendant la période de la croissance, soit chez la femme qui vient d'accoucher. Il ne fait qu'entretenir la déformation vertébrale par l'inaction dans laquelle il laisse les masses musculaires, suscei)tibles de faire le redressement.

En somme, le corset est, en général, mal compris.

5° Vêtements du pied. — Le vêtement du pied n'est pas indispensable. Dans la haute antiquité, l'homme n'en faisait pas usage, et, dans certaines régions, il est encore inconnu. Il se produit dans ce cas, un épaississement de la peau, parfois considérable, qui la rend apte à lutter contre les accidents du sol et les variations de l'air ambiant. Nos habitudes empêchent cette formation; aussi notre vêtement du pied doit-il répondre aux deux conditions primordiales du vêtement en général : 1° ne pas gêner les mouvements du pied, en favoriser même le mécanisme: 2° par la composition de ses deux parties constitutives, la chaussette et la chaussure, protéger les fonctions de la peau de cette région.

a) Chaussure. — La chaussure comprend la semelle., placée sous le pied, Vempeigne, qui le recouvre et le quartier qui enveloppe le talon. Toutes ces parties sont fabriquées avec la peau de bovidés et parfois de chèvre.

La chaussure doit être construite de telle sorte qu'elle s'adapte parfaitement au pied, sans en gêner les mouvements. Il peut résulter,- en eiïet, d'une adaptation mal faite ou mal comprise dans son ensemble, non seulement le développement de callosités douloureuses aux points de frottement, mais encore des attitudes vicieuses du pied aans les divers temps de la marche, d'où inaptitude à cet exercice. Chez les enfants, pendant la période de croissance, il peut résulter de chaussures, ne répondant pas à l'anatomie et à la physiologie du pied, de véritables déformations qui deviennent parfois permanentes.

On ne saurait donc trop insister, avec Meyer, Romain, Arnould, etc., sur la nécessité de se baser, pour la conformation des chaussures, sur Tanatomie et la physiologie du pied.

L'architecture du pied est constituée de la façon suivante : sur une coupe médiane antéro-postérieure, les travées osseuses venues de l'extrémité inférieure du tibia se divisent, au niveau du cou-de-pied, en deux faisceaux, un faisceau postérieur qui va vers le calcaneum, et un faisceau antérieur qui se bifurque en deux faisceaux secondaires, l'un, interne qui se rend à l'extrémité antérieure du premier métatarsien, et l'autre externe qui se rend à l'extrémité postérieure du cinquième métatarsien. Il existe donc trois piliers de soutien de la voûte plantaire, dont les points d'appui délimitent un triangle : le triangle de sustentation du pied. Sous le poids du corps, cette voûte plantaire tend à s'alîaisser. Aussi, la semelle doit-elle épouser la courbure de la plante du pied, en offrant des dépressions pour chacun des piliers.

Le contour de la semelle avait autrefois une forme symétrique telle, qu'une ligne antéro-postérieure passant par son milieu la divisait en deux parties semblables. Son rétrécissement régulier vers son extrémité antérieure avait pour résultat une déformation du pied par chevauchement des orteils. Or, le pied n'est pas symétrique : le bord interne forme à peu près une ligne droite et la convexité que forme le dos du pied a son summum, tout près de Taxe du gros orteil. La chaussure doit donc être asymétrique.

L'empeigne laissera, dans sa partie antérieure, un peu de latitude aux orteils, qui exigent une certaine liberté. Elle s'adaptera intimement par sa partie postérieure sur la face dorsale du cou-de-pied. Le quartier, renforcé par un contrefort, embrasse exactement le talon.

Les talons ne doivent pas être trop hauts (2 ou 3 fois l'épaisseur de la semelle). Les hauts talons, si fréquents dans la chaussure féminine, font glisser le pied en avant, déplacent l'équilibre total, prédisposent aux entorses, exagèrent la courbure du rachis.

Au point de vue de la perméabilité, les cuirs se comportent d'une façon très inégale. La perméabilité à l'eau n'est jamais considérable; il en résulte, d'une part, une certaine protection du pied vis-à-vis de l'humidité extérieure, mais, d'autre part aussi, une gène apportée à l'évaporation de l'humidité du pied. La perméabilité du cuir à l'air est médiocre; le volume des pores varie, en effet, entre .30 et 40 p. iOO.

Les teintures des chaussures peuvent causer de véritables empoisonnements, l'absorption par la peau étant favorisée par la tension de vapeurs, en rapport avec la haute température (jus([u'à 35°) de cette région. (Landouzy et Brouardel).

h) Chaussette ou bas. — La chaussette ou le bas, interposé habituellement entre la chaussure et le pied, est ordinairement constitué par un tissu de laine ou de coton. La chaussette et le bas de laine sont très supérieurs, au point de vue hygiénique, à la chaussette et au bas de coton.

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