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IV. — ÉCLAIRAGE

L’éclairage de l’habitation est naturel ou artificiel.

1° Éclairage naturel. — La lumière solaire peut être directe ou se diffuser sur les couches atmosphériques. La lumière directe, bactéricide, est spécialement favorable à l’hygiène du milieu; la lumière diffuse convient le mieux à l’hygiène de la vue.

1° L’éclairage naturel doit être suffisant. C’est là une condition essentielle qui dépend de la largeur des rues ou des cours et de la hauteur des habitations opposées (voir Hygiène générale des villes).

En second lieu, la surface, occupée par les fenêtres et laissant pénétrer la lumière, doit être en rapport avec la capacité du local. On admet que l’ensemble des fenêtres d’une pièce de 25 mètres cubes de capacité doit couvrir une surface d’au moins 2 mètres carrés et qu’il faut donner aux baies 1 mètre carré en plus, chaque fois que la capacité de la pièce est augmentée de 30 mètres cubes.

Il faut encore tenir compte de la profondeur des pièces, qui doit rester proportionnée à la hauteur pour que l’éclairage soit suffisamment pénétrant.

L’HABITATION

Enfin, on ne doit pas oublier que la somme de lumière qui traverse une fenêtre varie sensiblement avec la qualité du verre. D’après Galton, les vitres peuvent, suivant leur fabrication, intercepter 13 à 53 p. 100 de la lumière.

2° L’éclairage doit être uniforme , sans provoquer d’ombres trop marquées. Ce point est surtout important pour les locaux réservés au travail pendant le jour (bon fonctionnement de la vue).

C’est la lumière diffuse seule qui devra pénétrer dans les salles d’études, les bureaux, les ateliers pendant les heures de travail. Comme elle se répand partout avec une intensité à peu près égale, elle ne détermine que des ombres à peine sensibles, condition indispensable pour laisser aux images toute leur netteté; son action douce ne fatigue pas la vue.

On obtient un éclairage exclusif par la lumière diffuse, en orientant les fenêtres du local rigoureusement au nord. Mais l’éclairement reste faible, l’insolation est nulle et il devient impossible d’utiliser son action bactéricide aux heures où la pièce n’est pas occupée. Aussi préfère-t-on, en général, l’orientation nord-est ou nord-ouest qui atténue ces inconvénients, tout en assurant la prépondérance de la lumière diffuse.

Pour éviter la perte des rayons lumineux absorbés par les surfaces opaques, on donne aux plafonds et aux parois des locaux une teinte claire : un plafond blanc réfléchit 80 p. 100 de la lumière reçue, tandis qu’un enduit brun en absorbe 87 p. 100.

La direction des rayons lumineux a une grande importance pour les personnes qui travaillent. Elles ne doivent pas être éclairées de face. Dans les écoles, en particulier, la lumière doit venir de gauche et un peu en avant, pour éviter que la main, qui écrit, fasse ombre sur le papier. C’est Y éclairage unilatéral gauche , obtenu par de hautes fenêtres situées à gauche et un peu en avant des élèves. Javal et Gariel ont défendu l’éclairage bilatéral (voir Hygiène scolaire , p. 159).

3° La maison inondée de lumière. — La nécessité d’inonder de lumière les locaux d’habitation s’introduit heureusement de plus en plus dans la conception que se font les architectes de la construction moderne. On considère souvent actuellement que l’ossature de la maison est, grâce au béton et au ciment armé, constituée par des planchers supportés par des piliers. Les murs ont pu être ainsi complètement supprimés et remplacés par de simples écrans dont le rôle n’est plus de soutenir, mais d’assurer l’équilibre constant entre le milieu intérieur de la maison et l’atmosphère extérieure. Ce sont des membranes de protection contre le froid, la chaleur, l’humidité, etc. Ce sont surtout des baies d’éclairage assurant à l’habitation le maximum d’ensoleillement et de lumière. La formule de Le Corbusier : « La maison, ce sont des planchers éclairés », trouve sa réalisation la plus parfaite dans la maison de verre. Mais sans pousser, jusqu’à sa conséquence ultime, la conception nouvelle, on peut, grâce à la ligne horizontale, qui est une des caractéristiques de la maison moderne, ouvrir de grandes fenêtres s’étendant sur toute la largeur de la pièce et établir des terrasses, individuelles devant une chambre ou un apparte-

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