‹ Précis d'hygièneChapitre 169 sur 447 · ÉCLAIRAGE · texte numérisé non relu

ÉCLAIRAGE

ment, collectives pour l’immeuble tout entier. Les habitants, les enfants surtout, pourront profiter intégralement des jours de beau temps et user d’un, solarium à domicile, qui pourra éviter bien des déformations rachitiques.

2° Éclairage artificiel. - — Autrefois, l’éclairage artificiel était une cause fréquente de viciation de l’air des habitations par l’apport de gaz de combustion.

A. — Les huiles végétales (de colza, d’œillette, d’arachide), puis les huiles minérales (pétrole), qui les ont supplantées, sont maintenant complètement abandonnées pour l’éclairage.

Le gaz fourni par la distillation de la houille, a permis, pendant de longues années, de s’éclairer à bon compte et son emploi était extrêmement pratique. Mais le gaz expose à des intoxications (9 p. 100 d’oxyde de carbone). Son mélange avec 11 fois son volume d’air atmosphérique, est détonant. Il chauffe l’air, les canalisations peuvent présenter des fuites, il peut provoquer des incendies, etc.

L’électricité s’est substituée à tous les autres procédés dans l’éclairage moderne, surtout depuis l’électrification des campagnes. Elle peut être utilisée sous deux formes :

a) L’arc voltaïque jaillit entre les extrémités de deux tiges de charbon, séparées de quelques millimètres et maintenues toujours à la même distance par un régulateur;

b) La lampe à incandescence consiste en un fil très fin de charbon, enfermé dans une ampoule de verre dans laquelle on a fait le vide pour éviter sa combustion.

L’éclairage électrique ne produit ni explosion, ni intoxication; il expose peu à l’incendie et n’altère pas la composition de l’air ; il n’offre qu’un danger par la haute tension du courant dans les fils primaires.

Signalons les lampes de Cowper-Hewitt à vapeurs de mercure , utilisées pour l’éclairage des locaux industriels, qui ne donnent pas une lumière saine, en raison des rayons ultra-violets, dont le verre n’arrête que les plus nocifs, et les lampes au néon , surtout utilisées pour l’éclairage des salles de réunion, des devantures de magasin, les enseignes lumineuses, etc.

En somme, l’éclairage électrique est le seul qui soit actuellement hygiénique et économique pour l’usage domestique.

B. — Conditions hygiéniques de l’éclairage artificiel. —

L’éclairage artificiel doit être suffisant, constant et uniforme. Les

L’HABITATION

différentes façon d’utiliser la lumière sont les suivantes :

a) par Yéclairage direct. Toute la lumière est envoyée vers le bas, dans la direction des points ou des plans d’utilisation;

b) par Yéclairage semi-direct. La majeure partie du flux lumineux est dirigée vers le bas, mais une certaine portion de la lumière va vers le plafond, qui la renvoie, en la diffusant;

c) par Yéclairage mixte. Il y a sensiblement autant de lumière envoyée vers le haut que vers le bas : c’est le cas général des enveloppes diffusantes en verre opalin;

d) par Yéclairage semi-indirect. La majeure partie du flux lumineux est dirigée vers le plafond, qui la renvoie en la diffusant, mais une certaine portion de la lumière va vers le bas.

e) Dans Yéclairage indirect , la totalité de la lumière est envoyée vers le plafond, de façon à faire jouer à celui-ci le rôle de source secondaire de grande superficie.

L’éclairage direct est le plus économique, mais il est moins agréable que l’éclairage indirect. Les ombres sont épaisses, la source de lumière non dissimulée à la vue est éblouissante. L’éclairage indirect diffuse la lumière de façon parfaite, mais il est plus onéreux. Il exige des plafonds mats, de couleur très claire. Les dispositifs d’éclairage semidirect et semi-indirect présentent, dans une proportion variable, les avantages et les inconvénients des deux modes d’éclairage précédents. Ils permettent donc de résoudre au mieux tous les problèmes qui se présentent1.

G. — Pathologie de l’éclairage. — Parmi les affections oculaires dues à l’éclairage, il faut d’abord en signaler une récente, Y ophtalmie des artistes de cinéma qui atteint non seulement ces derniers, mais toutes les personnes exposées, dans un studio, aux intensités lumineuses énormes des « Sunlights ». C’est une pliotophtalmie électrique.

Mais dans la vie courante, on observe assez souvent le phénomène de Y éblouissement, caractérisé par une série de désordres étudiés par de nombreux ophtalmologistes. Le progrès scientifique, en permettant l’augmentation sans fin de l’intensité lumineuse, a créé une nouvelle pathologie oculaire, dont il faut se préoccuper. L’homme civilisé est, comme on l’a dit, un homme de plus en plus ébloui par

1. Pour plus de détails et les réalisations de l’éclairage artificiel, voir : A. Renard. Eclairage moderne et Hygiène (Préface du Prof. A. Rochaix), 1 vol. de x-224 pages, Paris, J.-R. Baillière, éditeur, 1933.

CHAUFFA GE

les fortes intensités lumineuses. Il faut le défendre contre ce nouveau danger, en ne dépassant pas une certaine mesure, dans l’intensité de l’éclairage et en lui fournissant une lumière stable et uniforme.

Par contre, l’éclairage insuffisant peut provoquer à la longue de la fatigue oculaire et de la myopie. Cette dernière affection est rarement congénitale. Elle est généralement occasionnée par le travail scolaire. (Voir Hygiène scolaire , p. 151.)

v. — CHAUFFAGE

L’homme dégage la plus grande partie de sa chaleur par radiation. Lorsque la température ambiante s’abaisse, la radiation qui émane du corps augmente, il en résulte une sensation de froid.

Le chauffage a pour but, moins de fournir de la chaleur au corps, que d’empêcher son refroidissement, en maintenant la température ambiante à un degré suffisant. Ce sont surtout les parois qui empruntent à l’organisme une quantité de chaleur d’autant plus grande que leur température est inférieure à celle du corps. Le rôle du chauffage dans l’habitation est donc de fournir aux parois une quantité de chaleur telle que, dans l’échange de rayonnement entre elles et l’organisme, ce dernier ne soit pas incommodé.

1° Matériaux de combustion. — Ils fournissent des quantités très variables de chaleur (calories fournies par la combustion de 1 kg. de substance).

Le bois ne fournit que 2 500 à 3 000 calories, en raison de la vaporisation de la vapeur d’eau, contenue dans le bois, qui absorbe de 20 à 50 p. 100 de la chaleur produite. Le charbon de bois fournit 700 calories, mais dégage beaucoup d’oxyde de carbone.

La houille dégage suivant qu’elle est maigre ou grasse : 7 000 à 8 500 calories; le coke : 7 000 calories; le gaz d'éclairage : 10 000 à 11 000 calories; le pétrole : 10 500 à 11 000; Y alcool : 6 500.

La houille est donc le combustible le moins coûteux et le bois le plus cher.

2° Conditions hygiéniques du chauffage (voir Conditionnement de V air des habitations , p. 342).

3° Viciation de l'air par le chauffage. — Les divers matériaux de combustion dégagent des gaz toxiques : acide carbonique, anhydride sulfureux et surtout oxyde de carbone.

L'HABITATION

a) Dangers de l’oxyde de carbone. — - L’oxyde de carbone est le plus dangereux d’entre eux. Ce gaz, sans odeur, forme avec l’hémoglobine un composé stable, la carboxyhémoglobine, qui empêche les globules rouges d’absorber l’oxygène. Il peut donc entraîner la mort.

De nombreux cas d’intoxication massive ont été signalés : le fait est connu et bien classique. Mais, en 1910, J. Courmont, A. Morel et G. Mouriquand ont démontré la réalité et la fréquence de l’intoxication oxycarbonée fruste, résultant de l’accumulation de doses minimes du toxique dans l’organisme.

Des individus, séjournant d’une façon régulière, pendant dix heures par jour, dans une atmosphère contenant 1/10 000e seulement d’oxyde de carbone, présentent assez rapidement un état anoxhémique dont il est facile de concevoir les effets sur la nutrition générale et en particulier sur les centres nerveux.

Kohn-Abrest a attiré l’attention (1925) sur un certain nombre de ces cas d’intoxication oxycarbonée, qui, en raison des phénomènes gastro-intestinaux observés, ont été confondus avec des intoxications alimentaires.

En 1930, Naville et Soutter ont observé quatre cas mortels d’intoxication par l’oxyde de carbone, propuits au cours du chauffage, sur des réchauds à gaz, de gros récipients d’une cinquantaine de litres, servant à la cuisson de la lessive. L’oxyde de carbone paraît se former par un processus complexe, conditionné essentiellement par le faible espace qui sépaie le brûleur du fond du récipient et par le diamètre excessif de celui-ci. Combien d’intoxications frustes méconnues ont pu se produire dans ces conditions!

Rien n’est plus sournois que ces intoxications oxy carbonées frustes. On devra donc se méfier d’une façon particulière de ce gaz.

Fig. 56. — Appareil de Lévy et Pécoul. Recherche de l’oxyde de carbone dans l’air.

b) Détection de l’oxyde de carbone dans l’air. — De très nombreux procédés ont été proposés. Voici les principaux :

1° N itrate d' ar gent ammoniacal. ■ — Le mélange d’air et d oxyde de carbone dans

la proportion de - de GO noircit le nitrate d argent ammoniacal (reactif

de Berthelot). Mais, si l’air renferme d’autres gaz (SO2, H2S, C2H4, CH4), la réaction peut être positive. Ce n’est donc pas un réactif spécifique de l’oxyde

CHAUFFAGE

de carbone. Si l’on veut l’utiliser, il faut débarrasser l’air de toutes ses impuretés gazeuses, sauf l’oxyde de carbone, par lavage préalable sur la potasse,

Fig. 57. — - Appareil de Nicloux pour le dosage de l’oxyde de carbone par la méthode au sang. — F, flacon contenant le gaz dépouillé d’oxygène et B, son tube à brome. — R, robinet du tube à brome. — R’, tube de sortie du gaz. — t, tube d’arrivée du gaz dans le tube de Winkler. — T, tube de Winkler modifié avec sa cuve — c. S, spectroscope. — L, lampe.

l’acide sulfurique fumant, puis la potasse et l’on fait passer l’air ainsi purifié dans un tube à essai ou il barbote dans le réactif.

Le carboxymètre Fontaine utilise ce même réactif.

2° Appareil de Lévy et Pecoul (fig. 56). — Basé sur la libération de l’iode, de l’acide iodique (03H), par l’oxyde de carbone. On apprécie la teneur de l’air en GO par la teinte que donne la dissolution de l’iode dans le chloroforme.

On peut constater que ce solvant se colore en rose faible pour - — d’oxyde

L’HABITATION

de carbone, en rose foncé pour - et en rouge foncé pour - . Mais ces

chiffres ne sont exacts que si l’air a été purifié, comme dans le cas du réactif précédent, et, de plus, desséché (l’air humide liquéfie l’acide iodique et le transforme en pâte, d’où mauvais contact avec l’air suspect). L’acide iodique doit être lavé au préalable pour en éliminer l’iode libre. L’acide iodique peut se décomposer sous l’action de poussières organiques, comme le liège, etc. (le conserver en tubes scellés jusqu’au moment de l’emploi). Assurer la constance de la réaction (+ 60°) par un régulateur de température.

Sous la réserve de ces précautions, ce procédé est recommandable. 3° Chlorure de palladium. — Gomme dans les cas précédents, le chlorure de palladium n’est spécifique de l’oxyde de carbone que si l’air a été débarrassé

des autres gaz sur lesquels agit ce réactif. D’après Heim de Balzac et Dagand,

la sensibilité des solutions aqueuses atteint - .. Le papier réactif ne décèle

que au moins d’oxyde de carbone dans l’air.

Il en est de même du procédé au chlorure de palladium et chlorure d’or de Thénard et Legendre.

4° Procédé à l’hémoglobine. — C’est le procédé de choix. La purification préalable de l’air est inutile, car on recherche au spectroscope si l’hémoglobine, ayant subi l’action de l’air supposé contenir de l’oxyde de carbone, présente la raie caractéristique de l’hémoglobine oxycarbonée. Le réactif est excellent, à la condition d’employer de l’hémoglobine fraîche et véritable

ou du sang. La sensibilité de la réaction atteint - .

Pour son utilisation, on se servira avec avantage de 1 ’oxycarboscope de Heim de Balzac et Hébert, qui est peu encombrant, d’un maniement très simple et ne comportant que des opérations rapides et peu délicates.

Mais, pour déceler de très petites quantités, on se servira de la méthode d’Ogier et Kohn-Abrest, perfectionnée par Florentin et Yandenberghe, puis par Nicloux, qui permet de déceler jusqu’à 1/100 000° d’oxyde de carbone dans l’air. On trouvera figure 57 l’appareil de Nicloux1.

d° Chauffage local . — a) Il se fait par les cheminées ou les

poêles -cheminées. Elles se composent d’un foyer ouvert, formé d’une cavité, où se place le combustible, adossées aux murs ou creusées dans leur épaisseur et au-dessus de laquelle s’élève un tuyau qui monte verticalement, autant que possible pour déboucher à l’extérieur. Le foyer émet surtout de la chaleur rayonnante. Ce mode de chauffage est très hygiénique, d’autant plus même que les

1. Voir M. Nicloux. L’oxyde de carbone et l’intoxication oxycarbonique, 1 vol. de 254 pages, Paris, Masson, éditeur, 1925.

CHAUFFA GE

cheminées sont un agent très actif de ventilation; les gaz qui résultent de la combustion, plus légers que l’air en raison de leur température, s’élèvent rapidement et provoquent un appel d’air pur, qui pénètre par tous les maljoints des portes, des fenêtres, etc.

Le plus grave inconvénient des cheminées provient de la perte de calorique. Avec un foyer ouvert, il ne pénètre dans la pièce que le quart environ de la chaleur rayonnée, fournie par le combustible. Or, le rendement en chaleur rayonnée ne représente lui-même que la moitié de la chaleur totale dégagée par la houille ou le coke et le quart seulement de celle dégagée par le bois. On voit donc qu’une cheminée n’utilise pour réchauffement du local que l/8e de la chaleur totale, lorsqu’elle brûle de la houille ou du coke, et seulement 1/16 lorsqu’elle brûle du bois.

Les « cheminées prussiennes » fournissent un meilleur rendement calorique, car au lieu d’être en partie comprises dans la muraille, elles font entièrement saillie dans la pièce et donnent de la chaleur à la fois par le rayonnement lumineux et par le rayonnement sombre de leurs parois, ainsi qu’une partie de la hauteur du tuyau de fumée.

D’autre part, le chauffage n’est pas régulier, il n’est pas réparti également dans toute la pièce. L’appel d’air, par les joints des portes et des fenêtres, provoque des courants d’air glacial, en lames ou en nappes, au niveau du sol, sur les pieds.

Dans les cheminées ventilatrices , on utilise la chaleur, qui est fournie par le rayonnement sombre des parois de l’âtre et généralement d’une étendue plus ou moins grande du tuyau de fumée. L’air extérieur est amené par une conduite dans une gaine qui forme manchon autour du foyer et du tuyau de fumée. De cette chambre de chauffage il s’écoule dans la pièce au moyen de bouches de chaleur ouvertes, soit près du plafond (cheminée Douglas-Galton), soit sous la tablette de la cheminée (appareil Joly), soit des deux côtés de la cheminée (appareil Fondet). Ces appareils introduisent dans la pièce un air très chaud qui s’élève d’abord au plafond et redescend ensuite. Les habitants du local ne respirent qu’un airs urchauffé, altéré par la combustion des poussières de l’air, au contactde s surfaces de chauffe.

b) Poêles. — - La combustion se fait dans un foyer clos. La fumée s’échappe par un tuyau qui parcourt une étendue, plus ou moins grande, de la chambre.

Les poêles à combustion vive ont deux caractères : la faible charge de charbon et par suite le rechargement répété; le passage direct des

ROCHAIX.

L'HABITATION

gaz de combustion à travers la masse de charbon vers la cheminée d’évacuation.

Les poêles de métal ont un rendement calorique qui atteint jusqu’à 75 p. 100 et même plus, du combustible brûlé. Mais leurs inconvénients sont les suivants : ils se refroidissent vite, ils altèrent l’air intérieur en le surchauffant, en le desséchant, en laissant passer l’oxyde de carbone à travers la fonte portée au rouge; enfin, par suite d’un tirage insuffisant et fermeture de la clé, ils peuvent déverser dans le local des gaz toxiques et produire des accidents d’asphyxie.

Les poêles de faïence donnent moins de chaleur que les poêles en fonte, mais ont l’avantage de garder le calorique plus longtemps. Ne surchauffant pas l’air à leur contact, ils fournissent une chaleur plus douce et plus agréable : ils sont plus salubres. Leur construction est coûteuse, ils sont encombrants et exigent beaucoup de combustible. Ils sont surtout utilisés dans les pays du Nord.

Les poêles à combustion lente (poêles américains, poêles mobiles, poêles irlandais, tortues) sont très répandus, malgré leurs inconvénients très graves. Leur défaut capital est que, par suite de l’insuffisance de l’entrée de l’air, le tirage est tellement réduit qu’au lieu des 9 mètres cubes d’air, nécessaires pour transformer en acide carbonique le carbone d’un kilogramme de coke, on n’en fait passer que 4 mètres cubes. Il en résulte la production Tune grande quantité d’oxyde de carbone. Malgré les dangers de ces appareils, le public, séduit par l’attrait de l’économie, leur accorde encore toutes ses faveurs. Aussi, l’Académie de Médecine a-t-elle formulé des instructions relatives à leur usage ; il ne faut pas les employer dans les chambres à coucher, ni dans celles où l’on séjourne toute la journée. La cheminée doit avoir un tirage suffisant et on contrôlera si le tirage se fait bien et s’il n’y a pas de refoulement, par les oscillations d’une valve placée dans la plaque.

c) Chauffage au gaz. — Propreté et commodité; ni cendres, ni suie, ni fumée. L’appareil est mis en train immédiatement, sans préparation. Le feu atteint rapidement son maximum d’effet. Mais l’emploi du gaz, par suite des fuites, toujours possibles, expose aux dangers de l’explosion et aussi de l’intoxication par l’oxyde de carbone, qui s’y trouve en quantité considérable.

Au point de vue économique, le gaz est inférieur au charbon (1 m3 de gaz, au prix de 1 fr. 00, ne donne que 5 à 6 000 calories ;

CHAUFFA GE

1 kgr. de charbon, au prix de 0 fr. 60, donne 7 à 8 000 calories). Ce chauffage peut rendre des services quand il s’agit d’élever rapidement la température de certaines pièces et pour peu de temps (cabinets de toilette, etc.).

Il existe deux sortes d’appareils pour le chauffage au gaz : les uns chauffent uniquement par convection, c’est-à-dire par échauffement des couches d’air qui viennent successivement au contact des parois métalliques, portées à haute température; les autres ont recours en même temps au rayonnement.

d) Chauffage électrique. — Assez répandu en Angleterre, en Amérique et en Allemagne,- commence en France.

Lorsqu’un courant électrique passe par un fil, il rencontre une résistance qui a pour effet de transformer en chaleur une partie de l’intensité électrique. Le fil, sous l’action de cette chaleur, entre en incandescence, qui, si elle se faisait au contact de l’air, l’oxyderait et le détruirait rapidement (c’est pourquoi on fait le vide dans les lampes électriques à incandescence). Aussi, pour le chauffage, faut-il utiliser un métal peu oxydable (ferro-nickel, platine ou maillechort) et, d’autre part, un corps isolant (émail de composition spéciale) pour le mettre à l’abri de l’air. Ainsi enrobé, le fil est adapté et fixé intimement à une plaque métallique (fonte) qui reçoit et transmet la chaleur produite.

Les appareils de Guise (plaques murales, radiateurs, chaufferettes, etc.), les appareils Parvillée (mélange intime de poussières très fines de métaux et de poussières céramiques, comprimé ayant une résistance spécifique considérable : 1 kg. de cette matière absorbe assez d’électricité pour produire en une heure 14 000 calories), les appareils Leroy (barres d’une composition de silicium) donnent des résultats excellents.

Le chauffage par l’électricité est l’idéal : le rendement atteint 98 p. 100; propreté parfaite; aucune altération de l’atmosphère, etc., malheureusement, il est trop coûteux.

4° Chauffage central . — Dans le chauffage central, le foyer de* combustion est éloigné des pièces à chauffer. Le transport du calorique s’effectue par l’intermédiaire d’un gaz (air ou vapeur d’eau) ou d’un liquide (eau), dont on a élevé la température.

Le chauffage central entretient une température égale dans toutes les parties de l’habitation. Il réalise une notable économie de coin-

L'HABITATION

bustible; ii fonctionne sans répandre dans les pièces ni fumée, ni cendres, ni poussières de combustion; les risques d’incendie sont diminués.

a) Chauffage central par l’air chaud. — L’air est chauffé au contact du foyer de combustion ou au contact d’une surface de chauffe (eau ou vapeur), indépendante du foyer. L’air est ensuite emporté dans les conduites qui se distribuent dans les différentes pièces. Le chauffage à l’air chaud est de moins en moins utilisé.

b) Chauffage central par l’eau chaude. — L’eau est un excellent véhicule de la chaleur (à 100° : 100 calories par kg.).

Système à basse pression. — Ce système (fig. 58) se compose

d’une chaudière (C), située en bas, d’une conduite ascendante (A) qui en part et va déboucher dans un vase d’expansion (V), qui de son côté se déverse dans une conduite de retour (B) qui redescend à la chaudière, en alimentant, chemin faisant, les surfaces de chauffe (R) placées dans les

Fig. 58. — Chauffage par l’eau appartements.

chaude à basse pression. L’eau remplit toutes les conduites;

son mouvement de circulation est déterminé par la différence de densité qui existe entre l’eau chauffée et l’eau qui se refroidit. Mais la différence entre l’eau qui monte et celle qui redescend étant peu prononcée, cette circulation est très lente.

Ce système nécessite un volume d’eau considérable, des conduites de gros calibres, par conséquent encombrantes. L’échauffement est lent. Mais ce système présente néanmoins de grands avantages par la douceur, l’économie et la régularité du chauffage.

Système à pression élevée. — Le réservoir d’expansion, au lieu d’être librement ouvert à l’atmosphère est fermé. L’eau, en se dilatant, comprime l’air qu’il renferme d’autant plus que sa température continue à monter. On peut arriver ainsi à une pression atteignant 20 atmosphères et à une température de 150 degrés* à 180 degrés, avec une quantité d’eau moindre et un faible calibre des tuyaux. Ce système exige des appareils d’une solidité à toute épreuve. Il a donné lieu à des explosions et à des accidents graves. On doit pour cette raison le condamner.

CHAUFFA GE

Système à moyenne pression. — Les moyennes pressions (6 à 8 atmosphères) nécessitent des tuyaux dont le calibre intérieur ne dépasse guère 15 millimètres et permettent à l’eau d’arriver à 100 et 150 degrés. Le système Perkins est très en vogue en Angleterre.

C [ Chaudière

Fig. 59. — Chauffage à la vapeur.

c) Chauffage par la vapeur. — La vapeur d’eau est le meilleur agent de transmission du calorique : tandis que 1 kilogramme d’air porté à 100 degrés ne renferme que 24 calories et 1 kilogramme d’eau, 100 calories, 1 kilogramme de vapeur représente 500 calories. C’est aussi le plus économique car il suffit de 1 kilogramme de houille (soit 0 fr. 60) pour produire 7 à 8 kilogrammes de vapeur. Enfin, la vapeur circulant plus vite que l’eau, à faible pression, il suffit d’avoir recours à des conduites de petit calibre, ce qui diminue l’encombrement et les pertes.

On peut schématiser ainsi l’installation du chauffage par la vapeur (fig. 59) : une chaudière (C) d’où part un tube ascendant (A), aboutissant à un radiateur (R) dans lequel la vapeur se condense (y abandonnant ses calories) et un tube de retour (S), amenant à la chaudière l’eau de condensation. Ce tube de retour communique, en un point de son parcours, avec l’atmosphère, soit pour permettre à l’air des conduites de s’échapper à l’arrivée de la vapeur, soit pour laisser l’air du dehors revenir, quand le chauffage est suspendu.

On peut utiliser la vapeur à haute et à basse pression. Lorsqu’il s’agit de chauffer un groupe de bâtiments, séparés les uns des autres (pavillons d’hôpital, usines) avec un appareil de chauffage unique, il est nécessaire de donner à la vapeur une pression suffisante (2 à 5 atmosphères) pour lui faire parcourir des distances assez grandes (500 et 600 m.).

Dans les appareils à haute pression, il faut une très longue canalisation; il y a une déperdition de calorique assez grande (20 p. 100); les explosions sont toujours à redouter.

Dans le chauffage à basse pression (maison particulière), on évite ces inconvénients. Système économique, car la consommation de charbon est proportionnelle à la quantité de vapeur condensée et elle est minime; seule l’installation est coûteuse.

L’HABITATION

Le chauffage central est très supérieur, au point de vue hygiénique, au chauffage local. On devra donner la préférence aux systèmes à eau chaude et à vapeur à basse pression.

Il ne faudra pas oublier que la ventilation est le corollaire obligé du chauffage par les radiateurs, à vapeur ou à eau. Ces appareils n’altèrent pas la pureté de l’air, mais ce ne sont pas des agents de ventilation; comme ils n’exigent pas l’ouverture des fenêtres pour leur fonctionnement, l’air prend les caractères connus de l’air confiné. Aussi est-il nécessaire d’associer à ces modes de chauffage une ventilation permanente. En plaçant les radiateurs sous les fenêtres, on fait des appels d’air, et celui-ci se réchauffe avant de se diffuser dans la pièce.

Page 1