U AIR DES HABITATIONS
individuel conditionné par d’innombrables facteurs vasculaires et nerveux, d’ordre sympathique et psychique, ce qu’on appelle une température « confortable » ou « température d’égal confort » dépend de la température « sèche », celle que montre le thermomètre, de l’humidité de l’air, de sa vitesse et de la température des parois de la pièce.
Une atmosphère à + 25 degrés, saturée de vapeur d’eau, est aussi chaude qu’une atmosphère de + 33 degrés, mais ne présentant que 20 p. 100 seulement d’humidité. Par contre, la même atmosphère à + 25 degrés, saturée d’humidité mais animée d’un vent de 3 mètres à la seconde est aussi rafraîchissante qu’une atmosphère à 20 degrés, saturée d’humidité, mais immobile. De plus, dans une pièce où l’air est à -f- 40 degrés, mais les parois à + 13 degrés, on éprouve une sensation de froid. Par contre quand l’air est à ■ — 3 degrés, mais les parois à -f- 28 degrés, on éprouve une sensation agréable de confort. Si les murs d’une pièce sont très froids, on peut porter la température de l’air à un haut degré, on n’aura jamais chaud. Le chauffage rationnel doit donc consister à chauffer les murs, pendant qu’on maintiendra l’atmosphère du local à une température relativement basse. On a ainsi établi des diagrammes où se situent des « zones de plus grand confort ».
Mais une autre notion sur laquelle Missenard a insisté ces derniers temps, est le danger que constitue la constance rigoureuse de la température des locaux. Les progrès de la technique permettent de l’obtenir actuellement avec une grande précision. Or l’organisme s’habitue à cette constance. Il perd sa capacité d’adaptation aux variations thermiques. Aussi, l’homme moderne devient de plus en plus sensible au froid. Dans les pays où le chauffage central est généralisé, les pneumonies et les congestions pulmonaires atteignent le chiffre maximum. Il est donc nécessaire de faire varier la température pour assurer l’entraînement de la thermo-régulation.
Quoi qu’il en soit, de façon générale, dans les pays tempérés, on peut admettre pratiquement qu’en hiver, la température, pour les individus sains, ne dépassera pas + 10 degrés à + 19 degrés. Le degré hygrométrique sera maintenu à 50 p. 100 environ. La vitesse de l’air sera inférieure à 0 m. 50 par seconde. De plus l’air sera renouvelé et pur, débarrassé de germes et de poussières, exempt de gaz nocifs et de mauvaises odeurs.
2° Le conditionnement de l’air. — Gomment réaliser pratiquement la synthèse de tous ces éléments du confort, autrement
L'HABITATION
dit, le conditionnement de l’air? Cette réalisation est complexe et nous ne pouvons entrer dans le détail d’une installation. Mais nous pouvons en indiquer les différents éléments :
a) Appareil d'épuration : filtrage de l’air et ozoniflcation (pour le désodoriser et le purifier) ;
b) Système de conditionnement physique : chauffage (par batterie de chauffe) ou rafraîchissement (batterie où l’on fait passer un courant d’eau de la ville ou en utilisant une machine frigorifique); humidification (barbottage ou simplement passage de l’air sur une nappe d’eau) ou déshumidification (gel de silice, etc.) ;
c) Système de distribution (différent suivant que l’on emploie uniquement l’air extérieur ou que l’on récupère une partie de l’air employé). En général, l’air est renouvelé à raison de 20 mètres cubes par heure et par habitant. Il comporte des ventilateurs, des conduites d’air épuré, des conduites d’air vicié, des orifices de distribution.
d) Appareils de réglage et de contrôle. — Ce sont les thermostats et les humidistats. Le réglage en sera assuré soit de façon automatique, soit à la volonté des occupants. On donnera la préférence au réglage automatique dans les locaux collectifs.
La climatisation peut être réalisée soit par un bloc conditionneur central soit par petits groupes conditionneurs. C’est ce dernier procédé qu’on adopte de plus en plus fréquemment, car il rend possible la climatisation des petits locaux et on peut l’adapter aux locaux anciens.
On est allé plus loin et l’on a cherché à réaliser de véritables cures climatiques à domicile, en ajoutant aux éléments habituels du conditionnement : l’ozone, l’insolation (artificielle) et l’ionisation de l’air (dispositif du président Moscisky, de Pologne).
Le conditionnement de l’air des habitations et la lutte contre les impuretés de l’atmosphère des agglomérations urbaines permettront à l’homme moderne de conserver et d’améliorer considérablement sa santé.