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CHAPITRE XX

LES ORDURES MÉNAGÈRES

Les ordures ménagères ou gadoues sont les résidus solides de la vie domestique : résidus de cuisine, cendres des fourneaux, débris divers (chiffons, papiers, ustensiles hors d’usage), etc., à l’exclusion des déchets de l’industrie et du bâtiment, ainsi que les cendres provenanx des foyers industriels. On y ajoute parfois le produit du balayage des rues.

1 0 Quantité. — Elle est très variable d’un jour à l’autre dans les villes. On constate, par exemple, que le lundi matin, le tonnage, présenté à la collecte, est le plus faible de la semaine et que le mardi est le jour le plus chargé. La quantité varie aussi suivant la saison, sous l’influence des déplacements estivaux, du chauffage des eaux pendant l’hiver. La moyenne hebdomadaire peut varier du simple au double. On peut estimer cependant que le tonnage annuel est rarement inférieur à 170 kilogrammes par habitant ou supérieur à 300 kilogrammes, non compris les balayures et produits d’ébouage des chaussées.

2° Composition. — Elle est également éminemment variable, suivant le lieu et la saison. Dans une même ville, elle est hétérogène.

Les matières inorganiques sont constituées par les cendres, mâchefers, fragments non brûlés de charbon et de coke, objets ou fragments d’objets ou poussières de pierre naturelle ou artificielle, de porcelaine, de verre, de métaux de toute nature.

Les matières organiques sont des substances cellulosiques relativement stables, telles que bois, cartons, papiers, paille, etc., des substances végétales facilement fermentescibles (épluchures de fruits, de légumes, etc.) ou animales (déchets de viandes, poissons, cuirs et peaux, poils, tissus de laine, etc.).

Les ordures ménagères renferment, en outre, une certaine quantité d’eau, variable suivant surtout les conditions météorologiques de la localité.

rochaix. — Précis d'hygiène.

354 LES ORDURES MÉNAGÈRES

Voici, à titre d’exemple, les proportions des diverses substances, à Paris :

Matières végétales et putrescibles . 28,2 p. 100

Papiers . 18,1 —

Métaux . 2,1 —

Chiffons . 2,4 —

Verre . 1,8 —

Os . 0,6 —

Déchets divers :

Combustibles . 2,1 —

Incombustibles . 2,5 —

Les matières végétales et putrescibles augmentent pendant la belle saison ; en même temps les cendres et les escarbilles diminuent. Des variations considérables sont observées aussi d’un pays ou d’une localité à l’autre suivant le genre de vie des habitants, le mode de chauffage et le régime alimentaire. On constate enfin une évolution qui tend progressivement à réduire la quantité des cendres et escarbilles (cuisine au gaz ou à l’électricité, chauffage central) et à augmenter les quantités de papier (journaux, livres) et de matières putrescibles (meilleure alimentation, consommation de primeurs et de fruits exotiques).

Une étude locale, portant sur une année au minimum, au point de vue de la quantité et de la composition des ordures ménagères est toujours indispensable, pour établir un projet d’enlèvement et de destruction ou d’utilisation des ordures ménagères.

3° Nocivité . — Les ordures ménagères sont d’abord assez facilement inflammables , en général, par suite de la présence de papiers, de paille, etc. Elles peuvent même s’enflammer par combustion spontanée lorsqu’elles sont mises en tas sans précaution, avec production de fumées particulièrement malodorantes.

Elles sont putrescibles et leur fermentation, lorsqu’elle n’est pas méthodiquement dirigée, donne naissance à des gaz ou à des liquides nauséabonds.

Elles ont une valeur alimentaire , avant qu’elles ne fermentent. Elles constituent la nourriture principale des rats, pendant la nuit, dans les villes, et, les soustraire à ces rongeurs, constitue un point essentiel de la lutte défensive contre ces propagateurs de peste (voir Dératisation).

Les tas d’ordures ménagères constituent des pôles d’attraction pour les mouches , les insectes.

Les papiers, poussières peuvent être dispersés par le vent.

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