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MANIPULATION ET DESTRUCTION PRIVÉES

Elles peuvent enfin véhiculer les germes pathogènes les plus divers, provenant de chambres de malades, dont certains peuvent être résistants au milieu extérieur (squames de scarlatine, croûtes de variole, fragments de fausses membranes diphtériques, etc.).

4° Manipulation et destruction privées des ordures ménagères . — Dans chaque ménage, les ordures ménagères de toutes catégories doivent être recueillies dans une boîte métallique étanche, en tôle galvanisée, d’un nettoyage facile et munie d’un couvercle qui empêche l’accès des mouches. On prendra des précautions particulièrement minutieuses, à ce point de vue, s’il existe des malades dans l’appartement.

Un point sur lequel nous devons attirer l’attention est celui de la destruction sur place à l’intérieur des immeubles. Une ménagère soigneuse peut détruire une partie des déchets du ménage en les brûlant elle-même dans son fourneau. C’est une pratique, généralement suivie, chaque fois que l’enlèvement des ordures donne lieu à l’application d’une taxe proportionnelle au cube enlevé (ex. : Vienne). Elle simplifie dans une proportion considérable les opérations d’enlèvement et de transport du service municipal, en réduisant le cube à enlever, et en présentant sous forme de cendres, des matières dont la manipulation, sous leur forme ordinaire, serait moins facile.

On a équipé certains immeubles avec des conduits de descente qui amènent les ordures ménagères dans un petit four d’incinération. Cette méthode évite toute manutention d’ordures, mais elle favorise la multiplication des foyers qui ne peuvent que difficilement être munis de dispositifs aussi efficaces et être aussi rationnellement conduits que des foyers industriels. Son adoption qui a pour conséquence une augmentation de la pollution de l’atmosphère est donc généralement indésirable. Ces installations constituent d’ailleurs, au regard de la loi, des établissements classés (voir p. 449) et une autorisation administrative devra toujours être demandée.

5° Collecte des ordures ménagères . — Les ordures ménagères des maisons sont recueillies dans des boîtes, placées le matin par le concierge de l’immeuble sur le trottoir pour être vidées ou enlevées par des voitures.

A Paris, l’arrêté de 1884 du préfet Poubelle a imposé aux concierges de déposer, au moment où ils ouvrent la porte cochère de la maison, un récipient

LES ORDURES MÉNAGÈRES

en tôle galvanisée portant le nom de la rue et le numéro de l’immeuble. A Lyon, un arrêté du maire en date du 27 octobre 1910 a obligé les propriétaires à posséder des poubelles d’un modèle uniforme avec couvercle, mettant la gadoue à l’abri du vent, des chiens et des chiffonniers. Dans la plupart des villes françaises, le règlement municipal exige actuellement l’emploi de récipients analogues et fermés.

Malheureusement, il règne une telle négligence, que les couvercles ne sont pas rabattus, ou les boîtes débordent en les soulevant. D’autre parties manipulations brutales, auxquelles elles sont soumises, les détonnent de telle manière que la fermeture hermétique devient illusoire.

L. Mazerolle a proposé un modèle de boîtes agencées de telle façon qu’il faut commencer par fermer le couvercle pour pouvoir déplacer le récipient. Cette fermeture obligatoire constitue un avantage incontestable du système.

L 'heure de la collecte des ordures ménagères est déterm inée habituellement par de vieilles habitudes locales. Ordinairement, c’est le matin qu’elle s’effectue. En se plaçant au point de vue de l’hygiène, c’est incontestablement la nuit qu’elle doit être pratiquée. C’est généralement la nuit que la circulation est la plus faible, que les boutiques sont fermées et que les opérations de chargement de tombereaux, avec l’envol inévitable de poussières, présente le moins d’inconvénients. Pourquoi, d’autre part, laisser séjourner toute la nuit dans le couloir des maisons ou dans les cours intérieures, des poubelles, débordant d’ordures, où les rats, tout à loisir, viennent puiser une abondante nourriture.

En vue de faciliter le traitement des ordures, on a cherché, dans certaines villes, à séparer les unes des autres les parties fermentescibles, d’une part, les cendres, et les déchets divers, d’autre part; mais il est évident qu’une telle séparation, pour porter tous ses fruits, doit être générale dans toute la ville. Or, elle est très difficile à assurer pratiquement dans les immeubles à nombreux locataires et à logements exigus. Elle ne pourra être pratiquée en France qu’assez rarement.

Le chiffonnage (triage dans les poubelles de tout ce qui possède une valeur marchande '. linge, papiers, étoffes, pain, métaux, etc.), dispersant une partie des ordures ménagères sur la voie publique, a de multiples inconvénients et devrait être interdit. Mais il est extrêmement difficile, en pratique, de procéder à cette interdiction car, dans bien des villes, le syndicat des chiffonniers exerce un droit qui

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