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ÉVACUATION, DESTRUCTION

de l’anier chargée à la Telle et le tombereau ouvert, avec hausses mobiles, de son successeur le rondier. Ce procédé doit être condamné, car il est une cause de souillure de la rue et de dissémination de poussières bacillifères. Il est cependant encore en usage dans nombre de villes de France.

Depuis quelques années, grâce aux exemples venus de l’étranger, d’Allemagne et de Suisse en particulier, les grandes cités françaises adoptent peu à peu des modèles de voitures hygiéniques, à traction

Fig. 64. — - Même benne à ordures ménagères que dans la figure 63.

automobile. Ces voitures, fermées, permettent l’enlèvement des ordures ménagères avec le minimum de projection de poussières et le transport se fait avec le maximum de célérité. On trouvera dans les figures ci-jointes (fig. 60 à 64), des modèles de voitures hygiéniques, en usage à Paris et à Nancy.

7° Évacuation f destruction et utilisation des ordures ménagères . — a) Chiffonnage. — Nous avons déjà signalé (p. 356) le danger du privilège des chiffonniers qui dispersent, sur la voie publique, une partie du contenu des poubelles. En outre, les matériaux, ainsi triés par les chiffonniers, sont employés, sans stérilisation, et peuvent constituer un danger au point de vue industriel.

b) Évacuation par jet au torrent ou à la mer. — L’évacuation par jet au torrent ou rivière à courant rapide, est à rejeter for-

LES ORDURES MÉNAGÈRES

mellement. Le jet s’effectue le plus souvent de la berge où une partie des ordures se trouve retenue et entre en fermentation. Ces parties lourdes encombrent le lit du cours d’eau et y constitue une gêne pour l’écoulement des eaux. Les parties les plus légères viennent s’échouer à l’aval sur les berges où elles entrent à leur tour en décomposition. La teneur en oxygène de l’eau se trouve abaissée, souvent au-dessous de la teneur minimum nécessaire à la vie des poissons.

Le rejet à la mer ne présente pas d’inconvénients en principe, mais il est nécessaire que le régime des vents et des courants marins soit tel que les ordures ménagères ne puissent être rejetées sur la côte. D’autre part, le matériel de navigation nécessaire au transport des ordures est assez coûteux; son exploitation entraîne des dépenses notables et des retards fâcheux, dans l’évacuation, peuvent se produire par suite de mauvais temps.

c ) Décharges brutes. — L’envoi aux décharges publiques et leur utilisation, pour combler les excavations du sol, pratiquées dans beaucoup de villes, présentent des dangers, en raison des odeurs qui peuvent se dégager, des risques de contamination des nappes aquifères et même des risques d’incendie, les couches superficielles desséchées par le soleil étant facilement inflammables, parfois même spontanément. Ces dépôts doivent être interdits.

d) Décharges contrôlées. — La mise en décharge contrôlée des ordures ménagères est un procédé qui, contrairement à la décharge lente, est recommandable, à condition de prendre certaines précautions. Il sera nécessaire de tenir compte des considérations de voisinage (bien qu’on puisse établir des décharges contrôlées en pleine ville, sans inconvénients), de procéder à une enquête géologique pour s’assurer que les eaux d’infiltration ne pourront rejoindre une nappe utilisée pour l’alimentation qu’après un parcours suffisant dans un sol de nature à effectuer une filtration convenable.

On observera strictement les règles suivantes (établies par le Conseil supérieur d’ Hygiène de France) : 1° les ordures seront mises en décharge par couches d’épaisseur modérée (1 m. 50 à 2 m. 50 environ), une nouvelle couche n’étant déposée que lorsque la température de la couche précédente s’est abaissée à la température du sol naturel; 2° les couches seront exactement nivelées et limitées, par des talus réglés et suffisamment inclinés, pour que les ordures ne soient pas remises à jour parles pluies; 3° le dépôt sera aussi compact que possible, ne comportera [pas de vides, en particulier de vides formant cheminées. Il faut briser les bouteilles, écraser les boîtes, remplir les

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