UTILISATION
récipients ou bien opérer un tassement mécanique au moyen d’un tracteur à chenilles; 4° le dépôt (y compris les talus) doit être en principe, le jour même et, au plus tard, dans un délai de soixante-douze heures, recouvert de terre ou de matériaux convenables (sable, chaux, etc.), d’une épaisseur suffisante, appelée « couverture », qui aura 10 à 30 centimètres d’épaisseur, suivant la cohésion des matériaux employés et le soin apporté à leur tassement.
L’expérience montre que ces règles permettent d’éviter complètement les inconvénients et les dangers des décharges brutes. Au bout de quelques mois, toutes les matières organiques sont transformées en une sorte de terreau, qui peut être repris et utilisé comme engrais. La meilleure utilisation reste l’aménagement de la décharge en terrain de culture ou en espace libre (jardin public ou terrain de sport).
Un dépôt d’ordures, quel qu’il soit, étant un « établissement classé » de première catégorie (voir p. 449), une autorisation administrative est nécessaire.
e) Utilisation agricole. — De tous temps, les gadoues ont servi d’engrais. Gomme le fumier de ferme, elles renferment des composés chimiques accélérant la croissance des plantes. On trouve dans les gadoues moyennes :
Azote total : 0,45 à 0,65 p. 100.
Acide phosphorique : 0,35 à 0,70 p. 100.
Potasse : 0,25 à 0,45 p. 100.
On y rencontre également des matières minérales inertes, notamment des cendres, dans une proportion pouvant aller jusqu’à 35 p. 100, suivant la provenance et la saison. Le surplus est, en majeure partie de l’eau (humidité 25 à 50 p. 100).
Les ordures ménagères sont donc précieuses comme élément de formation d’humus et d’amendement pour les terres lourdes. Elles facilitent l’aération du sol et le développement des bactéries nitrifiantes.
Possible dans les petites agglomérations, les pays de grande culture, l’utilisation se faisant presque sur place, elle devient beaucoup plus compliquée, quand il s’agit d’un grand centre. Le transport des ordures jusqu’aux champs devra être assuré par des voitures fermées ou bâchées. On imposera l’enfouissement des ordures, le plus tôt possible, par un labour profond. S’il est nécessaire de les entreposer provisoirement, les tas seront établis, loin des habitations et recouverts d’une couche de terre d’au moins 10 centimètres ou d’une couche de chaux.
LES ORDURES MÉNAGÈRES
f) Transformation industrielle en engrais. — On peut, en réglant la fermentation des ordures ménagères dans des usines appropriées, les transformer en engrais. Mais les essais qui ont été réalisés n’ont pu être continués. Cet engrais est exposé à la mévente, car la production est continue alors que les besoins des agriculteurs ne se présentent qu’à certaines époques de l’année. La transformation industrielle des ordures en engrais nécessite l’établissement de vastes silos pour permettre l’achèvement de la fermentation et servir de volant pour les raisons que nous venons d’indiquer. L’existence de ces silos n’est pas sans inconvénients graves pour le voisinage.
g) Digestion des ordures ménagères. — On a essayé d’assurer la fermentation des ordures ménagères, ou, tout au moins, de la partie organique de ces ordures, dans des cellules fermées ou fosses dites de « digestion », en combinaison avec les boues de décantation provenant de l’effluent des réseaux d’égout. Ces boues digérées peuvent être utilisées en agriculture, tandis que les gaz recueillis, composés, en majeure partie, de méthane, et, en conséquence, doués d’un pouvoir calorifique élevé, servent de comburants, soit sur la station elle-même, soit pour tous autres usages.
h) Incinération. — C’est d’Angleterre que nous sont venus les moyens de se débarrasser par incinération des ordures ménagères, ces dernières étant, dans ce pays, très riches en escarbilles qui les rendent facilement auto-combustibles. Mais, en utilisant des fours appropriés, les ordures ménagères, telles qu’on les recueille d’ordinaire en France, sont susceptibles de brûler, sans addition d’un combustible d’appoint.
La destruction par le feu n’est pas complète et laisse un résidu de mâchefer assez abondant (couramment 35 p. 100), qui renferme une certaine proportion d’imbrûlés. Ces résidus doivent être euxmêmes évacués ou utilisés, mais ils sont stérilisés par les hautes températures atteintes lors de la combustion. Ce procédé offre donc de sérieuses garanties, au point de vue de l’hygiène.
Mais l’établissement des usines d’incinération comporte des difficultés sérieuses pour éviter le dégagement des odeurs, des fumées et des poussières. Il faudra donc utiliser les dispositifs les plus modernes pour parer à ces nuisances. On a pu installer, sans inconvénients, des usines modèles, en pleine agglomération, mais il sera préférable de les cantonner dans des zones à caractère plus spécialement industriel.