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UTILISATION

Combustion des ordures. — Les fours utilisés doivent permettre l’admission des gadoues dont le pouvoir calorifique est assez variable, en raison des différences notables existant entre les gadoues d’hiver et les gadoues d’été. A Paris, par exemple, le pouvoir calorifique varie en moyenne de 1 600 en été à 2 050 en hiver, tandis que les résultats donnés par des échantillons moyens ont les résultats extrêmes de 430 à 4 200 calories.

Pour incinérer les ordures, il est nécessaire de les sécher partiellement, d’élever leur température jusqu’à ce qu’elles s’enflamment, puis de les faire brûler en leur fournissant l’air nécessaire à leur combustion et enfin d’évacuer les résidus.

Le séchage des ordures doit se faire dans le four lui-même, les vapeurs dégagées étant entraînées dans la chambre de combustion, où elles se trouvent portées à une température élevée, ce qui supprime toute odeur.

On évitera le dégagement de fumées par le four lui-même en s’efforçant de réaliser le cheminement des ordures et la combustion régulière, sans ringardage obligeant à ouvrir fréquemment les portes du four, en assurant l’évacuation du mâchefer du foyer, sans avoir à le sortir à l’air libre avant son extinction, en laissant régner une légère dépression dans le foyer et, enfin, en utilisant des chambres de combustion et des grilles de grandes dimensions, la réduction de la vitesse des gaz qui en résulte s’opposant à l’entraînement des poussières et favorisant, au contraire, leur dépôt.

Pour éviter les poussières, le four devra comporter un dispositif de chargement, de dimensions telles, que les plus gros objets introduits dans les voitures de transport puissent y passer sans difficulté, faute de quoi il faudrait procéder à un tri préalable, qui serait une cause de dégagement de poussières.

Manutention des ordures. — Les gadoues contiennent, surtout en hiver, des quantités importantes de poussières fines dont il importe d’éviter le dégagement et la dispersion par le vent aux abords de l’usine. Ce dégagement de poussières se produit principalement lors de la vidange des voitures et chaque fois que les voitures franchissent une chute ou se trouvent brassées.

La poussière, au déversement des voitures dans le silo, sera éliminée par aspiration, mais celle-ci ne sera efficace que si le silo peut être maintenu fermé par des clapets ou des rideaux ouverts seulement au point et pendant le temps de déchargement ou si la cour elle-même est couverte et presque entièrement fermée pour éviter les courants d’air naturels.

Dans les grandes installations, un silo permettant d’emmagasiner les ordures pour vingt-quatre heures sera nécessaire. La reprise des ordures dans le silo et leur transport jusqu’aux goulettes de chargement des fours devront être opérés par les voies les plus simples et les plus directes, en évitant l’emploi de courroies transportantes étroites et à grandes vitesses. Les objets de dimensions exceptionnelles devront être déchargés à l’arrivée dans l’usine avant le déversement de la voiture. On évitera ainsi la présence continue d’ouvriers auprès des engins de transport des silos dans les fours.

Manutention des mâchefers. — Il faut évacuer périodiquement le « gâteau »

LES ORDURES MÉNAGÈRES

incandescent, formé par les résidus de la combustion. Son extinction en grande masse par l’eau donne lieu à une réaction violente, accompagnée d’un dégagement très important de vapeur d’eau, de fumées et de poussières. Il y a donc intérêt à procéder à cette extinction dans des appareils entièrement clos où l’on pratique une aspiration énergique. L’air souillé ainsi aspiré doit être efficacement dépoussiéré avant d’être rejeté dans l’atmosphère.

Dépoussiérage des fumées. — Les poussières les plus lourdes doivent être arrêtées dans la chambre de combustion, éventuellement dans les appareils d’utilisation et dans les carneaux. Les orifices de vidange doivent comporter des dispositifs permettant l’extraction des dépôts de poussières, sans que les cendres fixes se dispersent.

Utilisation des sous-produits. — Cette utilisation comprend : 1° la récupération, par tri préalable, de matières ayant une valeur commerciale; 2° la séparation du poudreau; 3° la production d’électricité; 4° la valorisation du mâchefer.

Ces opérations, qui doivent être faites dans des conditions de salubrité satisfaisante, si elles ne sont pas directement utiles, au point de vue de l’hygiène, peuvent faciliter la destruction des ordures par l’incinération, en permettant d’abaisser le prix de revient.

i) Valeur hygiénique et choix des divers procédés. — Les

divers procédés d’utilisation ou de destruction des ordures ménagères peuvent être divisés en deux catégories. La première comprend ceux qui se plient mal aux règles de l’hygiène et qui n peuvent être admis que s’ils sont pratiqués loin des lieux habités (rejet à la rivière ou à la mer, décharges brutes, utilisation agricole).

La seconde comprend ceux dont le principe satisfait aux règles de l’hygiène (incinération, décharges contrôlées, transformation industrielle en engrais, etc.).

Il n’y a pas de solution univoque du problème des ordures ménagères. Le choix sera dicté par les conditions et les circonstances locales, ainsi que par les considérations financières, mais il faut d’abord avoir le souci de protéger la santé publique et la charge supplémentaire qui pourra en résulter sera compensée par l’amélioration du confort et des conditions sanitaires des populations,.

Instructions générales du Conseil supérieur dé Hygiène publigue de France relatives à l’évacuation des ordures ménagères des villes (Journal officiel , du 5 juillet 1938).

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