LES MATIÈRES USÉES LIQUIDES
dépend de celle des industries elles-mêmes. Celles qui proviennent des abau toirs, équarrissages, fabriques d'engrais, brasseries , tanneries, etc., sont très riches en matières organiques azotées. Au contraire, les usines à gaz, les industries métallurgiques, laminoirs, tréfileries, soudières, fabriques de potasse, etc., donnent plutôt des eaux chargées de matières minérales.
5° Eaux pluviales. — Elles forment souvent un appoint considérable.
2° Dangers. — Danger permanent, infection par les microbes , et surtout intoxication par les gaz fétides issus de la putréfaction. Les matières organiques , qui s’y trouvent en très grande quantité, ne constituent pas, en elles-mêmes, un véritable danger, mais c’est grâce à elles que les microbes peuvent vivre et pulluler, et c’est par leur fermentation que prennent naissance les gaz putrides. Aussi, nous verrons que, dans l’épuration des matières usées, ce sont les matières organiques qu’on s’attache surtout à détruire.
Les matières fécales et les urines sont plus dangereuses, surtout lorsqu’elles proviennent de sujets malades parce qu’elles contiennent des microbes pathogènes (contagion directe et indirecte, mouches, etc.). Les microbes saprophytes font, dans la plupart des cas, assez rapidement disparaître tel ou tel pathogène, par concurrence vitale, le vibrion cholérique , par exemple, le bacille de la fièvre typhoïde , etc., mais ces microbes persistent, malgré tout, pendant quelques jours. Il y a aussi les gros parasites (vers intestinaux d’origine humaine ou animale).
Les eaux de lavage, de toilette et de bains peuvent véhiculer : B. d’Eberth , B. de la tuberculose qui persistent assez longtemps dans les crachats, B . de la diphtérie , staphylocoques , etc.
Les eaux industrielles peuvent renfermer des substances très acides et même toxiques , comme l’acide arsénieux; leur rejet à la rivière fait disparaître les poissons, même à de faibles doses (l’acide sulfurique à 0,1 p. 1 000, le chlorure de chaux à 0,005 p. 1 000, etc.). Ces eaux peuvent être infectieuses (abattoirs, tanneries, etc.), elles peuvent contenir les bacilles de la morve , du charbon , de la tuberculose , etc.
Les gaz fétides , qui se produisent dans les produits liquides en putréfaction, ont une action toxique. L’expression la plus bruyante nous en est donnée par les accidents aigus, parfois mortels, qui frappent les vidangeurs, exposés aux émanations des fosses d’aisances. Sans atteindre une pareille intensité, les émanations fétides qui, dans les maisons, proviennent des latrines ou des égouts, mal aménagés, déterminent à la longue une débilitation de l’organisme, qui