ÉLOIGNEMENT DIRECT DU SEW AGE
Quoi qu’il en soit, on fera bien de considérer comme probable, au moins pendant quelque temps, la présence de divers microbes pathogènes dans l’eau d’égout. Par contre, il est fort improbable qu’ils se multiplient dans ce milieu, surtout en raison de la concurrence des innombrables germes de la putréfaction.
B. — Éloignement direct du sewage .
1° Déversement à la mer . — Le rejet à la mer n’est pratique que pour les villes peu éloignées de la côte. On ne saurait le recommander qu’à condition de le faire sur un point, en pleine mer, écarté du rivage, où les courants vont vers la haute mer. A Marseille, les égouts s’évacuent à 12 kilomètres de la ville, derrière une colline, par un fond de 30 à 60 mètres avec des courants, allant au large. La plupart du temps, l’éloignement est insuffisant : la mer, en se retirant, laisse devant le débouché de l’égout des bancs de vase fétide, dont les émanations, refoulées par le vent dans la conduite, viennent infecter les habitants.
2° Déversement dans les lacs. — Le déversement direct dans les lacs est encore plus répréhensible, car les courants font défaut et il se fait un dépôt nauséabond le long du rivage.
3° Déversement aux rivières. — • Autrefois, le déversement direct des eaux d’égout aux rivières paraissait le moyen le meilleur, et tout naturel, de se débarrasser des immondices liquides. Cette pratique a pu ne pas offrir trop d’inconvénients tant que le volume des immondices, ainsi évacuées, était peu considérable par rapport à la masse des eaux naturelles qui les recevaient, mais la situation s’est peu à peu aggravée à mesure qu’augmentait la population urbaine. Les fleuves et les rivières, dans leur passage dans les villes, devinrent de véritables égouts. A Paris, en particulier, on se vit bientôt dans la nécessité de collecter séparément les impuretés pour les jeter à la rivière un peu plus bas. Les conséquences ne tardèrent pas à se manifester. Dans la ville, le fleuve était plus propre, mais, en aval, sur une étendue de plusieurs kilomètres, il charriait des eaux noirâtres, recouvertes d’écume fétide et laissant sur les berges des dépôts vaseux, pestilentiels, qui eurent vite fait de rendre, en été, les rives inhabitables.
Cependant, sous l’influence des agents naturels, surtout l’air et la lumière, dont l’action est favorisée par le mouvement, les cours d’eau pollués subissent une épuration spontanée plus ou moins intense. Mais cette épuration spontanée (voir chap. xxii, Eaux potables) est, en grande partie, subordonnée au débit et à la rapidité du cours de la rivière, qui doivent être suffisants pour réaliser rapidement une dilution très étendue de la souillure.
Cette notion de dilution est très importante. Le rejet direct à la rivière de
ÉPURATION DES EAUX D'ÉGOUTS
l’effluent d’égout ne peut être admis que si le débit du cours d’eau lui assure une dilution suffisante. Sinon, on devra faire subir à l’effluent une épuration préalable (voir plus loin) avant le déversement.
Le Conseil supérieur d’Hygiène, en 1933, a admis qu’on pourra tolérer l’évacuation d’un effluent incomplètement épuré et légèrement putrescible, quand cet effluent ne renferme pas un excès de matières en suspension et qu’il sera déversé dans un cours d’eau à grand débit (au moins cent fois plus considérable), sous la réserve que l’eau de la rivière ou du fleuve ait des caractères physiques, chimiques et bactériologiques sensiblement égaux dans les échantillons prélevés en amont et en aval, à quelques centaines de mètres du point de déversement.