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DES EAUX D’ÉGOUT

Les déchets liquides qui constituent le contenu des égouts sont, comme nous l’avons vu, d’origines très diverses. A défaut de mot français pour exprimer cet ensemble d’eaux impures, on a emprunté le mot « sewage » à l’Angleterre. Le sewage, dans les villes convenablement alimentées en eau propre aux divers usages domestiques, est d’environ 100 litres par habitant et par jour.

Le sewage a une composition chimique et bactérienne très complexe, qu’il est nécessaire de connaître, dans ses grandes lignes, pour comprendre certains procédés de traitement final.

A. — Le sewage .

1° Composition chimique . — On trouve, en proportions d’ailleurs extrêmement variables :

1° Substances organiques ternaires (CILO). Les plus importantes sont les résidus cellulosiques de papier ou de végétaux, Yamidon , les dextrines et les sucres , les alcools , les acides organiques (lactique, malique, succinique, etc.) et les graisses.

La désintégration moléculaire des substances ternaires s’effectue surtout par des microbes anaérobies ou par des espèces microbiennes, capables de vivre à l’abri de l’oxygène de l’air. Ces microbes empruntent alors l’oxygène dont ils ont besoin, comme tous les êtres vivants, aux substances mêmes qu’ils décomposent, d’où formation d 'hydrogène libre ou d’hydrogène carboné (méthane, gaz des marais) et d’acide carbonique.

2° Substances organiques quaternaires (CHOAz), avec des proportions plus ou moins considérables d’autres corps minéraux simples, tels que le soufre, le phosphore, l’arsenic, le fer, le manganèse, les métaux alcalins ou alcalino-terreux, etc. On les retrouve dans les résidus animaux et dans une foule de détritus végétaux. Les principales sont la fibrine , les albumines , la lécithine , Yurée, le gluten, etc.

Les substances quaternaires, abondantes surtout dans les résidus

rooiiaix. — Précis d’hygiène.

ÉPURATION DES EAUX D'ÉGOUTS

d’abattoirs, de laiteries, de tanneries, peuvent être désintégrées par une multitude d’espèces microbiennes anaérobies ou aérobies } c’est-à-dire capables de vivre et de se multiplier en l’absence ou en présence de l’air atmosphérique. Leur désintégration s’opère par une série d’étapes successives qui aboutit à la formation de peptones , de composés ammoniacaux et d'ammoniaque libre , puis de nitrites et nitrates , avec élimination d’une proportion plus ou moins grande d’azote libre , d’hydrogène libre ou sulfuré ou carburé et d’acide carbonique.

3° Substances minérales. — Outre ces substances organiques, qui se trouvent dissoutes ou en suspension dans les eaux d’égout, celles-ci renferment une proportion également très variable de substances minérales {sable, charbon , argile , sels). Les quantités et la nature de ces corps présentent une importance considérable et doivent être déterminées, aussi exactement que possible, dans chaque cas particulier : les uns, insolubles , peuvent être retenus par une décantation convenable et enlevés au moyen de dispositifs mécaniques; les autres, dissous , sont susceptibles de favoriser ou de gêner les phénomènes biologiques de désintégration de la matière organique.

Toutes ces notions, surtout celles qui concernent la quantité et la composition chimique de l’effluent des égouts, sont capitales pour le choix judicieux des nombreux procédés d’épuration et d’utilisation des eaux d’égout, que nous étudierons plus loin.

2° Composition bactérienne. — Les eaux d’égouts renferment naturellement des microbes saprophytes par millions et même par milliards; les espèces aérobies ou les espèces anaérobies prédominent dans cette masse, selon les circonstances, c’est-à-dire notamment suivant que les égouts sont plus ou moins aérés.

Un point intéressant est de savoir si les germes pathogènes peuvent se maintenir pendant quelque temps dans un tel milieu. Dans des recherches spécialement faites, à propos du bacille cholérique , Diatropofî s’est assuré que ce microbe pouvait vivre deux à huit jours dans les eaux d’égout d’Odessa. Au contraire, Stutzer aurait constaté que le même germe succombait, en un quart d’heure au plus, dans l’eau d’égout de Potsdam ou celle de Berlin, et il attribue ce fait soit à l’action de certains saprophytes (carie bacille cholérique survit dans l’eau d’égout filtrée), soit à la teneur des eaux d’égout en carbonate d’ammoniaque, provenant des matières excrémentitielles.

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