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ÉPURATION DE L'EAU

tion soit bien régulière; il faut que l’eau soit claire; souvent il se fait une grésification de certaines parties de la masse de sable, qui nuit à l’épuration, etc. La surveillance doit être très étroite (fig. 92 et 93).

d) Filtration au sable à sens horizontal. — Lorsqu’on ne dispose pas d’une hauteur suffisante pour faire un filtre vertical, on peut aménager une couche de sable sur une certaine longueur et la faire parcourir par l’eau. La vitesse à laquelle l’eau devra traverser cette masse ne peut être indiquée a priori et sera fixée par l’expérience directe.

e ) Pratiquement, les filtres à sable, quels qu’ils soient, n’assurent qu’une épuration bactérienne incomplète, bien que très appréciable. Aussi ces appareils sont-ils complétés par l’application à l’eau qui en sort, de procédés qui achèvent la stérilisation : ozonification ou chloration.

2° Purification par les procédés physiques. — a) Electricité. — Wolf, de New-York, ajoute à l’eau une partie pour 5 833 d’un liquide provenant de la décomposition par l’électrolyse d’une solution à 2 p. 1 000 de sel marin. Pas pratique.

b) Ozone. — L’ozone est de l’ oxygène condensé : O3. C’est un gaz incolore, à odeur alliacée, produit dans l’air par les effluves électriques. C’est un oxydant puissant, et, par conséquent, un gaz très bactéricide. Frôlich (1891) applique cette propriété bactéricide à la stérilisation des eaux; Ohlmüller (1892) confirme. En somme, l’ozone détruit les matières organiques et les microbes, à condition d’un brassage énergique, avec l’eau.

L’eau stérilisée par l’ozone se débarrasse très vite du gaz et de son odeur; elle ne conserve aucun élément étranger. Théoriquement, le procédé est donc excellent. Il a été industrialisé par Tindal (1893), Otto (1895), Abraham et Marmier, de Frise, Siemens et Halske. De nombreuses villes ont adopté l’un ou l’autre de ces systèmes (Nice, Cosne, Avignon, Chartres, Wiesbaden, Paderborn, Ginneken, etc.).

Tout appareil à ozone se compose de deux parties essentielles :

1° Producteur d'ozone. — De l’air bien desséché, parcourt un appareil traversé incessamment par des effluves électriques. L’air se charge ainsi d’ozone. L’existence du courant électrique, dans la ville, est donc indispensable.

Les effluves proviennent de deux électrodes séparées par de l’air

VEAU POTABLE

(de Frise, Otto, fig. 94 et 95) ou mieux par du verre (Siemens, Abraham et Marmier, fig. 96), ce qui empêche l’étincelle. Le système le plus employé est le Siemens-de-Frise. Le courant doit avoir un fort potentiel (6 à 20 000 volts). Les électrodes sont refroidies par un courant d’eau. L’ozone doit être suffisamment concentré (plus de 3 gr. par mètre cube d’air).

2 0 Un appareil pour mélanger intimement Veau et V ozone.

— Il faut 0,5 à 1 gramme d’ozone par mètre cube d’eau.

On utilise, en général, pour le brassage, une colonne de Gay-Lussac, de 3 à 4 mètres de hauteur traversée par l’eau et par l’ozone; des diaphragmes superposés percés de très petits trous (De Frise), ou un brassage par

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Fig. 94. — Coupe d’un ozoneur de Frise ( Revue hyg. municipale). D = Air ozoné.

Fig. 95. — Coupe d’un ozoneur

(Rev. hyg. municipale).

Otto

EPURATION DE L'EAU

Socle bols

trompe (Otto) assurent le mélange intime. L’eau est ensuite distribuée.

On a également construit des appareils domestiques à stérilisation par l’ozone. Ils ne sont pas recommandables, toute surveillance étant impossible. Mais il existe des appareils réduits pour usines (par exemple pour brasseries) qui peuvent être surveillés et fonctionnent bien.

Les résultats obtenus sont excellents, quand l’ozone est suffisamment brassé avec l’eau. La réduction microbienne est totale, tous les microorganismes sont détruits ; la réduction (par oxygénation) des matières organiques est également très complète. Donc, un appareil à ozone bien construit est un excellent appareil de purification de Veau potable.

Cependant la stérilisation par l’ozone n’est peut-être pas à recommander pour « les très petites Borf; agglomérations, en ^ pr;" raison des frais assez considérables q u i sont nécessaires

pour la surveillance. Si l’eau est trouble, il faudra une préfiltration avant la stérilisation par l’ozone.

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Fig. 96.

- Ozoneur Abraham et Marinier (Rev. hyg. municipal e).

c ) Rayons ultra-violets. — Voir page 435 les appareils domestiques à rayons ultra- violets. La stérilisation de l’eau urbaine par

L'EAU POTABLE

les rayons ultra- violets qui paraît être la méthode d’avenir, n’est cependant pas encore au point.

3° Purification de Veau par les procédés chimiques . — a) Chloration. — Le chlore libre ou à l’état naissant est un stérilisant énergique de l’eau. Parmi les composés du chlore qui ont été essayés, il ne paraît s’être maintenu en grand que ceux au chlore gazeux ou ceux à Y hypochlorite de soude (la préparation du peroxyde de chlore étant dangereuse, l’emploi de ce corps n’est pas à conseiller).

a) Chlore gazeux. — Le chlore livré à l’état liquide (en bouteilles métalliques) est détendu dans des appareils spéciaux et le gaz obtenu doit être mis en contact intime avec l’eau, ainsi qu’on le fait pour l’ozone. De même, il faut préalablement clarifier l’eau et la priver autant que possible de ses matières organiques. De même, la dose de chlore à employer dépendra de la nature de l’eau et pourra varier de 0 gr. 1 à 1 gramme et plus par mètre cube. Il faut neutraliser l’excès de chlore par la déchloration consécutive (sulfite ou hyposulfite de soude).

Les appareils au chlore gazeux ne sont pas construits en France. La plupart des grandes villes américaines (New-York, Chicago, etc.) qui stérilisent leurs eaux d’alimentation par le chlore gazeux utilisent l’appareil Patterson et en Allemagne, où son emploi s’est rapidement généralisé, l’appareil Ornstein.

Tous ces appareils sont très délicats et demandent une surveillance constante.

p) Hypochlorite de soude. — La stérilisation de l’eau par l’eau de Javel (hypochlorite de soude) a fait l’objet d’une instruction du Conseil supérieur d’Hygiène de France du 12 août 1929, qui en précise les conditions d’emploi.

Ces eaux doivent être limpides (nécessité fréquente de la décantation et de la préfiltration). Elles ne doivent pas renfermer plus de 3 milligrammes par litre de matières organiques (en 0 consommé). Elles ne doivent pas renfermer de quantités appréciables d’ammoniaque, d’urée, de nitrites ou de sels ferreux, tous corps particulièrement avides de chlore, susceptibles de le dériver à leur profit, et de n’en laisser que des doses insuffisantes pour assurer l’épuration.

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