INDUSTRIES A GAZ ET VAPEURS DÉLÉTÈRES
mégisseries , les orfèvreries , les fabriques de fleurs artificielles , les ateliers d'empaillage.
Les vapeurs des teintureries en général sont peu toxiques.
21° Quant aux poussières et émanations ploinbiques, nous renverrons page 513, pour clore ici cette énumération, incomplète quoique longue.
2° Protection des ouvriers dans les milieux délétères.
— Outre la nécessité d’un fort cubage (p. 481), d’une ventilation énergique (p. 482), les précautions à prendre sont variables :
a) Mesures générales. — La durée de travail doit être courte; les ouvriers doivent être accouplés, munis d’une ceinture de sûreté, assistés d’un guetteur placé extérieurement.
Pour le nettoyage des chambres de plomb , servant à préparer l’acide sulfurique, il convient d’attendre quinze jours après leur ouverture pour y pénétrer.
De même il faut connaître les dangers résultant de la présence du chlore dans les chambres où le chlore est combiné à la chaux.
Le curage des gazomètres offre des dangers d’asphyxie si les bassins ne sont pas étanches, si l’atmosphère n’est pas assainie, etc.
Il faut en dire autant des mines , des tunnels , etc., si l’air n’est pas renouvelé, des cuves avec drèches, des fosses d’aisances , égouts , citernes , puisards , etc. Les curages de fosses doivent être évités en été; il convient préalablement d’en absorber les gaz par de la chaux, ou de les évacuer jusqu’à ce qu’une allumette puisse y brûler. Les vapeurs de formol peuvent être absorbées par AzH3.
Les ouvriers, les guetteurs, etc., devront être exercés à la pratique des soins à donner en cas d’asphyxie par les gaz irrespirables (traction de la langue de Laborde, respiration artificielle de Sylvester, etc.).
b) Appareils respirateurs. — On connaît le masque des médecins de Marseille, employé contre la peste en 1720, et prescrit au lazaret de cette ville en 1750. Les premiers masques employés contre les vapeurs délétères lui sont comparables.
1° Appareils respirateurs par neutralisation chimique ou par épuration de l'air. — Le masque de Gosse fils est formé de tranches d’éponge imbibées de solution de potasse contre les vapeurs acides, ou d’eau chlorurée contre l’hydrogène sulfuré, les gaz ammoniacaux et putrides, ou d’eau de chaux contre l’acide carbonique : cet appareil a servi de type à la plupart des respirateurs ou inhalateurs inventés ultérieurement.
Le respirateur du Z)r Stenhouse comprend, entre deux toiles métalliques, une
TRAVAIL DANS LES MILIEUX MÉPHITIQUES
couche mince de charbon, de bois platinisé. Tyndall, Layet ont proposé des modèles analogues.
L’appareil respirateur de Ferrari est une véritable bouteille de sauvetage, employée contre les émanations de vapeurs d’acide sulfureux dans les soufrières de la Romagne. C’est une boîte qu’on porte à la ceinture. Elle est composée de deux cylindres emboîtés : le premier, formant couvercle, plonge dans le deuxième, à moitié rempli d’eau, et contient une tubulure centrale par où l’air inspiré pénètre et barbote dans l’eau, pour remonter ensuite dans deux compartiments garnis d’éponges humides. Une ouverture à soupape laisse passer l’air expiré. L’appareil est complété par une embouchure placée devant la bouche et par des lunettes.
2° Appareils respirateurs à prise d'air extérieur. ■ — - Le premier respirateur antiméphitique fut inventé par Pilâtre de Rozier (1785). C’était un simple tube qu’on tenait à la main, appliqué d’une part sur la bouche (l’expiration se faisant par le nez), et ayant d’autre part son extrémité libre à l’extérieur. Il est possible, avec cet appareil, de travailler plusieurs heures dans une cuve de brasserie, au milieu d’émanations d’acide carbonique.
Il existe plusieurs types d 'appareils Denayrouze, ou Paulin , le plus ancien étant assez compliqué, avec blouse de cuir et pompe à l’air.
Pour pénétrer dans des locaux méphitiques à petite distance de l’air pur (quelques mètres), on peut employer le respirateur Denayrouze à anches simples.
C’est un masque avec œillères, pince-nez et matelas d’air; entre les lèvres et les dents, un ferme-bouche avec tuyau de respiration aboutissant à une boîte respiratoire fixée par un ceinturon, dans laquelle un double jeu de soupapes en caoutchouc permet l’accès de l’air extérieur et le rejet au dehors de l’air inspiré : un tuyau plus ou moins long amène l’air de l’extérieur.
Si l’on doit pénétrer à plus de 300 mètres de l’air pur, on adapte à l’appareil précédent une soufferie pour faire pénétrer l’air neuf.
Le scaphandre de Desgrez et Balthazard permet de travailler pendant une heure (sous-marins, etc.) grâce à une provision de 10 grammes de bioxyde de soude, qui, en présence d’eau, dégage de l’oxygène qu’on respire, tandis que la soude fixe le CO2 expiré.
3° Appareils respirateurs à réservoir portatif d'air ou d'oxygène. — Le plus simple est celui de d' Ar cet, Gaultier de Claubry et Parent Duchâtelet (1829), sac de cuir de 30 litres placé dans une cage d’osier, porté sur les épaules, et muni d’un tube respirateur tenu à la main.
Dans l 'appareil Galibert, un réservoir étanche à parois flexibles de 80 litres rempli d 'air avec un soufflet et porté sur le dos, correspond avec la bouche par deux tubes servant alternativement pour l’air inspiré et pour l’air expiré. Pour cela, il faut boucher alternativement les ouvertures avec la langue.
L'appareil de Reynaud est un sac en caoutchouc rempli d’oxygène, au-dessus duquel se trouve un réservoir rempli de débris de pierre ponce imbibée de potasse caustique. Un double tuyau est muni d’anches formant des valves inspiratoires et expiratoires, un ferme-bouche complète l’appareil. L’air expiré