ROLE DU TERRAIN
l’organisme vis-à-vis d’une infection donnée peut être naturelle : l’homme, par exemple, est absolument réfractaire au farcin du bœuf, à la peste porcine, etc.
Elle peut être acquise spontanément , après une infection naturelle. La variole, la scarlatine, la rougeole, la fièvre typhoïde, etc., laissent après elles un état réfractaire, qui empêche la maladie de récidiver.
L’immunité peut être conférée artificiellement , c’est celle qu’on obtient par les inoculations de sérums (immunité passive) et de vaccins (immunité active) (voir chap. xli).
La prémunition est l’état réfractaire d’un organisme qui, infecté par un germe (tréponème de la syphilis, hématozoaire du paludisme, etc.), ne contracte pas une seconde fois l’infection tant que le germe existe vivant dans l’organisme à l’état latent.
Quand l’organisme a été infecté une première fois et qu’il est guéri, le terrain peut être modifié. A une seconde infection, il réagira de façon différente , c’est Y allergie. Ce terme a été créé par von Pirquet à l’occasion des inoculations vaccinales contre la variole. Dans les revaccinations, les phénomènes observés sont différents de ceu ÿ qui sont consécutifs à la primo-vaccination. La lésion est différente (simple papule), son apparition est plus précoce, son évolution est éphémère. Le terrain réagit autrement, après une première vaccination.
L’allergie peut coïncider avec un état d’immunité (vaccine), avec l’absence d’immunité, avec un état d’hypersensibilité. Dans la tuberculose expérimentale, il y a non seulement absence d’immunité mais dans certains cas (phénomène de S. Arloing, réaction allergique mortelle) hypersensibilité. Il ne faut pas confondre hypersensibilité allergique et hyperréceptivité, car, dans le premier cas, l’organisme réagit à la seconde infection autrement qu’à la première.
L’anergie est un état de prédisposition qui prend la place de l’allergie, à la suite d’une autre infection (grippe, rougeole) ou au terme d’une maladie.
13° En somme , si les agents pathogènes sont indispensables à l’apparition des maladies infectieuses, le terrain joue un rôle capital et l’apparition de la maladie dépend, pour une bonne part, de lui. L’hygiène générale, en maintenant l’organisme en parfait état, contribue, de façon importante, à empêcher l’éclosion des maladies infectieuses ou à en atténuer la gravité.
La maladie infectieuse peut, en effet, se manifester non seulement sous des formes cliniques caractérisées, mais sous des formes frustes, latentes ou inapparentes.
ÉTIOLOGIE GÉNÉRALE
Les formes frustes sont souvent méconnues et sont redoutables. Elles contribuent à la dissémination des maladies infectieuses.
Les formes latentes sont, suivant la définition de Ch. Nicolle, des états subaigus ou chroniques, dans lesquels le malade conserve, sans souffrir, un germe infectieux, dont il a pu souffrir antérieurement et qui est susceptible de reprendre sa virulence pour l’individu ou de se transmettre à d’autres.
Les infections inapparentes , décrites aussi par Ch. Nicolle, sont des états septicémiques, dus à des germes visibles ou invisibles, impossibles à mettre cliniquement en évidence. Seule l’inoculation à un autre organisme plus réceptif permet de les déceler. Elles entraînent après elle une immunité souvent durable (immunité de contact de Zingher).
Enfin, l’organisme étant absolument réfractaire, il peut simplement héberger le germe infectieux. C’est un porteur de germes (voir p. 573).