III. — ROLE DU TERRAIN
Lorsque les agents infectieux ont pénétré dans l’organisme, ce dernier ne reste pas inerte : il se défend. La santé n’est, en somme, que le résultat d’une lutte continuelle, mais heureuse.
Il y a des défenses de première ligne (peau, cavité rhino-pharyngée, voie respiratoire, voie digestive, etc.), mécaniques, chimiques et biologiques. Il y en a de seconde ligne (phagocytose, pouvoir bactéricide, antitoxique des humeurs, naturel ou acquis, etc.). La constitution chimique du terrain, sur laquelle nous sommes encore assez mal renseignés, joue certainement un rôle des plus importants (tuberculose).
Nous n’avons pas à étudier ici le terrain en lui-même, mais les facteurs qui influencent sa résistance ou sa réceptivité.
1° Age. — Tous les âges sont réceptifs vis-à-vis des maladies infectieuses, mais à des degrés très divers. D’une façon générale, c’est pendant l’enfance que s’observe le maximum de réceptivité. Si les nourrissons, âgés de moins d’un an, semblent réfractaires à une série d’infections, les fièvres éruptives notamment, c’est pendant la première enfance que les affections contagieuses et épidémiques ont le plus de prise sur l’organisme. La deuxième enfance est plus privilégiée, mais la réceptivité redevient grande pendant l’adolescence. Puis après trente ans, elle décline au fur et à mesure qu’on s’approche de la vieillesse.
2° Race. — Grandes variations suivant les races. Les noirs sont particulièrement sensibles au pneumocoque. La race anglosaxonne présente une extrême réceptivité vis-à-vis du virus scarlatin.
3° Sexe. — Il semble négligeable.
4° Profession . — Elle intervient par le danger d’infection auquel elle expose, la fatigue physique et les conditions générales d’insalubrité, qui diminuent la résistance de l’organisme. L’infection charbonneuse s’observe surtout chez les bouchers, les équarisseurs.
ÉTIOLOGIE GÉNÉRALE
etc., les infections typho-paratyphoïdiques, cholérique, etc., chez les blanchisseurs ou blanchisseuses, en raison des contaminations par les linges, provenant de sujets, atteints de ces infections, etc.
5° Tares pathologiques. — - Portant, soit sur les viscères, en particulier, soit sur l’organisme en général, elles contribuent à diminuer l’activité et l’efficacité des défenses vis-à-vis des germes infectieux (troubles dyspeptiques, affections hépatiques, rénales, intoxications exogènes, comme le saturnisme, l’alcoolisme, etc.).
6° Alimentation. — Elle joue un rôle dont on commence seulement à mesurer l’importance capitale (voir p. 213) qu’il s’agisse d’insuffisance, de surabondance, ou surtout de déséquilibre de la ration alimentaire.
7° Fatigue et surmenage. — Ce sont des agents favorisants puissants des infections, comme l’ont démontré l’observation et l’expérimentation.
8° Émotions morales. — Elles constituent, surtout quand elles sont répétées, une forme de surmenage du système nerveux. Joltrain a montré qu’elles sont un facteur de déséquilibre humoral.
9° Traumatismes. — Ils déterminent fréquemment les localisations infectieuses.
10° Mauvaises conditions d'habitation. — Par le séjour dans une atmosphère confinée, imprégnée de gaz toxiques (oxyde de carbone, etc.), d’humidité, etc., l’habitation défectueuse, amène une débilitation de l’organisme, qui devient plus facilement la proie des infections.
11° Influence des conditions météorologiques . — Le
froid (action allergisante), le froid associé à l’humidité, la chaleur humide, etc., sont des facteurs, depuis longtemps admis, comme des causes favorisantes des infections (voir chap. XV).
12° Enfin le terrain, ensemencé par le germe infectieux, peut être en état soit d'immunité ou de prémunition, soit d'allergie ou d'anergie.
L’immunité , c’est-à-dire l’état réfractaire spécifique de