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II. — ISOLEMENT ET TRAITEMENT DES PORTEURS DE GERMES

L’isolement doit s’appliquer non seulement aux malades, mais aux porteurs de germes qui, comme ces derniers, sont de dangereux semeurs de bacilles pathogènes, jouant un rôle considérable dans la diffusion des maladies contagieuses (voir p. 573).

L’isolement devra donc d’abord continuer après la guérison clinique, dans un certain nombre de maladies, le convalescent restant porteur de germes. Les convalescents de diphtérie, par exemple, peuvent conserver le bacille spécifique dans la gorge ou les fosses nasales pendant un temps assez long. Si parfois il disparaît en dix à quinze jours, en d’autres cas, il persiste plusieurs mois.

Les porteurs sains, qui hébergent le microbe, sans ressentir, du fait de sa présence, le moindre trouble, sont des agents d’autant plus importants de propagation de l’infection, qu’on ne s’en méfie pas. Ces porteurs sains sont souvent en proportions élevées dans l’entourage des malades (1,5, 10 p. 100); ils devraient être isolés au même titre que les malades et les porteurs convalescents.

Si pendant la guerre de 1914-1918, nous n’avons pas eu à déplorer, dans l’armée, d’épidémies étendues et meurtrières, nous le devons certainement en grande partie à la recherche et à l’isolement des porteurs de germes, qui étaient partout appliqués rigoureusement. Dans la population civile, cette mesure rencontrerait de très grandes difficultés; elles ne sont pas insurmontables. Dans nombre de cas (lycées, pensionnats, écoles, etc.), l’isolement des porteurs de germes pourrait être facilement obtenu.

On trouvera à l’occasion de l’étude épidémiologique de chaque maladie l’importance du rôle que jouent les porteurs de germes dans sa diffusion et les moyens actuels de dépistage.

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