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I. — ÉTIOLOGIE ET ÉPIDÉMIOLOGIE

Les infections typhoïdiques, qui ont exercé de tous temps des ravages considérables, sont des maladies essentiellement évitables.

Pendant longtemps, on n’a connu que la fièvre typhoïde à bacille d’Eberth. Depuis un certain nombre d’années, deux infections voisines et tout à fait comparables, les fièvres paratyphoïdes A et B, ont été révélées et distinguées de la fièvre typhoïde proprement dite. Mais ces infections dont on ne peut établir la nature que par les méthodes de laboratoire, se comportent au point de vue étiologique, pathogé- nique et épidémiologique, de la même façon que l’Eberthose. Elles appellent les mêmes mesures prophylactiques.

Ces trois maladies forment donc un groupe très homogène, au point de vue de l’hygiène et doivent être étudiées ensemble sous le nom d’infections typho-paratyphoïdiques .

Ces infections diminuent de fréquence chez les nations civilisées. L’hygiène d’un pays se mesure à leur rareté.

1° Particularités . — L’ Incubation est variable : de quinze à trente jours dans les fièvres d’origine hydrique, elle peut n’atteindre que quelques jours dans celles qui sont d’origine coquillère. On observe fréquemment des formes ambulatoires, des cas frustes (non diagnostiqués). Il existe des porteurs de germes.

La mortalité est variable : de 10 p. 100 environ dans les épidémies d’origine hydrique, elle s’élève, dans les épidémies d’origine lactée,

ÉTIOLOGIE ET ÉPIDÉMIOLOGIE

pour atteindre le taux de 25 à 30 p. 100, quand ce sont les huîtres, moules ou coquillages, qui sont en cause.

Les séquelles sont fréquentes : cystites, pyonéphroses éberthiennes et surtout cholécystites suppurées éberthiennes, etc., apparaissant souvent à longue échéance.

2° Fréquence. — La fièvre typhoïde pesait autrefois lourdement sur les statistiques de mortalité. Depuis le début du siècle, dans tous les pays civilisés, grâce à l’amélioration de l’hygiène générale, urbaine et rurale, et en particulier, des distributions d’eau potable, les infections typho-paratyphoïdiques sont en régression notable.

En France, en 1900, le taux de mortalité, par ces infections, dépassait 33 pour 100 000 habitants. Voici qu’elle a été la régression :

Années Décès totaux Décès

pour 100 000 hab.

Comparée à celle des pays étrangers, la mortalité typhique française se situe de la façon suivante, en 1933 :

Espagne . 13,5 pour 100 000 habitants

Italie . . 11,2 — —

France . 3,3 — - — -

Allemagne . 0,9 — —

Angleterre . 0,6 — - — -

Danemark . 0,6- — - —

Nous sommes encore loin des pays qui ont fait tomber la mortalité typhique au-dessous de l’unité.

Les infections typho-paratyphiques se manifestent surtout actuellement sous la forme endémique. De temps à autre, il se produit

INFECTIONS T YPHO-PARA T Y PHOIQ U ES

encore des épidémies, celles de la banlieue de Lyon (1928-1929), Vichy (1929), Bagnères-de-Bigorre (1931), Paris (1933), qui ont été importantes; d’autres plus légères, mais ces épidémies deviennent de plus en plus rares.

Comme l’a montré Dubreuil, dans son important travail de 1936, deux points frappent en ce qui concerne l’endémie typhique actuelle, en France : 1° la population urbaine est frappée plus fortement que la population rurale ; 2° la zone littorale, plus particulièrement méditerranéenne, est le siège d’une endémie persistante et sévère.

En 1933, vingt villes de plus de 50 000 habitants ont une mortalité typhique

dépassant la moyenne

générale de la France.

Villes

Décès pour

Villes

Décès pour

100 000 hab.

100 000 hab

Toulon .

Tours .

Clermond-Ferrand. .

Lyon .

Bordeaux .

Béziers .

Marseille .

Metz .

Toulouse .

Nice .

Montpellier .

Paris .

Nantes .

Boulogne-sur-Seine .

Perpignan .

Angers .

Nîmes .

Roubaix .

Le Havre .

Rennes .

D’autre part, les départements côtiers ont une mortalité au-dessus de la moyenne (période de 1925 à 1931 pour laquelle le taux pour la France entière a été de 4,8) (fig. 144).

Ainsi, pour cette période, 14 départements littoraux (Ile-et-Vilaine, Côtesdu-Nord, Finistère, Loii;e- Inférieure, Vendée, Charente-Inférieure, Gironde, Pyrénées-Orientales, Aude, Hérault, Bouches-du-Rhône, Var, Alpes-Maritimes et Corse), sur 25, ont eu un taux moyen de mortalité typhique de 8,9, et 9 départements de l’intérieur sur 65 (Seine, Meuse, Haute-Marne, Meurtheet-Moselle, Hautes-Pyrénées, Haute-Garonne, Vaucluse, Basses-Alpes, Hautes- Alp es) ont eu, pour cette période, un taux moyen de 7,45.

Les premiers ont représenté 56 p. 100 des cas de fièvre typhoïde; les seconds, 14 p. 100, pendant cette période.

Cette prédominance littorale de l’endémie typhique s’est encore accentuée en 1932 et en 1933.

On remarquera que, dans le tableau de la mortalité typhique des villes de plus de 50 000 habitants, en 1933, ce sont les grandes villes du littoral : Toulon,

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Bordeaux, Marseille, Nantes, etc., qui sont les plus atteintes. « L’endémie typhique en France est à prédominance littorale, spécialement méditerranéenne et atlantique » (G. Dubreuil). On doit ajouter qu’un nombre important

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