ROUGEOLE
aussi est-il important de surveiller attentivement les sujets qui ont été en rapport avec les rougeoleux, à partir du huitième jour après le contact, et de les considérer comme malades dès la première élévation de température; l’apparition, presque en même temps qu’elle, du larmoiement, du coryza et de la toux, puis du signe de Kôplik le deuxième jour, de l’exanthème palatin le troisième jour, permet de préciser le diagnostic avant l’exanthème qui n’apparaît que le quatrième jour (Jules Renault).
La rougeole est, au point de vue hygiénique , /’ opposée de la scarlatine.
3° Germe . — Inconnu. Existe dans les mucosités de la gorge et du nez, au moment du coryza. Il n’existe pas dans les squames. Très fragile ; périt en quelques heures après l’émission; très diffusible. Pas de personnes saines porteurs de germes.
4° Modes de contagion. — La contagion se fait par contact direct , ou dans le voisinage prochain du malade atteint de coryza prérubéolique (germe très diffusible); elle est très difficile à éviter dans les milieux non immunisés (enfants) car elle est déjà faite quand on pose le diagnostic. La contagion indirecte (linges, objets, infirmiers) est rare, car, pour être possible, elle doit s’opérer presque immédiatement (germe très fragile).
o° Epidémies. — Une épidémie de rougeole est brusque, courte et massive, notamment dans les hôpitaux d’enfants, dans les écoles, en un mot dans les collectivités (en raison de la grande réceptivité de l’homme et de la diffusibilité du germe).
Le premier cas, même s’il est diagnostiqué et isolé, a déjà conta-
FIÈVRES ÉRUPTIVES
gionné un tiers de la classe ou de la salle qui devient rubéolique en même temps, neuf à onze jours après (fixité de la période d’incubation); avant que le diagnostic de l’épidémie soit établi, tout le reste de la collectivité est contaminé. En somme, comme on ne diagnostique jamais à temps le premier cas, toutes les personnes de la collectivité n’ayant pas l’immunité par une atteinte antérieure sont contaminées en deux ou trois explosions successives, séparées par une dizaine de jours. L’épidémie est alors fatalement terminée.
6° Gravité. — La rougeole pèse lourdement sur les tables de mortalité en raison des complications mortelles, en particulier la broncho-pneumonie. Médicalement bénigne, elle est socialement grave. Elle cause plus de décès que la coqueluche, la scarlatine ou la diphtérie.
Nombre global des décès enregistrés dans seize pays d’Europe (Russie et Pays balkaniques exceptés) de 1900 à 1910.
Rougeole. Scarlatine. Coqueluche. Diphtérie.
En dix ans, elle a donc tué en Europe plus de 700 000 enfants et en huit ans, en France, plus de 31 000.
La gravité d’ensemble de la rougeole tient à divers facteurs sociaux : 1° le taudis , V encombrement, le surpeuplement. La mortalité s’établit au prorata de la densité de la population. A Paris, c’est la maladie contagieuse la plus meurtrière après la tuberculose (Debré et Joannon); 2° Y âge. Les neuf dixièmes de la mortalité par rougeole affectent des enfants de moins de cinq ans. Le maximum des décès est enregistré de six à vingt-quatre mois. Les statistiques comparées montrent que la rougeole fait à Paris, courir plus de risques de mort aux enfants de moins de cinq ans que la scarlatine, la coqueluche et la diphtérie réunies ;
3° Y hospitalisation. L’hôpital, dans son état actuel, fait courir aux petits rougeoleux un surcroît de risques. Ce sont les complications secondaires : otites graves, suppurations multiples, laryngite ulcéreuse et surtout broncho-pneumonie, auxquelles il faut ajouter les associations morbides (coqueluche, diphtérie, etc.). Malgré tous les efforts de sélection à l’entrée, il est impossible d’empêcher