SCARLATINE
cependant à la scarlatine qu’à la rougeole, le germe étant moins diffusible. Maladie du jeune âge (seconde enfance). Une première atteinte confère l’immunité.
Domaine géographique moins étendu que celui de la rougeole.
2° Période contagieuse. — Contagieuse pendant toute la maladie , dès l’angine et pendant toute la convalescence, jusqu’à disparition des squames (fig. 147).
Il est probable que l’angine seule est contagieuse, mais que les mucosités banales contaminent les squames, le corps du malade, d’où le danger certain des squames.
3° Germe. — On discute toujours sur la nature du germe de la scarlatine. Pour Cantacuzène, il s’agirait d’un virus filtrant. Pour d’autres, Dick, Dochez, etc., ce serait le streptocoque lui-même, le « streptocoque scarlatin » qui serait l’agent de la maladie. La présence de streptocoques hémolytiques en abondance dans la gorge des scarlatineux, la sécrétion par ce streptocoque d’une toxine diffusible, les propriétés antitoxiques du sérum de convalescents, plaident en faveur de la nature streptococcique de la scarlatine. Pour beaucoup d’auteurs américains, la scarlatine serait une manifestation de toxallergie streptococcique chez des individus devenus hypersensibles aux produits toxiques du streptocoque.
Fig. 147. — Périodes contagieuses de la scarlatine.
Quoi qu’il en soit, le germe existe dans les sécrétions bucco-pharyngées au moment de l’angine. Celles-ci contaminent les squames, la peau du malade. Ce germe est très résistant et y persiste longtemps, ainsi que dans le milieu extérieur, mais il est très peu diffusible, Les cas frustes sont relativement fréquents et doivent être soigneusement dépistés. Us constituent de véritables porteurs de germes qui contribuent à semer la maladie et à perpétuer les épidémies.
FIÈVRES ÉRUPTIVES
4° Modes de contagion. — La contagion directe, est fréquente; la contagion indirecte l’est aussi (poussières, vêtements, livres, lettres, chambre, literie, infirmiers, médecins, etc.); tout ce qui a été en contact avec un scarlatineux est longtemps dangereux.
La pénétration du virus se fait au niveau du pharynx et des amygdales, comme on l’a démontré expérimentalement.
5° Épidémies . — En raison des cas frustes, non diagnostiqués, de la ténacité et du peu de diffusibilité du germe, l’épidémie au lieu d’être massive et courte est en chapelet et interminable. L’origine est très souvent difficile à trouver (un cas fruste). Quelques cas apparaissent; on isole et on désinfecte; accalmie; nouveaux cas, etc. En réalité, c’est une chaîne, un chapelet ininterrompu , mais dont beaucoup de grains sont formés de cas frustes , non diagnostiqués, inaperçus. Rien n’est tenace et désespérant comme une épidémie de scarlatine dans une école. Nous avons observé dans un préventorium une épidémie qui a duré dix-huit mois.
6° Gravité. — La scarlatine est souvent grave par elle-même (scarlatine maligne). Cette gravité est très variable suivant les pays , suivant les périodes.
En Angleterre , en Pologne, dans les pays Scandinaves, la scarlatine est fréquente et très grave. Paris ne compte qu’une centaine de morts par an, et Londres plusieurs milliers. En France, la gravité paraît augmenter. Trousseau disait que la scarlatine méritait à peine le nom de maladie; actuellement elle fait beaucoup plus de victimes.
Le danger du voisinage dans les salles d’hôpital est moindre que pour la rougeole, les seules complications infectieuses étant des angines pseudo-membraneuses, dont il est plus facile de se défendre.
L’albuminurie est une complication à surveiller.
La scarlatine fait moins de victimes en France que la rougeole (voir p. 656).
7° Prophylaxie. — Elle est beaucoup plus compliquée que celle de la rougeole.
a) Dans la famille. — La base est ïisolement précoce et complet avec toutes les précautions indiquées page 584, pour l’entourage, les linges, etc., Une desquammation suspecte ne doit pas faire