SUETTE MILIAIRE
respectait les étrangers en Angleterre ; suivait les Anglais sur le continent sans se propager. Exemple remarquable des susceptibilité de race.
Vi. — SUETTE MiLiAIRE.
Fièvre éruptive plus méconnue que rare; il semble cependant que ses apparitions deviennent beaucoup moins fréquentes.
1° Particularités. — Début brusque. Triade symptomatique : sueurs, érythème polymorphe, phénomènes nerveux. Desquamation. Convalescence lente.
Diagnostic avec la rougeole (coexistence fréquente des épidémies).
Pronostic grave. Mort subite fréquente. Affection traîtresse. Mortalité de 13 p. 100 environ.
Maladie de printemps et d’été. Frappe surtout les sujets vigoureux. Atteint quelquefois un quart de la population.
2° Contagion . Germe . — Contagion surtout indirecte. Germe inconnu, très diffusible.
3° Épidémies. — Maladie française ou des frontières (Belgique, Allemagne, Italie). Endémique dans certaines régions limitées (Picardie, Poitou, Languedoc, etc.), avec explosions épidémiques. Apparaît en 1712 à Montbéliard et s’étend en 1718 (suette des Picards). De 1712 à 1800 se répand dans différentes provinces. Pendant le XIXe siècle, s’étend presque partout, sauf au Nord-Ouest et au Sud-Est (voir la fig. 148). En 1906 (mai, juin) envahit les départements de la Charente et des Deux-Sèvres (6 000 malades en 45 jours), puis disparaît brusquement.
La diffusion de l’épidémie est brusque, rapide, comme celle de la rougeole, mais par petits foyers successifs; il n’y a pas de diffusion .simultanée comme pour la grippe ; c’est une tache d'huile qui s'étend lentement. La propagation ressemble plutôt à celle de la peste. Les villes sont respectées; c’est une maladie rurale. La suette ne traverse les fleuves que là où il y a des ponts; elle atteint les maisons près des champs cultivés, surtout le rez-de-chaussée. Il doit y avoir un intermédiaire à cette contagion sûrement indirecte.
FIÈVRES ÉRUPTIVES
4° Rôle des campagnols. — Pour Chant emésse, Marchoux et Hamy, la maladie est propagée par les rats campagnols. Cela expliquerait. bien la marche de ces épidémies rurales. Les puces des rats transmettraient le germe à l’homme. Ce n’est qu’une hypothèse,
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Fig. 148. - — Suette miliaire en France.
mais rendue vraisemblable par ce fait que l’invasion des campagnols précède, en général, les épidémies de suette.
4° Prophylaxie. — Déclaration et désinfection obligatoires (p. 580). Isoler les malades (?). Surveiller les chemineaux. Supprimer les fêtes, les foires, licencier les écoles. Détruire les rats.