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I. — Les typhus exanthématiques

Ces maladies sont transmises par les poux et les puces .

d) Typhus historique ou de T Ancien monde. — Cette forme, due à Rickettsia Prowazecki et transmise exclusivement par le pou (Charles Nicolle), qui a été un des grands fléaux de l’humanité, est celle que l’on désigne communément sous l’appellation de typhus exanthématique , sans autre qualificatif. En raison des mesures internationales dont il est l’objet, ce typhus sera étudié dans la Huitième partie.

b) Typhus murin ou du Nouveau monde. — A côté du grand typhus historique, Brill à New-York, d’une part, et Mooser, au Mexique, d’autre part, ont mis en évidence l’existence d’un typhus de moindre gravité, d’origine murine, dont le virus Rickettsia muricola , est transmis du rat à l’homme par la puce.

Cette rickettsia parasite le cerveau du rat, sans que cet animal en paraisse, en général, incommodé. Son inoculation au cobaye mâle produit chez cet animal, au bout de six à dix jours, non seulement une élévation thermique, comme celle du typhus historique, mais une orchite avec inflammation de la vaginale dont les cellules épithéliales sont remplies de Rikettsias (cellules de Mooser), avec parfois des paralysies.

Le diagnostic se fait chez l’homme par :

1° Le test de Neill et Mooser : inoculation du sang du malade au cobaye, par la voie intrapéritonéale, qui produit la réaction ci-dessus décrite.

2° L’agglutination du Proteus X19 par Je sérum du malade, qui se

rochaix. — Précis d'hygiène.

LES R1CKETTSI0SES

produit souvent à un taux aussi élevé qu’avec le sérum d’un malade atteint de typhus historique, mais à une période plus tardive au cours de ]a maladie.

La transmission à l’homme se fait par les puces des rats, Xénopsyila cheopis. L’infection est réalisée par les déjections de l’insecte au point de la piqûre. De rat à rat, la transmission a heu par les poux des rats ( Polyplax spinulosum ) et d’homme à homme par le pou de l’homme.

La contagion peut se faire aussi par voie digestive, si un individu avale des aliments souillés par les urines de rats contaminés.

Il existe une immunité croisée avec le typhus historique, de longue durée, qu’on a mise à profit pour réaliser la vaccination contre ce dernier.

Les noms les plus divers ont été donnés au typhus murin, avant qu’on ait découvert l’agent et le réservoir du virus. Le tabardillo ou typhus mexicain paraît être un mélange de typhus historique et de typhus murin. On l’a appelé maladie de Brill. Quand Plazy et Germain, Marcandier et Pirot l’ont découvert en France, ils lui avaient donné le nom de fièvre nautique.

La prophylaxie est la même que celle de la peste : lutte contre les rats et les puces. Mettre, en outre, les aliments à l’abri de la souillure par les rats (Pour la vaccination, voir infra.)

IL — Les fièvres exanthématiques .

Ces infections sont transmises par divers acariens.

a) Fièvre pourprée des montagnes rocheuses. — Due à Rickettsia Rickettsi, présente dans le sang des malades pendant toute la période fébrile; cette infection n’a pas été signalée en Europe, ni dans nos colonies.

L’inoculation intrapéritonéale du sang du malade au cobaye donne aussi une péri-orcliite avec élévation thermique. Pas de pouvoir agglutinant autonome : agglutination constante mais tardive de X19, OX2, XK.

Le réservoir de virus est constitué par des rongeurs sauvages et la transmission à l’homme se fait par des tiques ( Dsrmacentor andersoni, D. variabilis) .

Pas d’immunité croisée avec les typhus et la fièvre fluviale du Japon.

La prophylaxie consiste à se protéger contre les tiques.

b) Fièvre fluviale du Japon . — Décrite au Japon et dans l’archipel malais, cette infection est due à Rickettsia orientalis ou Tsutsugamushi, qui parasite un campagnol, réservoir inapparent du virus.

FIÈVRES TYPHO-EXANTHÉMATIQUES

Le sang des malades inoculé au cobaye et au rat, ne produit qu’une infection inapparente. Mais inoculé au singe et au lapin dans la chambre antérieure de l’œil et dans le testicule, il détermine une réaction fébrile. Le sérum des malades n’agglutine que le Proteus XK.

La transmission se fait par les larves de Trombidium akamushi, acarien fréquent dans les rizières, et par Tr. Deliensis, en Malaisie.

La prophylaxie consiste à se protéger contre les piqûres de ces acariens.

c) Fièvre boutonneuse. — Signalée d’abord en Tunisie, elle a été bien étudiée à Marseille, par D. et J. Olmer, en 1925.

Klle est due à Rickettsia Conori, qui plus difficilement que le typhus murin, donne de l’orchite au cobaye inoculé. Agglutination tardive de X19 et OX2.

Le réservoir de virus est surtout le chien, dont l’infection est inapparente, mais le sang virulent. D’autres animaux (on en a compté jusqu’à 37, dont le lapin, Joyeux et Pieri), peuvent recéler cette rickettsia.

La transmission se fait par une tique, Rhipicephalus sanguineus , ( tache noire , caractéristique de l’inoculation). Elle peut se faire aussi par pénétration des liquides virulents de la tique écrasée au niveau des muqueuses, de la conjonctive oculaire ou des excoriations de la peau.

La prophylaxie consiste à détruire les tiques sur les chiens ou dans les locaux qui peuvent les abriter.

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