I. — Fièvre récurrente d’Europe ou à pou
Cette forme existe en Russie, en Pologne, en Bosnie, en Herzégovine, en Roumanie, en Irlande. Hors d’Europe, on l’a signalée en Indochine, en Afrique occidentale française où elle a produit une épidémie sévère en 1921, suivie de petites explosions épidémiques les années suivantes.
Cette fièvre revêt la forme d 'épidémies, parfois extrêmement violentes. L’agent en est le Spirochète d’Obermeieri , petit organisme mobile, à spirales flexibles, mince et effilé à ses extrémités, long
LES FIÈVRES RÉCURRENTES
de 8 à 15 y. (fig. 174) et le réservoir de virus est l’homme pendant toute sa maladie. D’après certains auteurs, (Gatanei, Grill, etc.) le convalescent pourrait rester porteur de germes.
L’agent transmetteur est le pou de corps ou de vêtement ( Pediculus vestimenti) rarement le pou de tête ( P . capitis). L’insecte s’infecte
Fig. 174. — Spirochœta Obermeieri dans le sang (d’après Rubner, Gruber et Ficker) .
en piquant le malade pendant la période fébrile et surtout dans les vingt-quatre heures qui précèdent l’accès.
Le spirochète d’Obermeïer effectue dans le corps de l’insecte une partie de son cycle évolutif et c’est six jours après avoir piqué l’homme lorsque le parasite arrive dans le cœlome de l’insecte, que ce dernier devient infectant. Il le reste toute sa vie et Ch. Nicolle a même démontré la transmission héréditaire de l’infection aux œufs : la larve en sortant de l’œuf est donc susceptible de contaminer un individu sain.
Le parasite ne peut être libéré du corps de l’insecte que par écrasement, ce qui se produit au moment du grattage énergique par
LES FIÈVRES RÉCURRENTES
l’individu parasité, qui met l’insecte en pièces et produit les lésions de la peau nécessaires à la pénétration du virus.
Tout ce qui favorise la multiplication des poux (malpropreté, encombrement, misère, etc.) est une cause d’extension de la fièvre récurrente européenne.
Prophylaxie. — • Déclaration obligatoire aux colonies (décret du 16 août 1927). L’isolement, avec traitement immédiat , est la mesure à la fois prophylactique et curative la plus efficace (le spirochète disparaît du sang, en 12 heures, après une injection de 0,30 de novarsénobenzol).
lé épouillage (voir p. 615) doit être pratiqué de façon générale, non seulement en ce qui concerne le malade, mais pour préserver les sujets sains.