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AUTRES MALADIES MICROBIENNES OU PARASITAIRES

1° Actinomycose . — Maladie commune à l’homme et à certains animaux (bovidés, cheval, porc), due à Y Actinomyces bovis.

a) Particularités cliniques et gravité. — Chez l’animal : tumeurs ulcérées de la mâchoire

et de la langue. Chez l’homme : forme cervico-faciale, thoraco-pulmonaire, abdominale, cutanée, etc. Lésions rappelant la tuberculose, la syphilis, l’ostéosarcome.

Diagnostic par la présence dans le pus des grains jaunes d’or spécifiques (fig. 177) et par les cultures.

Maladie plus fréquente qu’on ne le croyait (Israël, Poncet).

Grave si elle n’est pas soignée à temps (ablation, Kl).

b ) Etiologie. — L’Actfnomyces existe à la surface des céréales et des graminées, dans las fourrages, les barbes d’épis, à la surface de la paille, des grains da blé.

L’homme peut donc s’inoculer directement par ces produits;

Fig. 177.

Grains jaunes dans une lésion actinomycosique (L. Bérard).

MALADIES MICROBIENNES

l’actinomycose est surtout une maladie rurale (époque des moissons, des battages). Il peut aussi s’inoculer par ranimai (bovidés surtout), ou même par l’homme, le pus actinomycosique restant assez longtemps virulent).

c) Prophylaxie. — Se méfier des épis de graminées, de blé, d’orge, des brins de paille, etc. ; ne pas les porter à la bouche.

Traitement par l’iodure de potassium et l’ablation chirurgicale.

Précautions habituelles vis-à-vis des lésions suppurées humaines ou animales.

Pas de déclaration obligatoire ou facultative.

2° Streptococcie. —

Le Streptocoque pyogène de Pasteur, Felheisen, etc., est un microbe très répandu dans la nature (fig. 178) ; il existe dans l’air, le sol, les poussières; il existe dans nos cavités naturelles.

Il est assez facile à détruire ; un chauffage à 100° le tue en

quelques minutes, de même une solution faible de sublimé employée à 45°. Mais il résiste très longtemps aux causes naturelles de destruction; la désinfection est indispensable.

Il existe un nombre infini de variétés de streptocoques pyogènes, ce qui explique l’insuccès des sérums antistreptococciques qui n’agissent que sur la variété qui a servi à préparer le sérum.

Le streptocoque pyogène est l’agent d’un très grand nombre d’affections variées pouvant porter sur la plupart des organes (microbe à tout faire, comme le staphylocoque pyogène). Il est fréquemment associé et cause aussi une foule d’infections secondaires (variole, diphtérie, angines, grippe, rougeole, etc.). Ces infections secondaires sont presque toujours graves. L’association au streptocoque est de mauvais pronostic.

a) Infection puerpérale . — Nous dénommons ainsi toutes les complications septiques de la puerpéralité.

STREPTOCOCCIE

Actuellement, grâce à l'asepsie, la mortalité n’est plus que de 0,5 ou 0,2 p. 100.

1° Particularités cliniques. Gravité. — Les symptômes sont très variables. Ils sont généralisés (forme septicémique, la plus grave) ou localisés (abcès, péritonites, phlébites, etc.).

Avant l’application des découvertes pastoriennes, l’infection puerpérale faisait des ravages considérables dans les maternités; de véritables épidémies étaient fréquentes. On comptait, en moyenne 2 à 3 p. 100 de mortalité par septicémie chez les accouchées, et ce chiffre était dépassé dans les milieux épidémiques (jusqu’à 25 p. 100 et plus).

Périodiquement les maternités étaient décimées.

2° Étiologie. Pathogénie. — L’infection puerpérale peut être due à différents microbes. Mais son agent presque constant est le streptocoque pyogène (Doléris, 1880; Chauveau et Arloing, 1884; Widal, 1889). ‘

Les autres microbes pouvant causer la septicémie puerpérale sont nombreux : ils agissent seuls ou en association entre eux ou avec le streptocoque. Citons : le Staphylocoque pyogène , le Gonocoque , le Colibacille , le B. perfringens et autres anaérobies , etc. Le pronostic est en général moins grave qu’avec le streptocoque.

Pendant longtemps, la contagion indirecte par des objets souillés a paru prédominante. En réalité, la plupart des streptococcies sont d’origine humaine. King a présenté en 1930, 26 cas d’infections puerpérales dans lesquelles les malades avaient été vraisemblablement infectées par des microbes provenant de la gorge d’une personne de leur entourage. Dans quelques cas, on a pu apporter la preuve bactériologique formelle de la contagiosité par un streptocoque d’origine pharyngé. En 1924 Sédallian a établi, par la saturation des aggluturines avec sérums expérimentaux que tous les cas d’infections puerpérales survenus dans un service pendant deux ans provenaient d’un même microbe d’un porteur pharyngé. En 1931, Paucié a apporté la même démonstration pour deux cas, etc.

3° Prophylaxie. — Déjà, en 1848, Semmelweis, de Vienne, luttait contre la septicémie puerpérale par l’isolement des infectées. Tarnier, suivant cet exemple, avait réduit à 1 p. 100 la mortalité dans son service. Mais, c’est

MALADIES MICROBIENNES

depuis la connaissance exacte de la cause que les règles de la prophylaxie ont été rigoureusement tracées.

oc. Pendant la grossesse. — Propreté intime minutieuse (injections vaginales savonnages vulvaires, canules très propres, etc.), propreté générale (bains, propreté du linge).

(3. Pendant le travail. — Toilette ano-vaginale. Occlusion de la vulve par un pansement aseptique. Mais, surtout, c'est V accoucheur et ses aides qui doivent prendre des précautions personnelles d’asepsie (sarreaux stérilisés, asepsie des mains, instruments stérilisés, masque , etc.), partant de ce principe que V infection puerpérale est presque toujours inoculée à V accouchée par V accoucheur ou la garde.

y. Pendant les suites de couches. — C’est l’asepsie la plus complète pendant toute la période où l’utérus constitue encore une porte ouverte à l’infection. On fait de moins en moins d’injections vaginales; on compte davantage sur la défense naturelle du vagin (mucus acide, etc.) contre les microbes. Se méfier du thermomètre.

S. Sérum antistreptococcique. — Nous avons vu (p. 756) pourquoi le sérum était souvent inefficace (multiplicité des types de streptocoques). Il doit être polyvalent.

s. Maternités. — Il y a une hygiène toute spéciale des maternités, en raison de la promiscuité d’un grand nombre de femmes si facilement inoculables. L’asepsie doit être encore plus grande que dans un service de chirurgie : asepsie des locaux, du personnel, des instruments, des linges, etc.

Toute maternité aura des chambres d’isolement pour les femmes même légèrement infectées. La désinfection des objets ayant eu contact avec l’infectée sera rigoureuse. Le personnel sera différent pour les infectées et les non-infectées. Le médecin portera une attention toute particulière sur la désinfection de ses mains après un contact avec une infectée.

Ç. Sages-jemmes. — On ne saurait trop insister sur l’importance de l’éducation des sages-femmes. Des écoles sont indispensables. Ne sera propre que la sage-femme qui aura compris le mécanisme de l’infection. De bonnes sages-femmes sont très importantes au point de vue social.

Y). Soins à domicile , gardes-malades . — A domicile, on pratiquera l’isolement avec garde-malade spéciale. La désinfection en cours de maladie se fera suivant les règles indiquées page 592.

0. Déclaration et désinfection ■ ■ — La déclaration est obligatoire (n° 12,

p. 580), lorsque le secret de l’accouchement n’a pas été réclamé.

b) Érysipèle. — L’érysipèle est dû au streptocoque pijogène.

1° Gravité. Étiologie. — Il est bénin (0 p. 100 de mortalité) quand il est médical, c’est-à-dire quand il atteint un sujet normal à la faveur d’une petite érosion (érysipèle de la face); il est très grave quand il survient comme complication d’une plaie, chez un opéré.

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