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CHAPITRE LX1I

MALADIES CUTANÉES PARASITAIRES

1° Maladies cutanées des pays tempérés . — Elles sont fréquentes; sans présenter une grande gravité par elles-mêmes, elles sont parfois l’origine d’infections secondaires générales par les

portes d’entrée qu’elles créent. On les observe surtout à l’école (voir Hygiène scolaire , p. 182).

a) Phtiriase. — Maladie produite par les poux. Le pou de tête (jpediculus capitis) (fig. 179), de couleur livide ou blanc cendré, est répandu sur toute la surface du globe. Il vit sur la tête des individus malpropres; il est surtout fréquent chez les enfants des classes pauvres. Par les démangeaisons qu’il produit, il peut être l’origine d’excoriations et d’éruptions impétigineuses.

Le pou du corps {jpediculus vestimenti), plus volumineux, est commun dans le midi et l’est de l’Europe (Russie, Pologne). Il se cache surtout dans les plis des vêtements, en contact immédiat avec la peau, sur laquelle il ne séjourne que le temps nécessaire pour prendre sa nourriture. Les démangeaisons sont plus marquées que celles provoquées par le pou de tête et les lésions plus accentuées. C’est le pou de corps qui joue le rôle le plus important dans la dissémination des maladies contagieuses (voir p. 573).

Le genre Phtirius (composé d’une seule espèce, Phtirius ingui-

Fig. 179. — Pou de tête

( Pediculus capitis (d’après Brumpt).

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nalis, morpion) (fig. 180) vit, principalement, sur toutes les régions poilues de l’adulte (le cuir chevelu excepté); chez l’enfant, on l’observe parfois aux cils.

On le rencontre surtout dans la région pubienne ; aussi se propage-t-il principalement par les rapports vénériens.

b) Puces. — La puce de l’homme (. Pulex irritans) ne produit qu’une lésion minime, qui serait sans importance, si les recherches de ces

Fig. ISO. — Ptirius inguinalis (cl’après U. Blanchard'.

Fig. 1 SI . — Sarcoptes scabiei, face dorsale Fig. 181 bis. — Sarcoptes Scabiei, face (R. Blanchard). • ventrale (II. Blanchard).

dernières années n’avaient établi le rôle important, joué par la puce, dans la propagation de certaines maladies, et spéciale-

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ment de la peste (p. 787). Les puces du rat (sauf Typhlopsylla musculi ) peuvent vivre sur l’homme.

Les puces semblent pouvoir être les vecteurs de certaines maladies à trypanosomes, ainsi que l’ont établi expérimentalement Rabino-

witsch et Kempner, Sivori et Lecler, pour le Trypanosoma Lewisi.

Enfin, la puce du chien ( P . serraticeps ) peut constituer l’hôte intermédiaire du cestode, connu sous le nom de Dipylidium caninum , et, par ingestion accidentelle, déterminer le développement de ce parasite chez l’homme.

Fig. 1S2. — Trichophyton tonsurans (d’après Sabouraud).

d) Teignes et favus. — Ces maladies cutanées à champignons étaient autrefois très fréquentes chez les enfants de la classe pauvre et dans les écoles. Elles tendent à diminuer.

Aux trois types cliniques de teignes : teigne faveuse, teigne tondante à grosses spores, teigne tondante à petites spores, correspondent trois espèces ou plutôt, trois groupes formés d’espèces très voisines : les Achorions, les Trychophytons , les Microsporons.

1° Teigne tondante à grosses spores. — Elle s’observe presque exclusivement dans la première et la seconde enfance. Elle est due

c) Gale. — C’est une affection cutanée, déterminée par la présence d’un acarien parasite, le Sarcoptes scabiei (fig. 181). Cet acarien ressemble à une petite tortue; il possède un corps orbiculaire, plat en dessous, un peu hémisphérique en dessus.

La contagion se fait ordinairement directement (cohabitation nocturne, rapports sexuels); la malpropreté constitue une cause prédisposante importante. On peut contracter également la gale au contact des animaux malades.

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au développement, à l’intérieur du poil, du Trichophyton tonsurans (fig. 182). Elle se rencontre surtout dans les grandes villes. La contagion a presque toujours lieu d’enfant à enfant.

Fig. 1S3. — Micros poron Audouini en culture. — a, renflements piriïormes sur les filaments; — b, c, transformation des renflements en chlomydospores intercalaires; d, e, conidies fuselées; — g, h, liyphes fertiles en grappe simple: — i, conidies du type Acladium ; — /, conie difuselée pluriseptée du Micros poron lanosum (d’après Bodin).

La prophylaxie consiste essentiellement dans l’isolement des jeunes teigneux; malheureusement, il arrive trop souvent que la teigne n’est reconnue que tardivement et l’enfant malade

rochaix. — Précis <V hygiène.

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a déjà contaminé ses frères et sœurs ou ses camarades d’école.

Pour éviter une perte de temps considérable dans les études ou l’apprentissage de l’enfant, qui doit être isolé pendant toute la durée du traitement, on a créé, dans les grands centres, des écoles spéciales où sont instruits les jeunes teigneux. L’école Lallier, située à Paris, à l’hôpital Saint-Louis, en est un exemple. Actuellement, grâce à la radiothérapie, qui réduit beaucoup la durée du traitement, cette perte de temps sera plus facilement évitée.

2° Teigne tondante à petites spores. — Maladie du cheveu, elle est aussi spéciale au jeune âge. Elle est due à la présence de Microsporon Audouini (fi g. 183).

Elle est très fréquente dans l’Europe occidentale et très rare ou inconnue dans l’Europe orientale, à mesure qu’on s’éloigne de l’Atlantique.

C’est la plus contagieuse de toutes les teignes; aussi est-il important de la dépister avec le plus grand soin. La contamination a toujours lieu par contagion, soit directe, soit indirecte.

La prophylaxie est celle de la teigne à grosses spores.

3° Favus. ■ — Affection parasitaire du cuir chevelu, causée par Achorion Schœnleini , caractérisée par une production spéciale d’aspect croûteux que l’on nomme le godet favique.

Cette affection ne paraît pas très contagieuse d’homme à homme; elle se propage vraisemblablement par l’intermédiaire de certains animaux. Elle est surtout fréquente dans la deuxième enfance. C’est une maladie due, en grande partie, à la malpropreté; les traumatismes peuvent favoriser son apparition. On l’observe plus souvent à la campagne que dans les villes.

En France, existent trois foyers principaux : Normandie; Landes et Dordogne; Hérault (Feulard). Le favus, rare à Paris, est plus fréquent que les teignes trichophytiques à Lyon (Augagneur) et à Rennes (Bodin).

La propreté est le meilleur moyen prophylactique. La contagion est moins à redouter que pour les autres teignes; néanmoins, il sera bon d’éviter un contact trop fréquent avec les malades.

e) Pytiriasis versicolor. — C’est une affection de l’adulte, peu contagieuse, due à Mallassezia furfur.

f) Erythrasma. — Voisine de la précédente cette affection est due au Microsporon mmutissimum. Elle est peu contagieuse et entretenue par la chaleur et l’humidité.

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2° Maladies cutanées des pays chauds . — a) Puce-chique ( Sarcopsylla. penetrans ). — Cet insecte pénètre dans l’épaisseur de la peau : son abdomen se développe peu à peu par suite du développement progressif des œufs, jusqu’à simuler un grain de gui par son volume et sa couleur. L’animal meurt dans la cavité où il s’est développé, et son cadavre est expulsé par un processus inflammatoire qui ne présente rien de grave en lui-même, mais ouvre la voie à toutes les infections secondaires.

L’exislence de la puce-chique constitue un véritable fléau, dans les régions qui en sont affligées (Amérique tropicale, Sénégal, Congo, Madagascar). Des mesures très rigoureuses, prises dans l’Inde, ont protégé l’Asie anglaise contre le fléau de la puce-chique.

b) Caratés. ■ — - Mycoses cutanées, caractérisées par la formation de squames diversement colorées. Elles sont dues à des Pénicillium et à des Aspergillus. Leur domaine est limité à la Colombie et aux États circumvoisins.

c) Tokélau. ■ — - Dermatose endémique dans les îles de l’océan pacifique et en Indochine. Elle est due à un champignon : Endermophyton concentricum, découvert par Manson. Il est souvent associé à un Aspergillus.

d) Verruga du Pérou. - — - Maladie infectieuse, avec éruption de tumeurs spéciales, très vasculaires, due à un bacille acidophile.

e) Pian. ■ — Maladie spécifique, inoculable et contagieuse, à éruptions, due au Spirochœla pertenuis. Elle est répandue dans la zone intertropicale.

La plupart de ces maladies sont évitables par une propreté corporelle minutieuse.

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