SOCIALE
Gomme nous l’avons noté au début de cet ouvrage, si vers la fin du XVIIIe siècle, quelques précurseurs avaient entrevu l’importance sociale de l’hygiène, ce n’est que dans le dernier tiers du XIXe siècle que l’on commença à en prendre pleinement conscience. On se rendit compte de l’influence des facteurs sociaux comme causes puissamment favorisantes des maladies, on rechercha leur portée sociale et les moyens sociaux à mettre en œuvre pour les combattre.
C’est naturellement la tuberculose qui attira, la première, l’attention. On lui adjoignit, dans la suite, la syphilis, le cancer, l’alcoolisme, dont l’ensemble constitue ce qu’il est actuellement convenu d’appeler les maladies sociales.
En réalité, comme beaucoup d’auteurs l’ont fait remarquer, Léon Bernard entre autres, la division de l’hygiène en sociale et publique est purement artificielle et arbitraire. Toutes les maladies épidémiques et contagieuses sont influencées par les facteurs sociaux, ont des conséquences sociales, exigent des moyens sociaux de prophylaxie (voir, à titre d’exemple, la Rougeole , page 654). Les grands travaux d’eau potable, d’assainissement, la solution des problèmes d’habitation, etc., constituent des réalisations d’Hvgiène sociale, au même titre que l’organisation de la lutte contre la tuberculose ou les maladies vénériennes. L’amélioration de l’hygiène générale des collectivités grandes et petites, est un élément capitale de prophylaxie contre les fléaux (la tuberculose en est un bel exemple), aussi important, si l’on envisage les résultats de haut et sur une longue période, que l’utilisation des moyens spécifiques. Tout se tient, tout