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CHAPITRE LXXIII

CANCER

Le cancer constitue un des rares fléaux morbides qui paraisse en progression. C’est une maladie de l’âge mûr et de la vieillesse.

1° Fréquence. — En France, d’après la Ligue française contre le cancer, il ferait plus de 40 000 victimes par an. Mais, étant donné l’insuffisance de nos statistiques officielles, basées sur des déclarations de décès établies le plus souvent sans contrôle médical, la fréquence dans les statistiques, de causes de mort, étiquetées sénilité , affections chroniques , causes inconnues , le nombre des cancéreux qui passe inaperçu doit être considérable. En calculant le nombre des cancéreux qui se cachent sous ces rubriques, on arrive à la conclusion que le chiffre de 40 000 morts annuelles par le cancer, répond à peine à la moitié du chiffre réel qui doit osciller entre 85 et 90 000.

On peut voir (fig. 209) la répartition du cancer en France, suivant les départements, pendant la période 1930-1931, d’après la statistique générale de la France.

Dans tous les pays, le chiffre des cancéreux paraît augmenter. En Espagne, la mortalité par le cancer a passé de 42,2 par 100 000 habitants en 1901, à 61,85 en 1930 (Espinos et Moroder). Au Canada, on signale aussi sa progression : dans les provinces de Québec et de Manitoba, le taux de la mortalité atteint en 1933, 91 p. 100 000 habitants et dans la province d’Ontario 114,7, la même année. En Belgique, il y avait en 1910, 63 morts pour 100 000 habitants, en 1933, il y en avait 109,4, etc.

Mais ces chiffres élevés ne constituent aucune preuve d’une augmentation réelle du cancer. Haubold a rappelé, à ce sujet, les statistiques d’autopsies faites à la Charité de Paris, par Bayle et par Méné-

LE CANCER

trier, à un siècle de distance, et qui donnent un pourcentage de cancéreux sensiblement identique (14 et 12 p. 100).

L’augmentation apparente du cancer est due à trois causes :

1° on dépiste mieux le cancer;

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(Dressée par S. Anselme).

Fig. 209. — Proportion des décès par cancer pour 100 000 habitants (1930-1931).

2° on le déclare plus facilement qu’autrefois. Jadis le médecin s’abstenait de toute déclaration, à la demande des familles;

3° la durée de la vie augmente. Une fraction plus grande de la population atteint l’âge du cancer, c’est-à-dire la vieillesse. Calculée sur une population dans laquelle on établit préalablement la constance de la répartition des âges dans le bloc examiné chaque année,

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