‹ Précis d'hygièneChapitre 403 sur 447 · VILLES · texte numérisé non relu

VILLES

Proportion pour 100 000 liab. Proportion pour 100 000 hab.

Suisse 1 20.3 Hollande 106.4 Ecosse 103.0 Suède 983

faagpe

Norvège nrr Allemaqne Irlande Autriche France tjo.ezelande 75,2 Etats Unis, .Y/. 7 zonecontroleer 4-/ Australie ~V43 Belgique 669 Uruguay G66 Italie 65)2 Japon G 4,3 Ontario 63.G Espagne 523 Honqrie 45.5 Cuba 446 Hawai 40,7 Costa-Rica 406 Chili 35G

Copenhaquel 61,3 Berlin 133,5

Vienne 128,9

Amsterdamll6.7 Londres il 1.7

Paris 110,8

Hambourg 105,4

Budapest' Glasgow Rome Madrid Li verpool Moscou Sydney Petrograd Buenos-Ayres85,5 Philadelphie 853 Chicago 78,9 New-York 77,1.

Tokio 736 Osaka 55.9 Rio de Janeiro425 Constantinople348 Calcuta n,7

Fig. 210. — Satatistique internationale de la mortalité

(d’après Hoffmann).

cancéreuse (1908-1912)

(voir p. 18), parce qu’on connaît mieux le cancer, parce qu’on le soigne activement, au lieu de lui laisser suivre son cours fatal.

Le cancer passe pour frapper surtout les races nordiques. Cette opinion est basée sur la statistique classique de Hoffmann (fig. 210).

Mais il faut remarquer que dans les pays du Nord, en Scandinavie en particulier, les statistiques médicales sont depuis longtemps établies d’une façon exacte, avec vérification médicale de la cause des décès. Si la fréquence du cancer est plus grande dans ces pays, la différence avec les autres pays, n’est certainement pas aussi considérable que l’indiquent les chiffres des statistiques.

2° Étiologie. — Le cancer n’est pas contagieux , ni d’homme à homme, ni de l’animal ou des végétaux à l’homme. On ne peut

LE CANCER

citer un exemple indiscutable de contagion du cancer (contagion de médecins ou d’infirmiers, contagion conjugale, etc.). Il n’existe pas de maisons à cancer.

Chez certains animaux (poule) on a pu démontrer l’existence de virus , qui peuvent, par inoculation, provoquer des cancers caractéristiques (Peyton-Rouss) . On n’a pas encore observé l’existence d’un tel virus pour les cancers humains. De même, on a pu transférer par greffes d’un animal à l’autre (souris) certains cancers animaux. On ne sait si les cancers humains peuvent aussi se transplanter1 .

C’est, qu’en réalité, il n’y a pas un cancer, mais des cancers. Le cancer est un groupe de maladies, très distinctes les unes des autres, qui ont, comme point commun, de provenir d’un tissu qui subit une déviation de son évolution, qui a un mode de nutrition, un métabolisme, assez spécial, qui l’apparente aux tissus embryonnaires et qui se met à proliférer de façon anarchique.

On a pu produire des cancers par l’action de certaines substances, en particulier de divers produits extraits du goudron. Deux savants japonais, Yamagiva et Itchakawa, il y a une trentaine d’années, ont obtenu de véritables cancers cutanés en badigeonnant longuement certains points de* la peau (cobaye, lapin) avec du goudron de houille. L’expérience a été reproduite depuis, maintes fois, avec succès. Il faut du goudron de houille, le goudron de bois ne cancérise pas la peau.

Au « Cancer hospital » de Londres, deux savants, Kennaway et Cook ont, dans les constituants du goudron, isolé des carbures cycliques qui possédaient cette propriété et Cook, en 1931, a isolé et même fait la synthèse du plus actif de tous, le 5-6 cyclopenteno -1-2 benzanthracène. Dans tous les carbures cancérigènes, on trouve invariablement le noyau cyclique du phènanthrène. Or, on s’est, aperçu qu’il existe une étroite parenté entre les carbures cancérigènes et certaines substances comme la cholestérine, les acides biliaires, la folliculine et certaines vitamines. Y a-t-il une filiation possible entre ces corps biologiques et les produits cancérigènes ? Par des transformations chimiques simples, la cholestérine ou les acides biliaires peuvent donner ou des substances cancérigènes ou des hormones sexuelles. On est arrivé à produire expérimentalement des formations cancéreuses par des injections répétées de certaines hormones, comme la folliculine. Aussi se demande-t-on actuellement si les cancers n’auraient pas une origine hormonale ou vitaminique? Cette voie, en tout cas, paraît féconde.

1. On pourrait citer le cas de l’interne Vadon qui, à la suite d’une blessure au cours d’une intervention chirurgicale chez une cancéreuse, succomba à une cancérose.

PROPHYLAXIE

L’hérédité directe ne paraît pas en cause, mais il semble bien qu’il y ait une hérédité de terrain , prédisposant à l’apparition des tumeurs cancéreuses. Signalons le rôle des cicatrices , mis en évidence par A. Lumière (cicatrices de brûlures, de lupus, plaques de leucoplasie buccale, cancers sur les ulcères, coupures, grattages, vieilles fistules osseuses, etc.).

3° Localisations. — Le cancer du tube digestif est le plus fréquent (65 p. 100), mais avec des variations suivant les pays (on l’observe en très grand nombre au Japon, avec une moindre fréquence dans des populations anglo-saxonnes). Le cancer du sein se voit dans une plus large proportion en Europe occidentale, alors qu’au Japon le cancer de l’utérus est beaucoup plus important.

4° Prophylaxie. — a) Individuelle. — La propreté méticuleuse

et la surveillance de premiers signes suspects permettront, soit de prévenir, soit de traiter précocement le cancer, pendant qu’il est encore curable.

a) Il faudra donc :

1° Maintenir la peau dans un parfait état de propreté, pour prévenir les altérations; s’éloigner des fumées corrosives, des vapeurs de goudron; éviter les brûlures, le grattage, les cautérisations intempestives des verrues, des grains de beauté, etc.

2° Prendre des soins constants de propreté de la bouche et des dents. Faire soigner les dents cariées, dont les aspérités peuvent blesser la langue et les joues. Toutes les cavités naturelles doivent être maintenues dans une propreté méticuleuse.

3° Ne pas absorber de mets brûlants, trop épicés, éviter la constipation qui retient dans l’intestin des matières toxiques.

4° Si l’on fume, supprimer le tabac aussitôt que l’on s’aperçoit que la muqueuse de la bouche est altérée (leucoplasie buccale).

Ces soins de propreté éviteront beaucoup de cancers externes.

b) D’autre part, ainsi que le conseille la Ligue française contre le cancer , il faut surveiller l’apparition de petits signes qui devront conduire au médecin, ceux qui les présentent :

— écorchures, suintements, hémorragies, qui ne tendent pas à guérir au bout de quelques jours;

— indurations indolores du sein;

— ulcérations persistantes de la langue ou des lèvres;

— petites tumeurs cutanées qui augmentent et s’ulcèrent;

LE CANCER

— troubles digestifs persistants, surtout quand ils s’accompagnent d’amaigrissement ;

— apparition après quarante ans d’une constipation;

— toute perte de sang anormale.

c) Y a-t-il des aliments qui préservent du cancer? Les opinions sont des plus contradictoires. Rofïo, dans son ouvrage « Chimie du cancer » incrimine le carnivorisme, tandis que Lockhardt-Mummery dans « L’origine du cancer » constate que les peuples strictement abstinents de viande, payent aussi un lourd tribut à la redoutable affection. En réalité, malgré de nombreux travaux, aucune notion précise n’a été établie à ce sujet.

b) Prophylaxie sociale. — Comme on l’a vu, dans l’ignorance où nous sommes encore actuellement de la cause des cancers, on ne peut pas faire de prophylaxie causale. On en est réduit au dépistage et au traitement, les plus précoces possibles, des tumeurs. La lutte contre le cancer est dominée par la notion du diagnostic précoce. La prophylaxie réside tout entière dans la précocité de ce diagnostic : reconnaître le cancer, c’est souvent pouvoir le guérir.

« Il y a l’heure thérapeutique du cancer, l’heure des rayons X et du radium, comme l’heure chirurgicale, moment durant lequel le cancer est encore suffisamment limité pour pouvoir être extirpé en totalité par le bistouri ou frappé de mort complète par l’action des rayonnements » (G. Roussy).

Aussi, des Centres régionaux anticancéreux ont-ils été organisés en France dans les villes, sièges de Faculté ou d’École de Médecine, dont le nombre est actuellement de 16, pour le diagnostic et le traitement précoces. Ce sont aussi des centres de recherches sur le cancer et des foyers de propagande des notions prophylactiques. La Ligue française contre le cancer a pris aussi pour tâche de vulgariser les notions touchant à la prophylaxie du fléau.

5 0 Législation. ■ — Circulaire ministérielle du 25 novembre 1922, invitant les préfets à organiser la lutte contre le cancer, et leur transmettant un programme approuvé par la Commission du Cancer, dans sa séance du 17 novembre 1922, ainsi qu’un modèle de règlement administratif sur l’organisation et le fonctionnement de centres régionaux.

Arrêté du 20 mai 1931, créant une Commission à l’effet de coordonner les travaux et les efforts relatifs à l’étiologie, à la pathogénie et à l’étude clinique, à la thérapeutique et à la prophylaxie du cancer. Cette commission a été intégrée en 1938, dans le conseil supérieur d’Hygiène sociale (voir p. 970).

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