LE RHUMATISME
Depuis quelques années, en Europe et en Amérique, l’attention a été attirée par la fréquence du rhumatisme et des cardiopathies, qui en sont les conséquences. On considère maintenant cette maladie comme un véritable fléau social, nécessitant les mêmes mesures préservatrices que la tuberculose, le cancer, la svphlis, etc.
Définition. — Autrefois appelé rhumatisme articulaire aigu, on l’appelle maintenant maladie rhumatismale. On a constaté, en effet, que les manifestations articulaires de la maladie peuvent faire complètement défaut. Il faut distinguer cette maladie des rhumatismes chroniques qui ne sont pas le passage à l’état chronique du rhumatisme articulaire aigu, ainsi que des pseudo-rhumatismes infectieux, secondaires à des maladies générales, qui sont d’une toute autre nature.
La maladie rhumatismale est une maladie autonome dont le germe est inconnu, particulièrement fréquente en été, pendant les périodes pluvieuses. Les enfants et les adolescents lui paient un tribut particulièrement lourd.
Elle est surtout grave par ses suites. C’est la grande pourvoyeuse des lésions organiques du cœur, qui en sont la conséquence dans 66 p. 100 des cas (Pugy). C’est la vraie responsable des nombreuses cardiopathies de l’adulte.
Fréquence et gravité. — En Angleterre, sur 2 000 personnes assurées, 55 sont atteintes annuellement, soit 27,5 p. 1 000 (Glover, 1930). En 1924, sur 91 000 assurées, 27,6 p. 1 000 ont subi les atteintes de la maladie rhumatismale (statistique du ministère anglais de la Santé).
On peut déduire des statistiques qu’en Angleterre il existe plus de 400 000 rhumatisants sur un total de 16 000 000 d’assurés sociaux.
Aux Etats-Unis d’Amérique, 12 p. 100 de la population entière souffre