ALCOOLISME EXPÉRIMENTAL
On voit que ce tableau est le même que celui de la composition chimique (p. 935).
Lesieur a montré qu’on pouvait mesurer la toxicité des alcools en ajoutant de l’alcool à l’eau où vivent de petits poissons jusqu’à la mort de ceux-ci.
L’alcool est bien un poison. Même absolument rectifié, V alcool est très toxique.
Les symptômes de l’intoxication sont les mêmes pour tous les alcools : excitation, puis paralysie, coma, mort en hypothermie; à l’autopsie : congestion généralisée. Jamais de phénomènes convulsifs.
2° Toxicité des impuretés. — Les impuretés augmentent naturellement la toxicité. Le furfurol a un équivalent toxique de 0,14 à 0,20.
3° Toxicité des essences. — Les essences sont par elles-mêmes très toxiques (Magnan, Laborde, etc.). On doit à Cadéac et Meunier la démonstration du pouvoir convulsivant des essences; cela explique les symptômes de l’essencisme.
Toutes les essences sont dangereuses. Pendant longtemps l’attention a surtout été attirée sur la toxicité de la thuyone qui est considérable. C’est une erreur de croire que l’absinthe sans thuyone n’est pas toxique. L’anéthol, quoiqu’à doses beaucoup plus fortes, est également toxique et se trouve dans les similaires d’absinthe en quantité plus considérable que la thuyone dans l’ancienne absinthe.
Voici la toxité de quelques essences :
Épilep lisantes
Sauge . .
Absinthe Hysope .
Romarin
Milligr. pour 1 k° d’animal.
62, etc.
I Sarriette . 60
Excto- \ Marjolaine . 83
stupéfiantes j Origan . . . . . 86
' Basilic . 140, etc.
Stupéfiantes
f Lavande .
; Rue. . .
) Thym . .
' Serpolet .
180, etc.
4° Alcoolisme expérimental chronique. — On a souvent essayé de reproduire expérimentalement les lésions chroniques de l’alcoolisme. On a en général échoué; il faudrait des expériences conduites avec beaucoup de patience. En général, on n’obtient que des lésions cellulaires. Cependant, Afanasiew (1890) et Mertens (1895) auraient créé de véritables cirrhoses atrophiques.
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Lancereaux et Lafüte (1892) auraient obtenu de la cirrhose du l'oie avec les seuls sels de potasse.
Enfin, on a vu qu’il est possible de reproduire des malformations en alcoolisant les parents.