‹ Précis d'hygièneChapitre 73 sur 447 · LES MALADIES SCOLAIRES · texte numérisé non relu

LES MALADIES SCOLAIRES

b) Myopie. — Elle est due à une longueur exagérée de l’axe antéro-postérieur de l’œil et se traduit par la nécessité de regarder de très près. Les causes sont : l’éclairage défectueux, le mobilier disproportionné, le travail excessif dans de mauvaises conditions (efforts continuels d’accommodation).

Les conséquences, outre le trouble de la vue, sont les attitudes vicieuses. Certaines professions sont fermées aux myopes.

La myopie est surtout fréquente chez les garçons; elle n'est pas héréditaire ; certaines causes y prédisposent. Elle augmente avec la durée du séjour à l’école (internat).

Voici quelques proportions d’élèves myopes :

A Paris :

20,7 p. 100 dans une école primaire de garçons (Chevallereau) ;

10 à 72 p. 100 (suivant les classes) au collège Rollin (Despagnet);

A Lyon (Dor) :

33 p. 100 parmi les internes du lycée;

18 p. 100 • — externes —

A Montpellier (Truc et Chavernac) :

7,9 p. 100 dans une école primaire de garçons,

6, — — — filles,

11,1 — — supérieure de garçons,

9,5 — • — — filles;

En Suisse :

Deux fois plus chez les écoliers de race germanique que chez les écoliers de race latine;

En Allemagne :

5,2 p. 100 dans les écoles rurales et 59 p. 100 dans l’Université (Cohn);

20 p. 100 dans les écoles primaires et 47 p. 100 dans les gymnases (Hoffmann).

L’instituteur doit signaler les enfants qui regardent de trop près. Le médecin devrait avoir le temps et les instruments (échelle optométrique de Monoyer, etc.) pour examiner les yeux de tous les enfants et noter leur vue sur le carnet sanitaire scolaire.

Prophylaxie : éclairage et mobilier hygiénique, surveillance L’enfant myope sera placé près du tableau, à une place bien éclairée; il portera des lunettes. (Von1 p. 164 la question de l’écriture.)

HYGIÈNE SCOLAIRE

c) Troubles nerveux et généraux. — Surtout dans les internats particulièrement aux périodes de travail intensif (examens, concours). Le plus souvent, ils seront évités par l’observation^ des conditions d’hygiène de l’école, et la réglementation du travail scolaire. Ils céderont souvent aussi à la suspension du travail.

Ce sont les céphalées , avec épistaxis , la chloro-anémie (jeunes filles à la puberté), les troubles digestifs (mastication incomplète), la méningite tuberculeuse (surmenage cérébral chez les enfants scrofuleux), l'incontinence d'ürine (très jeunes enfants, classes trop longues), la prédisposition aux maladies infectieuses créées par le surmenage , la névropathie hystérique (jeunes filles pubères), la neurasthénie (lycées), la chorée , les tics, l'épilepsie, etc. Certaines de ces affections (épilepsie, chorée, etc.) peuvent être le point de départ de nouveaux cas par imitation chez les élèves qui assistent aux crises : aussi les épileptiques, les choréiques, les enfants prenant des crises convulsives, doiventils être évincés.

Tous ces cas, d’ailleurs, doivent être signalés par les maîtres aux parents et aux médecins.

d) Troubles de l’ouïe. Végétations adénoïdes. — Le médecin scolaire devrait examiner régulièrement l’ouïe et l’arrière-cavité des fosses nasales, les amygdales et le pharynx. Les végétations adénoïdes surtout, si préjudiciables à l’ouïe et au développement intellectuel, doivent être signalées pour ablation.

e) Dentition. — Une bonne dentition est indispensable (mastication). Dans beaucoup de pays (notamment les Scandinaves), l’école possède un cabinet complètement aménagé de dentiste; un dentiste vient régulièrement examiner et soigner les dents des enfants.

f) Urines. — Bien souvent une albuminurie légère serait dépistée par l’examen systématique des urines, un traitement hâtif éviterait des maladies ultérieures.

2° Maladies contagieuses. — Tout concourt à faire de l’école mal surveillée un foyer de maladies contagieuses et épidémiques : agglomération d’enfants avec contacts incessants, âge de la croissance avec faible résistance, absence d’immunité par maladies antérieures (rougeole, scarlatine ), défaut de surveillance dans les familles, fréquence des porteurs sains de germe (diphtérie notamment), fréquence des formes frustes des maladies de l’enfance (scar-

LE BATIMENT SCOLAIRE

latine , diphtérie, etc.), insuffisance de l’inspection médicale, etc.

Le nombre de ces maladies diminue pendant les vacances scolaires.

La prophylaxie consiste dans l’hygiène générale et aussi dans certaines mesures spéciales (p. 184).

Page 1