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X. — INSPECTION MÉDICALE DES ÉCOLES

L’hygiène est impossible à l’école sans une inspection médicale bien conduite. Le médecin doit surveiller l’hygiène générale de l’école elle-même, celle des écoliers, non seulement quant aux maladies, mais quant à leur développement normal. Il faut des médecins suffisamment rémunérés, examinant tous les enfants et consignant leurs observations sur un carnet sanitaire.

1° Le médecin scolaire . — C’est un rouage indispensable.

Ce principe, posé pour la première fois en 1793, à la Convention, par les hommes de la Révolution française (projet Sieyès, Daunou et Lakanal), ne fut pourtant appliqué chez nous, dans la suite, que de façon très limitée, malgré plusieurs circulaires ministérielles (J. Ferry, 1879), et malgré le décret de 1887 rendant l’inspection médicale obligatoire.

En dehors de Paris et de la Seine (inspection instituée en 1885, réorganisée en 1910), seules quelques grandes villes comme Alger, Bordeaux, Lyon (1880) Nancy, Nice, Le Havre, etc., ont créé le service d’inspection. La Chambre a été saisie successivement de toute une série de projets de lois (G. Doumergue, 1910; Doisy, 1911; Gilbert-Laurent, 1920; Herriot, 1924; Sellier et Dézarnaulds, 1937) sur l’inspection médicale obligatoire. Le Parlement n’a encore émis aucun vote à ce sujet.

A l’étranger, au contraire, l’idée de la surveillance médicale fut appliquée plus tôt que chez nous, en Scandinavie, en Belgique, en Allemagne, en Suisse, en Angleterre, aux Etats-Unis, au Japon, en Egypte, etc.

a) Éducation du médecin scolaire. — Il doit avant tout être un clinicien , aussi chirurgien (goitre, adénites, hernies, scolioses, ostéoarthrites, etc.), que médecin (coeur, poumons, urines, etc.). L’exercice de la médecine générale pendant quelques années lui sera de la plus grande utilité. Le titre d’ancien externe et surtout d’ancien

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interne des hôpitaux aura un grand poids pour le choix par l’administration.

Il serait bon que tout médecin scolaire ait fait un stage dans un service d’enfants, surtout s’il doit surveiller une école maternelle. De même, le médecin scolaire doit être assez au courant de certaines spécialités (yeux, gorge, nez, oreilles, dents, peau, etc.); il doit pouvoir discerner les tares mentales (paresseux, anormaux). Il doit, au moins, pouvoir diriger les enfants vers les consultations spéciales, après avoir rempli la fiche sanitaire.

Mais, aussi, et surtout, le médecin des écoles doit être un médecin hygiéniste , ayant fait des visites répétées dans les agglomérations collectives, telles que les groupes scolaires, initié aux méthodes scientifiques modernes, aux procédés de laboratoire, connaissant les éléments du génie sanitaire, les règlements.

Il doit être aussi quelque peu pédagogue , et se concerter avec l’instituteur sur bien des points : c’est lui qui peut mesurer (Imbert, Mosny), où commence le surmenage intellectuel, jusqu’à quel degré peut être porté l’exercice physique, combien d’heures de travail sont possibles, combien d’heures de récréation nécessaires, cela très différemment, suivant les matières étudiées (mathématiques plus ardues, littérature et histoire plus faciles, etc.).

La sociologie doit constituer aussi, pour le médecin scolaire, un terrain habituel et familier. Il doit être pénétré de l 'importance de son rôle social , et ce rôle est en grande partie subordonné à l’exercice même de sa fonction médicale.

Pour apprendre tout cela, il faut que les futurs médecins scolaires reçoivent un enseignement spécial, surtout pratique, de toutes les choses de l’hygiène. Aussi, le docteur Dézarnaulds, alors soussecrétaire d’État à l’Éducation physique a-t-il inauguré en 1937, dans les trois Facultés de médecine de Paris, Lyon et Nancy, un enseignement destiné à la formation des médecins-inspecteurs des écoles.

b) Rôle du médecin scolaire.- — Voici ses attributions :

1° Examen minutieux de l’écolier à l’entrée, avec appel à des consultations spécialisées, en cas de besoin. (Dispensaires médicopédagogiques, etc.)

2° Etablissement du carnet de santé individuel.

3° Examens semestriels, portant surtout, sur ceux qui, d’après le premier examen et le carnet de santé, doivent être particulièrement surveillés.

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