INSPECTION MÉDICALE DES ÉCOLES
4° Prophylaxie des maladies contagieuses (voir précédemment).
5° Rôle du médecin dans la lutte contre la tuberculose (voir précédemment).
6° Surveillance de la gymnastique, des bains-douches, de l’hygiène générale de l’école.
7° Triage des enfants pour l’envoi aux colonies de vacances.
8° Examen de l’écolier à la sortie de l’école.
9° Orientation professionnelle (voir plus loin).
10° Conférences d’hygiène aux élèves et aux instituteurs, etc.
2° L'assistance sociale scolaire . — On ne saurait trop insister sur la nécessité de la présence à l’école, de cette auxiliaire indispensable. Un certain nombre d’écoles en sont déjà pourvues. Elles ne sont pas encore assez répandues, surtout dans les organisations rurales.
Leur rôle est, en effet, capital. Elles aideront le médecin-inspecteur à établir et à tenir à jour le carnet de santé, à réaliser les mesures de prophylaxie dans le cas de maladies contagieuses ou d’épidémies. Elles veilleront à la propreté de l’école, à celle des enfants. A l’occasion des examens individuels, elles feront saisir, par des remontrances discrètes, aux enfants et aux parents, les inconvénients des mains et des pieds sales, des cheveux pleins de poux, l’utilité des bains et des douches, de la brosse à dents, de la propreté du corps et du vêtement; elles surveilleront l’alimentation, les cantines scolaires, etc.
Elles feront la liaison avec les familles, les médecins praticiens, les consultations, les dispensaires, les hôpitaux, etc., feront les démarches nécessaires pour les admissions, les secours, etc.
On peut dire que c’est de leur activité et de leur dévouement que dépendent l’efïîcacité et le rendement de l’inspection médicale scolaire.
3° Fonctionnement de l'inspection scolaire. — Actuellement, l’inspection scolaire est organisée d’une façon très variable, suivant les départements et les villes. Dans certains départements, on fait appel aux praticiens. Dans d’autres, ce sont des médecins spécialisés, ne faisant pas de clientèle, s’occupant exclusivement de l’inspection scolaire. Une troisième catégorie est constituée par ceux où les inspecteurs adjoints départementaux d’hygiène font l’inspection médicale des écoles, en même temps qu’ils s occupent d’autres questions d’hygiène. Enfin, certains départements ont adopté le système mixte (médecins praticiens et médecins fonc-
HYGIÈNE SCOLAIRE
tionnaires). Je ne parle pas, bien entendu, des départements où rien ou à peu près n’a été organisé. Ils étaient encore au nombre de 42, en 1939!
L’inspection médicale des écoles peut être faite par les médecins praticiens ou par des médecins fonctionnaires. Les deux systèmes ont donné de bons résultats qui dépendent surtout de la valeur et du dévouement du médecin-inspecteur des écoles.
Mais un point qui doit être bien fixé est que le médecin-inspecteur ne fait que du dépistage. Il doit être en relation incessante avec ses confrères praticiens, les dispensaires, les établissements de prophylaxie et de thérapeutique de tous ordres. Comme nous l’avons noté, l’assistante sociale scolaire, a un rôle important à jouer dans cette liaison.
Le médecin-inspecteur faisant exclusivement du dépistage doit être seul. L’action du dentiste, de l’ophtalmologiste, de l’oto-rhinolaryngologiste, de l’orthopédiste, du psychiatre, doit s’exercer en dehors de l’école, à des consultations spéciales, alimentées par des médecins-inspecteurs pour les indigents ou chez les médecins de famille pour les autres.
De nombreuses considérations d’ordre médical, social et pédagogique plaident en faveur de cette manière d’agir. Il serait, d’ailleurs, très préjudiciable à l’instruction de voir chaque spécialiste venir déranger, à tour de rôle, les classes pour procéder à un examen. L’inspection des enfants dans la classe doit être confiée seulement au médecin scolaire habituel, qui doit posséder des connaissances assez étendues, pour s’acquitter utilement de ce soin.
4° Le carnet de santé. — Un carnet sanitaire devrait exister pour chaque élève. Le médecin y consignerait le développement de l’enfant, ainsi que ses maladies et tous les incidents de la croissance. Ce carnet serait secret , confié seulement au médecin et remis à la famille à la sortie de l’école. Celle-ci aurait tout intérêt aie conserver ; il servirait plus tard pour le conseil de révision, pour le mariage, etc. L’utilité du carnet sanitaire n’est plus à démontrer. Sans lui, pas de surveillance sanitaire efficace. Seul il permet de suivre un enfant.
Le carnet sanitaire scolaire individuel existe, en Allemagne, en Suède, en Angleterre, en Belgique, en Autriche, en Suisse, en Roumanie, aux États-Unis, au Japon. Dès 1883, il était indiqué dans un arrêté du Préfet de la Seine. Son institution à Lyon, en 1909, a donné d’excellents résultats.
LÉGISLATION
Mais, comme nous le demandions déjà, en 1914, avec Jules Courmont et Lesieur, dans la lre édition de ce livre, le carnet de santé devrait suivre l’enfant dès sa naissance (voir Hygiène de la première enfance ) et l’homme jusqu’à sa mort. Quels services ne rendrait-il pas à tous les âges de la vie? Un tel carnet de santé a été institué en Belgique. L’arrêté ministériel du 2 mai 1939 vient de combler cette lacune (voir p. 102).
5° Orientation professionnelle. — L’orientation professionnelle est la suite logique de tout processus d’éducation et la préface naturelle d’un apprentissage rationnel, qu’il s’agisse de professions manuelles ou de professions intellectuelles. Elle a été réglementée en France par le décret du 26 septembre 1922. L’organisation d’un office d’orientation professionnelle comporte la présence d’un médecin. Il est de toute évidence qu’un examen physique et psychique est indispensable, pour que 1’ « orientateur » ait en mains tous les éléments qui lui permettront une appréciation saine des aptitudes de l’enfant.