V. — CULTURE PHYSIQUE COLLECTIVE
L’éducation physique collective se donne surtout dans les écoles (p. 172), à l’armée, dans les sociétés d’éducation physique et de sports. Il est, dans ce cas, nécessaire de fournir à ces groupements des emplacements ou des établissements aménagés dans ce but.
1° Stade d*exercices physiques et de sports. — Toute ville, toute commune, doit être pourvue d’un stade, pour que la population puisse y pratiquer les sports (fig. 33).
Dans la plupart des cas, une prairie naturelle ou artificielle, d’accès facile, à proximité des écoles, autant que possible, suffit dans la majorité des cas, comme emplacement, à condition qu’il ne soit pas très humide l’hiver ou inondable au printemps.
Une superficie plane de 16 000 mètres carrés environ, sous la forme d’un rectangle de 175 mètres sur 90 mètres, est nécessaire pour réaliser les principales installations. Quand on le pourra, ces installations comprendront des terrains annexes : dans ce cas; la superficie sera de 200 mètres sur 130 mètres.
a) Terrain central. — La pelouse aura un terrain délimité de foot-ball : 100 X 64 ou de rugby : 130 X 86. Si ce terrain n’est pas à peu près plan, il faudra entreprendre son terrassement, son drainage et même son ensemencement.
b) Piste. — - La pelouse est entourée d’une piste de courses à pied. Il faudra s’efforcer d’implanter une piste de 400 mètres dont les virages seront tracés en arc de cercle d’un seul rayon de 36 m. 50, soit 229 m. 36 de longueur. Les parties droites mesureront 84 m. 39 chacune, soit 168 m. 78. Développement de la piste : 398 m. 14, mesuré à 0 m. 30 de la corde. Une des lignes droites sera prolongée à ses extrémités pour obtenir une piste de 130 à 140 mètres, nécessaire pour les départs et les arrivées des courses de vitesse 100 mètres et 110 mètres haies. La piste peut être prévue en herbe ou en « cendrée », cette
dernière étant beaucoup plus onéreuse, en raison de la préparation du soussol et du sol spécial.
c) Vestiaires , douches et installations sanitaires. — Ce sont les compléments indispensables des installations sportives. Les vestiaires doivent être vastes, éclairés, chauffés et pourvus de water-closets; la salle des ablutions doit être claire, munie d’un débiteur automatique pour éviter le gaspillage de l’eau. Il serait utile de prévoir une salle de lecture et de jeux, pour le mauvais temps
4. Jeux locaux (boules, pelote basque, etc.). — 5. Tennis. — 6. Basket-ball.
7. Aire de culture physique pour enfants (exercices et jeux collectifs). — 8. Portique. — 9. Jardin d’enfants. — 10. Abri pour le public. — U. Pelouses.
d) On devra, autant' que possible, annexer au stade des aires de jeux pour le basket-ball : 24 à 26 X 13 à 15 mètres; pour le tennis : 36 X 18 mètres; pour les jeux locaux (boule, pelote basque, tir à l’arc, etc.). La préparation du sol de ces aires de jeux, doit être faite avec soin. C est un travail spécial, qui demande une certaine expérience et les conseils d un technicien sont utiles pour éviter les erreurs et réaliser des économies.
e) Une aire de culture physique doit être prévue pour permettre aux enfants les exercices et les jeux collectifs. Elle doic donc être préparée comme les aires de jeux et doit comporter un portique avec les agrès réglementaires.
/) On n’oubliera pas d’aménager sur les surfaces disponibles des jardins d'enfants, avec des tas de sable pour les bébés, des pas de géant, des croquets, des volley-ball, etc., pour les plus grands.
Tout cet ensemble devra être agrémenté de plantations variées, non seulement au point de vue de l’esthétique, mais au point de vue de l’hygiène pour les raisons exposées ailleurs (p. 297).
2° Parcs de santé. • — Les parcs de santé (Maurice Aubert) ou les champs de loisir (Chailley-Bert), sont des espaces libres que chaque ville, chaque commune un peu importante, doit posséder pour permettre à la population de faire de l’exercice au grand air et à la lumière, dans des conditions de calme et de facilité.
Contrairement aux stades sportifs qui sont des constructions situées dans la banlieue immédiate des grandes villes, sur une grande voie de communication, les parcs de santé seront d’abord un endroit tranquille, donc un peu à l’écart. Ils seront situés en un lieu dont l’air est pur et vivifiant, dans un endroit reposant entouré de verdure, ou même aménagés en pleine forêt, sur un emplacement de préférence élevé, à flanc de coteau, exposé au midi. « Airlumière- ver dure, telle est la trilogie essentielle. Tout le reste n’est qu’accessoire » (Pathault). Les parcs de santé sont très facilement réalisables, sans dépenses somptuaires.
3° Piscines publiques. - — Dans toute cité, même modeste, on devra aménager des piscines publiques. Les piscines ne sont pas des établissements de propreté, elles sont destinées à la pratique des sports nautiques : natation, crawl, trudgeon, trudgeon-crawlé, water-polo, etc. La balnéation en commun est un exercice physique comparable physiologiquement à la marche ou à tout autre exercice Il en diffère en ce qu’il se pratique dans un milieu liquide dont le contact avec notre épiderme, nos muqueuses et les organes des sens, est susceptible de nous contaminer de multiples manières et de façon indiscutable, ce qui ne se produit que de manière absolument exceptionnelle dans l’air d’une salle de gymnase, par exemple.
Il faut donc que l’eau de la piscine soit claire et pure et il est nécessaire de la maintenir dans cet état, soit en la renouvelant quotidiennement, soit en la purifiant, comme on le fait maintenant couramment. L’eau des piscines peut être à l’origine de toute une série de maladies : affections de la gorge et des bronches, « conjonctivite des piscines », spirochétose ictéro-hémorragique, etc. Il est indispensable d’en préserver ceux qui fréquentent les piscines publiques.
Les mesures destinées à assurer la permanence de la pureté de l’eau devront être complétées par des dispositions complémentaires pour empêcher, dans la mesure du possible, les baigneurs de la souiller, en exigeant d’eux qu’ils n’y
pénètrent qu’après passage par la douche avec savonnage, et qu’ils acceptent une discipline sévère (facile à obtenir chez les sportifs), surtout au point de vue des exonérations urinaires et fécales.
4° Organisation des plages . - — Un nombre de plus en plus considérable de baigneurs afflue chaque année à la mer. Or, l’organisation matérielle des stations balnéaires est la plupart du temps inexistante, au point de vue de l’hygiène. On ne s’en est occupé qu’au point de vue des distractions (casinos, dancings, maisons de jeux, etc.). La plage cependant offre des ressources immenses au point de vue qui nous occupe. Elle doit devenir un centre d’exercices physiques, soit nautiques, soit sur le terrain avec aménagement d’emplacements, sur la plage même ou à quelque distance, avec maîtres-baigneurs, moniteurs de culture physique et médecins qui seraient les conseillers de ces véritables centres de santé.