PROPRIÉTÉS DES TISSUS VESTIMENTAIRES
coton, dont les propriétés physiques sont supérieures et dont le prix est faible.
Parmi les tissus T origine animale , la laine occupe le premier rang; elle peut donner des étoffes lourdes ou légères, et ses applications sont des plus variées.
L’usage de la soie est également très répandu.
Mentionnons enfin les peauoc garnies de fourrures et les peaux tannées.
Ces substances ont été étudiées par Coulier, par Rubner et Arnould.
1° Perméabilité à l’air. — Les fibres des diverses substances mentionnées ci-dessus peuvent être diversement assemblées : tantôt elles sont orientées, suivant tous les plans (flanelles, tricots), tantôt suivant un même plan ( toiles). Quel que soit le mode d’entre-croisement ou d’orientation des fibres, il existe, en réalité, entre elles une série d’espaces libres pleins d’air; ces espaces sont en communication avec l’air extérieur; il en résulte une véritable circulation aérienne provoquée par les mouvements, les courants établis sous l’influence des différences de température, etc. ; l’acide carbonique, constamment exhalé par la surface cutanée, est peu à peu entraîné au-dehors; la sueur peut s’évaporer plus aisément.
Tous les tissus ne présentent pas le même degré de perméabilité à l’air. Celle-ci est en rapport (Rubner) avec le volume des pores, pour une épaisseur donnée : elle est donc en rapport avec le poids spécifique. On peut classer les tissus, par degré croissant de perméabilité à l’air; toile de lin, de coton, tricot de lin, de soie, de coton, de laine, flanelle de coton, de laine. On doit tenir compte également de l 'épaisseur du vêtement : plus un vêtement est épais plus il faut de temps à l’air pour le parcourir et le traverser.
2° Perméabilité à l’eau. — Capacité d’absorber et de conserver l’eau. Elle est en rapport avec la texture. La laine, surtout la flanelle, est le tissu qui absorbe le plus d’eau, mais elle demande plus de temps pour se mouiller, une demi-heure, alors qu’une minute suffit pour la toile de lin. C’est aussi la laine mouillée qui demande le plus de temps pour sécher.
3° Propriétés thermiques. — Les tissus doivent être mauvais conducteurs de la chaleur.
U épaisseur joue un rôle important (Rubner) : étant donné une température atmosphérique ambiante moyenne, la température superficielle de vêtements différents est d’autant plus basse, par rapport à la température de la peau nue, qu’ils présentent une plus grande épaisseur.
La disposition des couches et des tissus influe sur l’action thermique par les couches d’air interposées ou en circulation, à travers leurs mailles constitutives : plus un tissu contient d’air, moins il se laisse traverser par les radia-
LE VÊTEMENT
tions thermiques; la flanelle et les draps sont mauvais conducteurs. C’est à leur richesse en air (95 p. 100 de leur volume) que les fourrures doivent leur puissance calorigène.
Les propriétés hygroscopiques modifient considérablement la conductibilité thermique des tissus. L’eau étant vingt-sept fois meilleure conductrice que l’air pour la chaleur, une étoffe qui se mouille perd de ses qualités d’écran thermique. Selon leur texture, les tissus se comportent différemment : tandis que la toile mouillée (lin ou citron) devient imperméable à l’air et, par suite, entrave l’évaporation de la peau sous-jacente, la laine, au contraire, alors même que sa capacité pour l’eau est plus grande que celle des autres tissus, conserve dans ses mailles une certaine quantité d’air, qui lui fait garder sa perméabilité et son pouvoir thermo-conservateur. Grâce à la lenteur de la disparition de son eau, la laine mouillée protège le corps contre le refroidissement brusque, alors que la toile mouillée, collée sur la peau, produit, par son évaporation rapide, un refroidissement d’autant plus dangereux que la température ambiante est plus froide ou que le corps est soumis à une ventilation active.
4° Coloration. ■ — - Elle peut influer également sur l’action thermique des vêtements. Les substances diversement colorées s’échauffent et se refroidissent plus ou moins sous l’influence des rayons solaires, Stark, par exemple, a montré que pour laisser monter les boules de thermomètres qu’elles entourent de 10° à 70° :
La laine noire met . 4'15"
— vert foncé — ■ . 5'
— écarlate — . 5' 30"
blanche — - . 8'
Les mêmes boules, portées tout d’abord à la même température, se refroidissent différemment (Stark).
Aussi, dans les climats où le froid est plus à craindre que la chaleur, on devra employer les vêtements de teinte foncée, capables d’absorber le maximum possible de chaleur solaire.
La coloration des vêtements offre un autre intérêt, d’importance considérable : nombre de substances faisant partie des teintures employées sont, en effet, toxiques , et peuvent provoquer soit des accidents locaux, par contact direct, soit des accidents d’intoxication générale. L ''arsenic a été signalé comme capable de provoquer l’un ou l’autre de ces accidents (Tardieu, Liebig, Gathelineau, etc.). Il en est de même du chromate de plomb (Lehmann). L'aniline, dont on sait l’usage considérable, peut provoquer des accidents locaux ou généraux, bénins ou graves (Landouzy et G. Brouardel).