‹ Précis d'hygièneChapitre 96 sur 447 · II. — FORMES GÉNÉRALES DU VÊTEMENT · texte numérisé non relu

II. — FORMES GÉNÉRALES DU VÊTEMENT

1° Linge de corps . — Dans les pays chauds, la chemise de toile, de lin ou de coton est portée à même la peau; grâce à l’augmentation de conductibilité que prennent ces tissus, dès que la sudation cutanée les a pénétrés, il en résulte une évaporation qui protège la surface du corps contre l’excès de chaleur ambiante. Ce serait là un danger dans nos climats tempérés, où l’usage s’est répandu d’interposer entre la chemise et le tégument, soit un tricot de coton ou de laine, soit un gilet de flanelle. En 1936, une vaste enquête sur le port du gilet de flanelle a reçu l’approbation de la très grande majorité du corps médical.

On ne saurait trop insister sur la nécessité de prendre pour les vêtements de dessous des tissus aisément lavables, aussi perméables à l’air que possible et surtout incapables d’être trop facilement saturés d’eau.

2° Vêtements extérieurs. — Ils rempliront les conditions précédentes. Mais, de plus, l’âge, la profession, le sexe imposent quelques particularités relatives à l’habillement. Von page 89 l’habillement du nouveau-né. Pour les garçonnets et les petites filles, le maillot et la chemise de coton seront recouverts d’un tissus de laine lâche; ce sera leur tenue de jeux; au repos, ils mettront par-dessus un vêtement de laine flottant, par exemple, une pèlerine.

L’ouvrier ne pouvant employer la toile et la laine, portera sur son tricot de coton (à mailles plus ou moins serrées, selon le travail et la température), une chemise de flanelle de coton, facilement lavable; et, sauf pour les travaux qui demandent un grand déploiement de force (forgerons, terrassiers) et une grande liberté dans les mouvements, il devra porter par dessus la chemise un vêtement de travail spécial (bourgeron, blouse, etc.).

Il est nécessaire que les vêtements extérieurs ne se laissent imprégner que le moins possible par l’eau.

3° Coiffure. — Elle a pour but de protéger le crâne contre les variations de la température extérieure, contre la chaleur excessive. Vallin a noté une température de 42 à 46 degrés sous un chapeau de soie noire après une heure de promenade au soleil; les coiffures doivent être perméables à l’air.

ROCHAIX.

Précis d’hygiène.

LE VÊTEMENT

On doit porter des chapeaux différents, suivant les saisons : en été, le chapeau de paille claire, à larges bords, capable de protéger la face contre les rayons solaires; dans les pays chauds, le casque léger, de couleur claire; en hiver, les chapeaux de feutre de teinte foncée; parmi eux : les plus légers, les plus aisément perméables à l’air.

4° Corset. — Le corset est considéré par les femmes, comme un vêtement destiné à imprimer à leur taille telle ou telle forme imposée momentanément, d’une façon passagère, par la mode; son but doit être tout autre, et le corset doit se borner à contenir et à soutenir; il doit laisser libres, en en respectant complètement les fonctions, les viscères abdominaux et thoraciques. Le corset tel qu’il a été compris pendant longtemps a été à l’origine de nombreux méfaits. Étranglant la partie inférieure du thorax, il avait pour action principale d’entraver l’ampliation du poumon et secondairement le travail du cœur. Le foie saisi au point culminant de l’étranglement s’allongeait verticalement, se plissait à la surface. L’estomac était surtout intéressé et subfssait un allongement avec coudure à sa partie inférieure comme on pouvait s’en rendre compte par la radioscopie; les troubles digestifs étaient fréquents chez les femmes dont le corset était trop serré.

Diverses ptoses pouvaient encore être mises sur le compte du corset : mobilité du rein droit, à l’abaissement duquel le foie contribue, entéroptose et abaissement de l’utérus avec ses conséquences.

Le corset a presque disparu et a été remplacé par une ceinture abdominale ou une gaine, en tissu élastique, dont le but est d’embrasser le bassin tout entier, sans le comprimer.

5 0 Vêtements du pied. — Le vêtement du pied n’est pas indispensable. Dans la haute antiquité, l’homme n’en faisait pas usage, et, dans certaines régions, il est encore inconnu. Il se produit, dans ce cas, un épaississement de la peau, parfois considérable, qui la rend apte à lutter contre les accidents du sol et les variations de l’air ambiant. Nos habitudes empêchent cette formation ; aussi notre vêtement du pied doit -il répondre aux deux conditions primordiales du vêtement en général : 1° ne pas gêner les mouvements du pied, en favoriser même le mécanisme; 2° par la composition de ses deux parties constitutives, la chaussette et la chaussure, protéger les fonctions de la peau de cette région.

Page 1