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DES ANTISEPTIQUE

rationnelle. Tarnier a pu, dans son service, comparer ainsi cliniquement les qualités de différents antiseptiques en les employant à la même époque dans des salles différentes.

Les recherches expérimentales ont toujours l’inconvénient d’être faites in vitro ; c’est cependant depuis les recherches de O’Nial, de Jalan de La Croix, de Miquel, qu’on connaît exactement le pouvoir microbicide de chaque antiseptique.

Recherches expérimentales sur les antiseptiques. — Nous devons résumer ici les recherches si intéressantes entreprises récemment par Tarnier et Vignal. Ces auteurs ont cherché quelle était l’action des principaux antiseptiques employés sur les deux ou trois microbes, qui passent à bon droit pour être les agents habituels des septicémies puerpérales : le streptococcus pyogenes, le staphylococcus aureus, le vibrion septique.

Les expériences faites sur le staphylocoque et le streptocoque ont donné des résultats analogues ; elles comprennent différentes séries d’expériences que nous pouvons ainsi résumer dans leurs points essentiels :

lre Série. — Inoculation d’un bouillon de culture avec l’un de ces deux microbes. Recherche de la quantité d’antiseptique nécessaire pour empêcher le développement du microbe.

2e Série. — Le bouillon de culture a été ensemencé ; le ballon a été porté à l’étuve 'pendant vingt-quatre heures. C’est à ce moment seulement, alors que le streptocoque est déjà en voie de développement, qu’on recherche la dose d’antiseptique nécessaire pour arrêter la genèse microbienne.

3e Série. — Ces expériences, analogues à celles de Koch sur la bactérie charbonneuse, ont pour but de rechercher le temps nécessaire à une solution antiseptique pour tuer le microbe.

Voici en quoi elles consistent : des fils de soie grège sont trempés dans une culture de streptocoque ; on les laisse sécher dans un tube stérilisé ; on les divise en petits paquets ayant un centimètre de long. Ces paquets sont ensuite plongés dans une solution antiseptique ; après avoir été lavés dans de l’eau stérilisée et débarrassés ainsi du reste de l’antiseptique, ces morceaux de soie servent à ensemencer des tubes de culture.

4e Série. — Les mêmes expériences sont faites avec la flanelle bien feutrée, au lieu de fils soie de grège, afin de se rapprocher davantage des conditions où l’on se trouve habituellement en clinique : les microbes ne se trouvent point en effet, seulement à la surface des tissus, mais pénètrent dans la profondeur de ces tissus.

5e Série. — Les mêmes expériences sont faites avec des cultures de microbe contenant de Talhumine d’œuf de poule ajoutée à volume égal ; cette précaution est prise pour se rapprocher des conditions dans lesquelles

DE L’ANTISEPSIE OBSTÉTRICALE.

les microbes se trouvent dans l’organisme, c’est-à-dire dans des milieux muqueux et albumineux.

6e Série. — Le liquide antiseptique, qui sert aux expériences, est constamment renouvelé, au lieu d’être simplement contenu dans un récipient ; ces expériences montrent que l’action des liquides antiseptiques est à peu près indépendante de leur état de repos ou de mouvement.

7e Série. — Les fragments de flanelle albumineux, au sortir des liquides antiseptiques, sont mis dans les tubes de culture sans être lavés, de telle sorte qu’ils restent imprégnés d’antiseptique dont l’action est alors bien plus manifeste.

De ces expériences, et surtout de celles de la dernière série, Tarnier et Yignal concluent 1 que les antiseptiques peuvent être divisés en deux catégories : ceux qui sont réellement actifs, et ceux qui sont sans grande valeur.

A. Dans la première catégorie il faut distinguer :

1° Les antiseptiques actifs et d’un emploi pratique qui sont actuellement au nombre de six; ils peuvent être rangés dans le tableau suivant, qui indique le degré de puissance de leurs solutions préparées au titre le plus compatible avec les exigences de la clinique obstétricale et qui donne en outre en minutes le temps nécessaire pour stériliser une flanelle albumineuse septique :

1° Le bichlorure de mercure. . .

pour 1 000 (2 minutes)

2° Le biiodure de mercure. . . .

5° La microcidinc

4° L’acide phénique

5° Le sulfate de cuivre

0° Le permanganate de potasse . .

2° Certains antiseptiques dont Faction est assez active, tels que le thymol, le lysol, l’iode, l’oxycyanure de mercure, l’acide phénylsulfurique, ne sont guère utilisés pour des raisons diverses (difficulté de préparation ou d’emploi, prix élevé, etc.).

B. Dans le groupe des antiseptiques médiocres ou insuffisants dans l’habitude de l’obstétrique « nous avons réuni, dit Tarnier, le chloral, l’acide borique, le naphtol, l’acide salicylique, le bichlorure de cuivre, le sulfate de cuivre ammoniacal, l’azotate de cuivre ammoniacal, la créatine, le fluochlorure de sodium, la cyanine, la safranine, le violet et le jaune de méthyle ». Quelques-uns de ces corps (chloral, acide borique, naphtol, acide salicylique) peuvent cependant rendre de réels services.

8e Série cV expériences. — A côté de ces expériences, Yignal et Tissier en ont institué d’autres pour rechercher si le mucus utérin des nouvelles accouchées contenait ou non des microbes, suivant qu’elles étaient soumises à des injections faites avec tel ou tel antiseptique.

1 Loc. cit., p. 155.

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