IODOFORME
naphtol, emploie une solution aqueuse saturée ; en ville il se sert d’une solution mère dont voici la formule :
Alcool 500 gr.
Naphtol 5 gr.
Deux cuillerées à café par litre d’eau bouillie.
Cette solution a rineonvénient d’être un peu irritante ou tout au moins de causer les premières fois une sensation de cuisson.
Budin s’est servi du naphtol a en solution pour le lavage des yeux des nouveau-nés atteints d’ophtalmie.
Les recherches cliniques et expérimentales de Tarnier lui ont montré que le naphtol était un antiseptique trop faible ; c’est tout au plus un mauvais bouillon de culture pour les microbes.
Tout le monde est d’accord pour donner le naphtol aux femmes chez lesquelles on désire faire l’antisepsie de l’intestin ; c’est au benzonaphtol à la dose de 1 à 2 grammes par jour qu’on recourt actuellement.
Hydrate de chloral. — Le chloral est un corps cristallisé, assez volatil, d’odeur pénétrante, et qui se dissout très bien dans l’eau (hydrate de chloral).
La puissance antiseptique des solutions de chloral est limitée ; car la solution à 1 pour 100 peut seule être employée en injections vaginales; en effet à 2 pour 100, elle est un peu caustique et cause une certaine cuisson.
On s’en sert peu en injections chez les femmes enceintes : elle serait utile, d’après Pinard, contre la leucorrhée des femmes enceintes et en particulier contre la vaginite granuleuse ou blennorrhagique.
Nitrate d’argent. — Le nitrate d'argent est employé depuis longtemps, dans le traitement de l’ophtalmie purulente des nouveau-nés; c’est un antiseptique des plus énergiques.
Son usage est restreint en obstétrique : il a le double inconvénient d’être caustique et de tacher le linge.
Quelques accoucheurs l’emploient en badigeonnages contre les végétations des femmes enceintes.
Iodoforme. — C’est un corps solide, formé de cristaux nacrés, d’un jaune de soufre et d’une odeur forte et persistante, souvent mal tolérée par les femmes ; on peut la masquer jusqu’à un certain point en y ajoutant des essences (essence de menthe, de citron, de rose, de néroli).
Insoluble dans l’eau, il est très soluble dans l’alcool, l’éther, les huiles grasses et les huiles essentielles.
11 a été employé par différents chirurgiens, en particulier par Demarquay,
DE L’ANTISEPSIE OBSTÉTRICALE.
mais a été surtout remis en honneur en 1880 par Mosetig-Morhoff et par Mikulicz.
Mann, un des premiers, l’a appliqué en poudre sur les plaies produites pendant raccouchement au niveau de la vulve ou de la muqueuse vaginale; il en a obtenu de bons résultats dans les cas où les plaies s’accompagnent d’oedème des grandes lèvres. C’est encore à l’heure actuelle un mode de pansement usité, qu’il faut cependant surveiller, en raison des phénomènes d’intoxication qui en peuvent résulter.
Spath (de Vienne, 1881), a voulu remplacer les injections intra-utérines (dans les cas de craniotomie, de fœtus putride, de délivrance compliquée, etc.) par des crayons d’iodoforme ainsi formulés :
Iodoforme en poudre 20 gr.
Gomme arabique ^
Amidon pur . . / aà 2 gr.
Glycérine )
Pour trois crayons de 5 à 6 centimètres de long.
L’introduction de ces crayons dans l’utérus se fait avec une pince à polype, dirigée par deux doigts de la main gauche portés dans le vagin ; elle doit toujours être précédée d’une injection détorsive avec une solution phéniquée à 2 pour 100.
Porak s’est servi pendant un certain temps à Saint-Louis de suppositoires iodoformés qu'il introduisait dans la cavité utérine après une injection à la suite de la délivrance ; ce suppositoire était composé de 5 grammes d’iodoforme, et de 5 grammes de beurre de cacao. Porak a abandonné aujourd’hui cette pratique.
Actuellement on se sert de la poudre d’iodoforme pour les plaies vulvaires, périnéales et vaginales, qu’elles soient ou non affrontées par des sutures.il importe de ne pas projeter une trop grande quantité de poudre, car les chances d’intoxication sont accrues sans que pour cela l’antisepsie soit plus parfaite.
Le coton, la gaze iodoformée servent encore aux memes pansements.
On les emploie aussi pour pratiquer le tamponnement dans les ruptures de l’utérus.
Tarnier conseille, dans le cas d’avortement avec rétention placentaire, de faire un tamponnement iodoformé dans l’intervalle des injections vaginales ; il s’en sert de même pendant les quelques jours qui précèdent l’accouchement prématuré artificiel.
Pinard se sert de gaze iodoformée pour bourrer le kyste fœtal dans les opérations de grossesse extra-utérine où il suture les parois de la poche à la plaie abdominale; il est utile alors de ne pas employer une gaze trop