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DES ANESTHÉSIQUES EN OBSTÉTRIQUE

traction utérine énergique, il faut, pour produire l’anesthésie, employer les inhalations constantes et à doses massives et qu’en outre le chloroforme atteint d’une façon plus active et plus durable la rétractilité utérine que la contractilité » . Quant à l’analgésie complète avec conservation de l’intelligence et de la sensibilité cutanée, Pinard la considère comme exceptionnelle et ne l’a observée qu’une fois sur 23 ».

J.-L. Championnière continue, dans différents travaux faits par lui ou par ses élèves, à défendre la cause du chloroforme; en 1882, paraît ainsi la thèse de Dutertre, très complète, sur l’emploi du chloroforme dans les accouchements naturels.

Plus récemment (1887) H. Drouet, interne à la Maternité de Beaujon, reprend la question dans sa thèse sur Y analgésie chloroformique dans les accouchements naturels ; il montre que les douleurs de la période de dilatation qui ont, leur siège dans l’utérus sont plus facilement atténuées que celles de la période d’expulsion qui siègent dans des organes normalement plus sensibles que l’utérus.

D’après lui, l’analgésie obstétricale existe réellement. Les douleurs irradiées disparaissent les premières ; celles de la période de dilatation sont supprimées ou du moins beaucoup diminuées ; les douleurs de la période d’expulsion sont plus difficilement atténuées ; les autres sensibilités persistent; l’intelligence reste presque intacte. Ces particularités tiennent à l’intermittence des inhalations et à ce que l’effort revient à intervalles réguliers. L’analgésie obstétricale ralentit d’abord les contractions utérines, puis bientôt les régularise de telle sorte que la durée du travail n’en est pas allongée dans la pluralité des cas.

En présence de ces avantages, quelles sont les objections faites par les détracteurs du chloroforme? Nous ne reviendrons pas sur la critique faite par Pajot de l’inefficacité du chloroforme ainsi administré à petites doses; il est prouvé que chez nombre de femmes l’analgésie obstétricale peut être obtenue. — On reproche au chloroforme: 1° de créer un danger de mort pour une fonction physiologique ; or il semble démontré que la femme en travail supporte fort bien le chloroforme ; 2° d’augmenter la durée du travail en ralentissant les contractions utérines et en diminuant leur intensité ; 3° de favoriser les hémorrhagies en affaiblissant la contractilité et surtout la rétractilité utérine.

Ces reproches ne sont pas sans quelque fondement; et cependant est-il possible, à l’heure actuelle, de refuser systématiquement du chloroforme à une femme en travail qui, souffrant beaucoup, demande à être soulagée? Nous ne le pensons pas : si le chloroforme a quelques inconvénients, si dans certains cas il ralentit les douleurs, dans d’autres il les régularise et

ACCOUCHEMENT

semble accélérer le travail. 11 n’est guère d’accoucheur ayant administré du chloroforme pendant la période de dilatation, qui n’ait observé des femmes ayant des douleurs subintrantes, exprimant les plus vives souffrances sans que la dilatation fasse de sensibles progrès, se calmer peu à peu et entrer rapidement en période d’expulsion après l’emploi du chloroforme à la reine.

Il nous semble que si le chloroforme est utile chez quelques femmes à la fin de la période de dilatation, il vaut mieux s’en abstenir pendant l’expulsion : bien que très vives, les douleurs sont alors mieux supportées; la femme sent qu’elles ont leur efficacité. Cependant chez quelques femmes dont le système nerveux est surexcité par les douleurs de l’enfantement, qui sont indociles et difficiles à maintenir, le chloroforme est utile jusqu’à la fin de l’accouchement.

Il est bien difficile d’indiquer d’une manière précise les cas dans lesquels le chloroforme peut être employé avec avantage; c’est affaire au clinicien de discerner si telle femme éprouve des douleurs dépassant de beaucoup la moyenne et si l'analgésie présente chez elle plus d’avantages (|ue d’inconvénients.

Dans nombre de cas, la conduite de l’accoucheur est simple : si, connaissant les inconvénients du chloroforme, la femme le réclame avec énergie, l’accoucheur n’a guère le droit moral de le lui refuser. Il devra d’autant moins hésiter à employer le chloroforme que le travail est suffisamment avancé pour que le chloroforme n entrave point le mécanisme de V accouchement et que les douleurs ressenties par la femme dépassent de beaucoup la moyenne physiologique.

Il faut dire que, dans l’immense majorité des cas, les femmes doivent accoucher sans chloroforme ; mais que chez quelques-unes dont le système nerveux est par trop excitable, ou dont le muscle utérin se contracte avec trop de violence, on peut recourir à l’analgésie chloroformique, surtout si la femme le réclame avec insistance.

Quant à la chloroformisation complète pour opération obstétricale, tous les accoucheurs y ont recours lorsqu’ils jugent (pie l’état de résolution musculaire peut faciliter leur intervention.

Le chloral administré en lavements calme les douleurs, mais son absorption est lente; les injections de morphine agissent d’une manière plus rapide. D’après Pinard, « sous l’influence de la morphine la contraction utérine se ralentit, devient plus courte et enfin se suspend complètement. Elle possède donc une action paralysante sur la fibre musculaire de l’utérus gravide qui, contrairement à celle du chloroforme, se

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