DÉLIVRANCE PAR EXTRACTION SIMPLE
En pareil cas il faut : ou bien se borner, en saisissant le placenta à pleines mains, à tendre l’ensemble des membranes, sans exercer de tractions, — ou bien faire exécuter au placenta saisi avec les deux mains un nombre de mouvements de rotation sur lui-même suffisant pour que de
proche en proche la torsion s é
Fig. 283. — Coupe antéro-postérieure d’un utérus pendant la période de délivrance. Le placenta complètement décollé est tombé dans le segment inférieur où il reste suspendu par les membranes encore adhérentes. D’après une pièce congelée (Ribemont-Dessaignes.
encore adhérentes des enveloppes sont entraînées sans difficulté.
aux parties les plus élevées et
Fig. 286. — Coupe antéro-postérieure de l’utérus pendant la période de délivrance.
D’après une pièce congelée (Ribemont-Dessaignesj.
l’œuf. Celles-ci, roulées en corde,
Pinard n’est pas partisan de cette torsion des membranes qui souvent est la cause de leur déchirure. Il conseille, lorsqu’on y a recours, de s’assurer avec le doigt qu’au-dessus de la portion tordue les caillots accumulés ne tendent point outre mesure les membranes à ce niveau.
Enfin si, malgré tous ses soins, l’accoucheur ne peut vaincre l’adhé-
rence d’une certaine zone des membranes, il faut, comme le conseille Tarnier, lier les membranes au ras de la vulve à l’aide d’un fil aseptique et d’un coup de ciseaux séparer la portion ainsi liée du reste de l’arrière-faix. Il est aisé, quelques heures ou quelques jours plus tard, d’exercer des
tractions sur le fil et d’extraire ce qui restait des membranes. Le pansement de la vulve et du vagin réclame en pareil cas des soins antiseptiques rigoureux.
Pratiquée avec ces précautions, la délivrance vaginale par tractions donne d’excellents résultats : elle est innocente des accusations que l’on a formulées contre elle.
On lui a en effet imputé de nombreux accidents :
rupture du cordon, hémorrhagies, inversion utérine, rétention des membranes ou même des cotylédons placentaires, prolapsus de l’utérus, contractions utérines spasmodiques et irrégulières qui amènent renchatonnemcnt du placenta.
La rupture du cordon est due à des tractions trop énergiques sur un cordon
Fig. 287. — Cordon qui s’est rompu pendant la délivrance 01
en un point où les vaisseaux étaient isolés les uns des grêle OU SU1’ Ull COrdon
autres (Léon Dumas). dont leS vaisseaux sont
dissociés avant d’arriver au placenta. La figure 287 représente un cordon qui s’est rompu à l’endroit où les vaisseaux se trifurquent. 11 est facile de comprendre, d’autre part, en voyant la figure 288 que des tractions mal dirigées et trop fortes pourraient rompre l’une des branches de bifurcation du cordon.